ÉDITORIAL – MARS 2018

LES BALADINS QUI SERPENTENT LES ROUTES
QUI SONT-ILS DONC DANS LEUR COSTUME D’OR ?
DES VAGABONDS OU DES DIEUX EN DÉROUTE ?

Ces vers, extraits de la Balade des Baladins que Louis Amade écrivit pour Gilbert Bécaud, ont marqué ma vie pendant près de 50 ans. C’était l’interprétation fétiche de Roger, un grand ami qui vient de nous quitter après plusieurs années de souffrances stoïques. Ce texte s’adaptait bien à la personnalité de notre inoubliable catalan, athlète de haut niveau, étudiant talentueux (sans effort), professeur de faculté atypique… Grand baladin au sens noble du terme. Cette triste journée m’a subitement rappelé que le monde de la tauromachie a connu des personnages exceptionnels qui, outre leur talent et leur courage de torero dans le ruedo, ont montré dans leur vie d’aventurier (au sens premier du terme), des caractères très divers, parfois imprévisibles que l’on peut rapprocher de la définition initiale du baladin : comédien qui voyage de ville en ville… Cette image se rapproche particulièrement de celle de ces toreros du XIXème siècle, avec leurs vies riches d’aventures, qui se sont faits remarquer par leur personnalité hors du commun. Je choisirai, parmi une longue liste, quatre toreros qui ont marqué cette époque de leurs capacités à affronter, le plus souvent avec succès, les difficiles toros d’alors et de conserver hors du ruedo, cette différence qui fait la classe et le mystère, sans oublier leur humour, leur bonté et parfois même leur compassion vis-à-vis de leurs prochains.

Luis Mazzantini Eguia naquit au Pays Basque en 1856. Jeune, il reçut une éducation bourgeoise et suivit son père italien, dans de nombreux déplacements professionnels, tant dans le sud de la France qu’en Italie. Ambitieux, il ne se suffit pas d’une bonne carrière dans les chemins de fer, qui lui était promise et aspire à davantage pour son existence. Après ses débuts dans le théâtre et l’opéra où il échoue, il se dirige vers la tauromachie. Ce n’est pas un trajet banal. On lui prête cette boutade : Dans ce pays de vulgaires pois chiches, on ne peut être que deux choses : ténor d’opéra ou matador de toros. Le jeune Luis choisit un parcours différent des autres aspirants à devenir matadors de toros qui commençaient par le poste de banderilleros. Il commence sa carrière en tant que novillero et se présente notamment à Béziers les 9 et 14 juillet 1882 dans des capeas espagnoles sans mise à mort. Il marque le public par sa forte personnalité, son allure dans et hors du ruedo. Adepte de la franc-maçonnerie, il est notamment reçu durant son séjour, dans une des Loges de Béziers. Il prend une alternative de luxe en 1884 à Séville, des mains de Salvador Frascuelo avec Lagartijo comme témoin. Frascuelo avait souhaité donner l’alternative à ce jeune torero atypique, notamment dans la conduite de sa carrière, en passant directement au poste de novillero. Dans le ruedo, Mazzantini, torero audacieux, brillait surtout dans l’estocade finale par volapié, fulgurante dans la plupart des cas. Bien que considéré par certains comme un torero banal, le public aimait aussi ses faenas dansées au cours desquelles il s’enroulait parfois dans sa muleta. Il avait gardé de son expérience théâtrale un fort goût de mise en scène. Son comportement de dandy dans la vie le rendit très populaire. Différent des autres toreros de l’époque dans son attitude en la calle, ils l’appelaient el torerito loco. Cultivé, il était reçu dans le Tout-Madrid. Riche de ses gains professionnels dans le ruedo, il vivait sur un grand pied. Nous avons la chance de le voir en habit avec canne et chapeau haut de forme sur des photos lors de ses sorties dans le monde. Il prenait soin de marquer sa personnalité et ses relations. Deux évènements vont marquer sa vie :  son séjour à Cuba, il arrive à La Havane en 1886 pour toréer. Il est reçu en grande pompe par la foule de ses admirateurs. Il devint, pendant son séjour, un personnage important dans la société de la capitale qui le recevait dans les salons les plus prestigieux.

Il actua plusieurs fois dans la Gran Plaza de La Havane dans la temporada 1886-1887. Mazzantini a tellement marqué les Cubains au point de répéter encore de nos jours le dicton Eso no lo logra, ni Mazzantini pour qualifier un fait, un acte impossible à réaliser, même pour Mazzantini. Quel personnage ! Le séjour du Maestro Mazzantini fut marqué par des interventions en faveur d’œuvres bénéfiques, notamment pour le collège de jeunes filles pauvres de Jesus del Monte, certainement dans le cadre des fraternités maçonniques cubaines très actives dans ce secteur depuis 1880. Mazzantini devait terminer son séjour à La Havane par un évènement encore plus populaire, on dirait aujourd’hui médiatique : son amitié amoureuse publique avec la fameuse diva française Sarah Bernhardt en tournée à Cuba pour jouer les grandes pièces de son répertoire : l’Étrangère, la Dame aux Camélias, le Sphinx… A son retour, Luis Mazzantini qui continua sa carrière dans les plus grandes arènes espagnoles, se fit remarquer en faisant imposer le sorteo des toros avant la corrida, alors que l’ordre de sortie des toros était jusque là décidé par le ganadero. Il toréa à nouveau à Béziers en 1899 face aux Miura. Notre musée taurin a l’honneur d’abriter dans ses murs, une tenue complète du Maestro, laquelle après son inscription au titre des monuments historiques d’objets mobiliers, est en cours de restauration. Luis Mazzantini participa aussi à une corrida à Roubaix (!) et surtout toréa plusieurs fois à Paris. A la fin de sa carrière taurine en 1904, il commence une toute autre vie avec une carrière politique importante. Après avoir été élu Adjoint au Maire de Madrid, il devient Gobernador Civil (Préfet) des provinces de Guadalajara et Avila. Cette période moins romantique n’enlève rien à sa personnalité première de baladin aventurier.

A la même époque, les frères Salvador et Francisco Sanchez Povedano Frascuelo, originaires de Granada, naquirent, contrairement à Mazzantini, dans une famille en difficulté où le père, ancien militaire de la guerre contre les français, se ruinait dans les jeux de hasard. Ils se déplacèrent dans la région madrilène pour survivre grâce à leur mère et aux menus travaux d’aide-berger qu’ils trouvaient dans le campo. Dans cette région de Cinco Villas, il y avait une grande aficion aux spectacles taurins populaires et aux lâchers de vaches pour les plus adroits et courageux. C’est l’aîné, Francisco (1841) qui le premier marque de l’intérêt pour la fiesta taurina et pour le toreo. Il passait le plus clair de son temps dans les fêtes de village pour participer aux lâchers de vaches pour les aficionados. Le peu qu’il apportait au revenu familial provenait de ce que les spectateurs de ces capeas leur jetaient à la fin dans les capotes. Dès ses 18 ans (1859), il entre comme banderillero dans la cuadrilla de Cuchares et participe à de nombreuses corridas avant sa première alternative en 1877. La tauromachie de Paco était surtout basée sur un mouvement spectaculaire de la cape (galeo) réalisé d’une manière parfaite et surprenante qu’il avait apprise dans les capeas. Par contre, tant avec la muleta qu’avec l’épée, il perdait beaucoup de son efficacité et de son renom auprès des spectateurs. C’est lui qui avait amené son jeune frère Salvador (né en 1842) comme spectateur dans les capeas de ses débuts. Celui qui devait devenir le fameux Frascuelo, fut subjugué par ce contact avec les vaches et les toros et décida de devenir matador de toros. Salvador qui avait connu une vie dure, avait des qualités physiques exceptionnelles et surtout une volonté et un courage hors du commun. Il démontre rapidement plus de sûreté que son frère dans toutes les suertes. Il existe de nombreuses anecdotes qui démontrent ce courage exceptionnel, hors du commun, on peut presque dire héroïque, qui lui fit prendre une alternative dès le 27 octobre 1867 des mains du Maestro Curro Cuchares. Il commença sa carrière dans toutes les plazas espagnoles mais c’est sa rivalité avec Lagartijo (alternative en 1865 à 23 ans) qui accentua l’impact de son personnage. La competencia entre Salvador Frascuelo et Lagartijo fut totale. Frascuelo montrait un courage sans fissures et une décision au moment suprême de tuer, fascinant tout autant le public que ses partisans. On peut voir au Musée Taurin une de ses épées et une très belle estampe ancienne montrant Frascuelo se préparant avant d’entrer a matar. Cette rivalité était si forte que lors d’une corrida où ils s’affrontaient et se mettaient en danger exagérément, le Président de la corrida dut les réprimander devant les prises de risques des deux phénomènes. Malgré cette rivalité, il y avait un grand respect entre les deux figuras. Lors d’une tertulia où l’un de ses partisans voulait censurer la tauromachie de son concurrent, Salvador Frascuelo l’interrompit publiquement : Cela vous le direz dans la rue parce que vous partez immédiatement d’ici. Pour moi, Lagartijo est le meilleur torero qu’une mère n’ait jamais fait naître. Salvador Frascuelo reçoit de nombreuses graves cornadas dans sa carrière. La plus notoire, si elle ne fut pas la plus grave, eut lieu à Chinchon en 1863 où il fut soigné pendant 3 mois dans une auberge mise à sa disposition par son propriétaire. Cette auberge est restée fameuse avec accès direct à la Plaza Mayor. Il ne l’oublia jamais puisqu’il partit vivre à Chinchon après sa corrida de despedida le 2 mai 1890, avant de revenir à Madrid où il décéda en 1898. Alors que son frère Paco eut une vie de bohème et presque sans domicile fixe, Salvador est adoré de tout le peuple mais aussi de l’aristocratie. On parle même d’une aventure amoureuse avec l’Infante Isabel de Bourbon qui était passionnée de corridas où elle faisait admirer dans les tendidos ses tenues spectaculaires de la tradition espagnole. Pourtant, Salvador va aider son frère et lui faire profiter de son prestige et de son nom. Francisco va ainsi toréer beaucoup et dans plusieurs pays, même en Uruguay, au Pérou et bien entendu en France. C’est ainsi qu’il se présente à Béziers le 9 juillet 1883 en remplacement de son frère, ce qui ne l’empêcha pas de triompher par son allure, sa facilité au capote et son efficacité à la mort. Le Maire, enthousiaste, organisa sur le champ une corrida imprévue avec Paco comme seul torero, le 14 juillet. C’est Francisco Frascuelo qui était au cartel pour inaugurer à Paris le 10 août 1889 les arènes de la rue Pergolèse (Bois de Boulogne) où le monde taurin espagnol attiré par le succès de l’exposition universelle (arènes du Champ de Mars 14 000 spectateurs) avait investi dans la construction d’un édifice exceptionnel pouvant contenir 24 000 personnes et couvert d’une verrière. Toutes les figuras vont y toréer jusqu’à la fin 1892 deux corridas par semaine (jeudi et dimanche) pendant 4 à 5 mois : Lagartijo, Salvador Frascuelo, Mazzantini, Angel Pastor, Guerrita. Malgré l’affluence (15 000 spectateurs en moyenne), les résultats économiques furent insuffisants. Paris ne vit plus en 1893 ces spectaculaires toreros qui, dans les lieux publics ou privés, faisaient l’admiration des parisiens et constituaient une véritable attraction, vêtus de leurs trajes cortos d’apparat ornés de fajas multicolores et chaussés de bottes magnifiques. Les plus aisés rajoutaient des bijoux, des diamants taillés comme boutons de chemises. On a pu voir Salvador Frascuelo avec des montres et chaînes en or, canne en ivoire avec pommeau en argent. C’étaient de véritables baladins aventuriers, comme nous les chantait Bécaud : Ces gens de vingt ans qui ressemblent à des dieux. Malheureusement, Salvador Frascuelo usé par tant de cornadas, toréa diminué physiquement alors que c’était un avantage principal pour lui. Il jugea que c’était le moment d’arrêter sa carrière en 1890. Son frère Francisco continua dans des arènes de différentes catégories, profitant de la renommée du nom Frascuelo jusqu’à sa despedida à Madrid en 1900.

Son concurrent Lagartijo naît à Cordoue en 1841, se faisait remarquer par un toreo harmonieux. Son contact avec l’aficion était différent de celui de Salvador Frascuelo. Il charmait le public par son physique, sa rapidité de l’esquive d’où son surnom de Lagartijo (petit lézard). Il prit l’alternative en 1868 et commence rapidement ses duels avec Frascuelo au cours desquels ils s’affrontent avec vaillance. A partir de 1875, sa tauromachie se perfectionne avec une meilleure connaissance de la lidia et la perfection à l’épée. C’est lui qui prit la décision de tuer sans autorisation le premier toro dans une arène parisienne. Lagartijo fit sa despedida en 1893 face à six toros du Duc de Veragua, après une carrière de mille six cent trente deux corridas dont quatre cent quatre à Madrid. Cordoue le nomma El Gran Califa, titre honorifique, premier des 5 califes de Cordoba. Lagartijo ne fut pas seulement un torero exemplaire mais un homme généreux, avec un grand sentiment humanitaire pour les nécessiteux et ceux qui lui demandaient de l’aide. Il aimait aussi faire la fête avec ses amis, particulièrement les livreurs de charbon nombreux à cette époque-là. Ses excentricités et ses commentaires incisifs dans son style andalou étaient fameux.

J’ai choisi ces quatre toreros pour leur comportement exceptionnel, mais j’aurais pu aussi vous narrer d’autres histoires similaires de cette époque, comme celle de Guerrita, leur concurrent principal mais plus suffisant et capricieux. De nos jours, nous pouvons voir des toreros de très haut niveau que nous admirons mais les temps ont changé dans le monde qui nous entoure et ils s’adaptent moins à la vie rocambolesque et extrême de leurs glorieux prédécesseurs.

Je resterai avec mélancolie sur les derniers vers du texte de Louis Amade, si bien interprétés par Bécaud qui composa la musique :
Mais tout cela n’était qu’un fragile mirage
Et je reste tout seul avec mes lendemains
Ohé les baladins
Vous partez ?
Emmenez-moi !

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 59 – Mars 2018

Editorial Février 2018

OUI, C’ÉTAIT AUSSI EN 68

Lorsqu’en France et même en Europe, la presse et l’opinion publique évoquent 68 (beaucoup ignorant le printemps de Prague qui se déroula aussi en 68 et pourtant…), ce sont immédiatement les évènements français de mai et juin 1968 qui sont mis en avant, en les considérant comme la base d’un changement de société. Cette période très agitée qu’a connue notre pays, a été alimentée au début par les étudiants gauchistes (officiels et marginaux) et les futurs bobos. Ils ont été soutenus, dans un deuxième temps, par le mouvement ouvrier qui bloqua le pays. Personnellement, étudiant en fin de parcours universitaire à Montpellier, je m’inquiétais surtout des rumeurs de suspension des examens. Il est vrai que l’agitation étudiante à Montpellier ne fut pas violente comme à Paris où certains voulaient déstabiliser le pouvoir en place. Dans les amphithéâtres des facultés, on parlait beaucoup dans des assemblées dirigées par les meneurs gauchistes et les éternels opportunistes qui mettaient en cause le capitalisme, le consumérisme, notre culture, l’autorité… Sans rentrer dans les querelles politiques et philosophiques, je ferai constater que la France paie beaucoup encore les pertes d’autorité et ses critères fondamentaux de société, surtout dans l’Éducation nationale où le mot d’ordre était il est interdit d’interdire qui n’était au départ qu’une boutade de l’humoriste Jean Yanne. En tauromachie, ces évènements, s’ils ont joué un rôle primordial dans la suppression de la feria 1968 et des corridas de Pentecôte à Nîmes, ont eu indirectement une conséquence inattendue dans la création de la feria de Béziers. Les évènements de mai et juin 68 avaient fortement atteint l’activité économique et le commerce biterrois. Jules Faigt, adjoint au maire chargé en particulier des corridas, proposa de créer la feria de Béziers dont nous fêterons cette année le cinquantième anniversaire. Il avait le double objectif de donner une impulsion à l’activité de la ville au mois d’août et d’essayer de relancer l’activité taurine qui était au ralenti depuis quelques années. En 1965 et 1966 les temporadas biterroises s’étaient limitées à une corrida de toros avec le phénomène de Palma del Rio, Manuel Benitez El Cordobès. En 1965 il avait rempli les arènes accompagné de Pedres et Zurito face à des toros d’une extrême faiblesse. Une seule novillada fut organisée en août. En 1966, la corrida du Cordobès en juillet, avec des compagnons de cartel secondaires, n’avait pas rempli alors que la novillada enregistra en août une demi-entrée. En 1967, l’activité taurine se limita à trois novilladas avec picador : 3500 spectateurs pour celles d’août et 2500 pour les vendanges. C’était la situation la plus catastrophique connue par nos arènes depuis leur rénovation en 1921, alors que l’aficion et la population biterroise avaient réagi avec passion, tant en 1946 qu’en 1947, après la guerre malgré les difficultés d’organisation inhérentes à la situation des frontières. Le prétexte des évènements de 68 permit de créer la feria, même si elle était plutôt limitée pour sa première édition à des animations en centre-ville avec des bandas, le corso et les lâchers de toros dans les rues, encadrés de gardians camarguais à cheval. Ce fut un point de départ, même si la temporada se limita à trois novilladas : les Yonnet en juillet et deux novilladas avec les bons Guardiola Soto pendant la feria les 14 et 15 août, avec une participation du public satisfaisante même si la deuxième novillada se déroula en nocturne. Par contre, le succès dans la rue fut impressionnant. La presse euphorique titra même Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. J’ai retrouvé une photo du Midi Libre prise de la porte des arènes qui montre une foule impressionnante qui remonte toute l’avenue jusqu’à la statue de Paul Riquet.

Nous étions encore loin du début des années 60 qui avaient enregistré des entrées, certes acceptables (7000-8000), mais inférieures à l’après-guerre malgré des cartels et des toros intéressants. En fait, il manquait une vraie dynamique aux arènes, l’aficion était ignorée. Nîmes avait déjà une feria depuis 1952 et organisait même des corridas début août. Je me rappelle avoir vu une corrida à Nîmes avec El Cordobès accompagné de Curro Giron (frère de César) : les arènes étaient presque pleines. Le Club taurin et la Société tauromachique s’inquiétaient depuis longtemps de la situation instable de l’activité taurine de nos arènes et manifestaient leurs préoccupations à la municipalité. Malheureusement, elles perdaient du temps dans des guéguerres d’aficionados dont profitait l’empresa. Les temps changent, les hommes changent mais les résultats sont les mêmes. Les responsables de ces deux associations comprirent qu’il fallait agir pour redynamiser l’aficion. La situation était devenue préoccupante pour l’avenir. Elle ne correspondait ni à l’histoire, ni aux références que nos arènes avaient su créer depuis 50 ans. Conscient de cette situation, Jules Faigt, après la feria de 68, prit l’initiative de réunir ces responsables pour les inciter à dépasser leurs différences afin de créer une action commune efficace qui puisse soutenir l’initiative de la feria. Comment pouvaient-ils accepter que des bourgs du sud-ouest de moins de 5000 habitants, comme Vic-Fezensac et Hagetmau, aient pu créer des ferias plus représentatives que les organisations dans nos arènes de plus de 10 000 places ?

Les deux associations décidèrent donc de fusionner sous la présidence du docteur Marc fin 1968, leurs moyens humains, leurs collections, sous le nom d’Union Taurine Biterroise qui grâce à eux aujourd’hui, dispose d’un patrimoine exceptionnel qu’elle continue d’améliorer tous les ans dans le Musée taurin. L’unité ne fut pas parfaite mais elle eut le mérite, autour du patrimoine, d’unifier une histoire qu’ils surent mettre en avant pour agir au profit de nos arènes. Dans un monde aussi complexe et sensible que la corrida de toros créée par des siècles d’histoires et de mythes, il est bon que l’aficion se concentre sur des causes valables de défense de nos traditions. L’actualité nous le démontre tous les jours.

C’est aussi en 1968 que j’ai commencé à suivre, avec quelques amis, la feria de Bilbao après celle de Béziers en août. J’y fus fidèle dix ans de suite que je n’oublierai pas, tant par le sérieux des toros, la qualité de son public, de sa banda de musica, la visite des toros lors de l’apartado journalier, avant d’apprécier les bonnes tables à des prix inégalables. J’ai eu la chance d’y rencontrer des personnages historiques de l’aficion française et des chroniqueurs taurins réputés. Grâce à Fernand Lapeyrère (Don Fernando), j’ai pu écouter leurs commentaires, participer aux discussions avec ces personnalités compétentes, cultivées, pleines d’expérience. Je n’oublierai pas Tio Pepe, Paco Tolosa, Monosabio, Pierre Dupuy… que nous lisions dans la presse spécialisée mais aussi dans l’Équipe et le Midi Olympique. J’ai forgé mon aficion à leur contact, approfondie plus tard par mes visites au campo avec les ganaderos et les mayorales. Mais rien n’est acquis. Mes dernières visites à Bilbao m’ont profondément déçu, tant au niveau de la qualité du public qui ne va plus aux arènes, que de l’ambiance. La présentation des toros et le cérémonial ne suffisent pas à garantir la qualité. Quant à la présidence intransigeante et soi-disant impartiale…

Si nous revenons à ces premières années, la feria de Béziers évolua lentement par le retour de la corrida de toros en août 69 qui vit le triomphe, avec quatre oreilles, de Manolo Martinez, le Mexicano de oro, et l’apparition de Damaso Gonzalez devant près de 10 000 personnes. Une bonne novillada de Pinto Barreiro complétait les cartels. L’empresa Aymé comprit enfin qu’elle devait profiter de cette nouvelle feria en 1970 avec une corrida de Juan Pedro Domecq et le numéro un, Paco Camino (deux oreilles) et le triomphateur de 1969 Manolo Martinez, dans des arènes combles. Devant le bon résultat des novilladas de juillet et de la feria d’août, l’Union Taurine décida, pour relancer la corrida des vendanges, d’organiser une novillada avec picador qui fit apprécier un très bon lot d’Albasserrada attirant 3500 spectateurs. Les ferias de 1971 et 1972 confortèrent l’idée de la feria de 1968.
– 1971 : le mano a mano de Paco Camino – Paquirri (suite à l’arrêt inattendu de la carrière d’Antonio Ordoñez), enthousiasma le public et fit de Francisco Rivera Paquirri, le torero de Béziers pendant 10 ans et quatorze corridas. C’était un torero poderoso qui savait séduire le public et qui remplissait les arènes.
– 1972 : 2 corridas de toros :
. 13 août : Paquirri, Miguel Marquez et Jose Antonio Galan,
. 15 août : retour de sa retraite (20 ans après) de Luis Miguel Dominguin, accompagné des mexicains Eloy Cavazos et Curro Rivera.
Sans oublier la corrida des quatre cavaliers : Angel et Rafael Peralta, Alvaro Domecq et Jose Lupi.

Oui, l’idée opportuniste de 68 était bonne, la feria même avec des hauts et des bas (de 1975 à 1980) était lancée. J’ai souvent dit et écrit ce que je pensais de la situation actuelle, avec une aficion absente de nos arènes, tant avant que pendant et même après les ferias. La passion de nos ancêtres a disparu et pourtant nous avons une école taurine officielle, bien organisée, qui a su prendre la suite de ses prédécesseurs qui ont permis l’éclosion d’une figura del toreo : Sébastien Castella. Deux jeunes Biterrois ont pris l’alternative : Tomas Cerqueira en 2012 et Cayetano Ortiz en 2014. Plusieurs jeunes Biterrois sont en Espagne dans les ganaderias andalouses avec de grands professionnels pour côtoyer ce monde tout en améliorant leur technique. Les jeunes aficionados practicos des années 50, que beaucoup de nous ont connus, auraient aimé assouvir leur passion dans les mêmes conditions. C’est la création de la feria et l’implication de la collectivité en faveur de la corrida qui ont permis cette évolution.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 58 – Février 2018

ÉDITORIAL – JANVIER 2018

 » QU’ON ME DONNE L’ENVIE,
L’ENVIE D’AVOIR ENVIE « 

Les paroles de la chanson mythique que Jean-Jacques Goldman écrivit pour Johnny, écoutée plusieurs fois depuis qu’il nous a quittés, présentent pour moi une double actualité. Elles m’ont fait comprendre, qu’avec l’ENVIE, il existe une solution pour nous rendre la passion en ce que nous croyons, que nous aimons ou que nous avons aimé. Elles s’adaptent parfaitement à nos doutes d’aficionado à los toros ou tout simplement aux déceptions du public des corridas. Pourtant, je maintiens que les représentants officiels de la tauromachie française ont su défendre et conforter la corrida dans les territoires de nos traditions. Contrairement à nos voisins espagnols, ils ont été vigilants et se sont appuyés sur la légalité et le droit que défend la justice indépendante de notre pays. L’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse du 6 mars 2000, conforté par plusieurs autres décisions, reconnaît la corrida de toros dans notre sud gascon et méditerranéen. L’Observatoire National des Cultures Taurines a su conforter cette démarche par la création d‘Esprit du Sud pour que continue notre combat. Mais ce n’est pas suffisant pour me tranquilliser pour l’avenir.

1/ Le comportement de nos adversaires animalistes poussés par la haine qui caractérise l’Intelligentsia, quel que soit le domaine contre lequel elle se bat, nous exige la vigilance. Ils savent manipuler les foules crédules, maniables et sensibles. N’oublions pas que lorsqu’ils sont au pouvoir, ils savent utiliser la force et la coercition. Oui, cette Intelligentsia, même dans l’ombre, a beaucoup d’influence et ne serait pas gênée progressivement de nous imposer ses tendances totalitaires les plus contraignantes, restant toujours cachée derrière une bonne cause. Ce n’est pas la défense fondamentale des animaux qui motive les maîtres animalistes mais la perte de notre identité, afin d’imposer à tout le monde la pensée unique en utilisant la naïveté de certains. Pour lutter contre eux, en plus de la légalité que nous apportent toutes les décisions de justice, nous devons leur montrer notre détermination.
2/ Le monde taurin doit aussi avoir plus de rigueur et d’authenticité dans ses comportements. N’offrons pas d’arguments à nos adversaires. Il faut reconnaître que plusieurs de nos arènes montrent des lacunes fondamentales ces derniers temps. Cette tiédeur, pour ne pas dire cette fadeur, n’est pas propice à soulever l’admiration de nos foules surtout si les prix des entrées deviennent de moins en moins abordables. Oui, la corrida n’est pas un spectacle programmé. Oui, elle accepte l’incertitude et les difficultés inhérentes à son essence, mais pas la banalité et la médiocrité. Si elle ne garantit pas l’EXCELLENCE, elle exige l’EMOTION vraie. Etonnez-nous, ramenez-nous ces tardes qui ont marqué notre mémoire. Elles sont nombreuses, quelle que soit l’importance des arènes. Je me rappellerai toujours de la réaction d‘une spectatrice occasionnelle à la fin de la corrida du 15 août 1983 dans nos arènes, après l’affrontement des 3 Héros : Christian NIMEÑO, Victor MENDES et Richard MILIAN face aux toros de Miura « Quelle après-midi extraordinaire. Je suis prête à en revoir souvent ». Même si je considère cette tarde comme extrême, je pense que nous avons besoin de vivre plus souvent des exploits qui nous bouleversent, qui réveillent nos ardeurs et nos sensations pour croire à ces racines exceptionnelles. C’est en pensant à l’avenir difficile et préoccupant de nos arènes qui perdent trop de public, que le cri de Johnny m’a interpellé : « Qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie ». De son côté, l’immobilisme du monde taurin espagnol, trop attaché dans sa majorité à défendre ses intérêts particuliers égoïstes, a montré peu d’efficacité et risque de nous entraîner dans sa propre débâcle. J’espère qu’avec son arrivée récente à la tête de la Federacion del Toro de Lidia, Victorino Martin Garcia, homme de forte personnalité, ganadero prestigieux reconnu par tous, saura agir et réunir autour de lui suffisamment d’énergie pour faire comprendre :

– aux politiques, que le combat des animalistes contre la tauromachie est un faux combat, contraire à l’identité de l’Espagne, terre du toro bravo, que l’on ne peut pas faire disparaître pour des intérêts inavouables ou futiles,

– au monde taurin, qu’il doit s’unir pour agir sur des objectifs réalistes à tous les niveaux, pour être crédible et efficace. La solution est entre ses mains mais aussi dans celles des aficionados.

– aux ganaderos, qui doivent certes rechercher la noblesse dans la charge du toro mais sans oublier la bravoure qui lui donnera l’ENVIE de charger le leurre que lui présente son adversaire dans le ruedo,

– aux toreros punteros, qui ne doivent pas exiger le toro docile qui après quelques passes de muleta se sentent dominés et abandonnent le combat et se rajan (se défilent) vers les planches. Ce comportement, trop souvent constaté dans les élevages choisis par les figuras est inacceptable, tant pour le ganadero que pour les vrais aficionados. De nos jours, les toros tombent moins qu’il y a 20 ans grâce aux efforts d’élevage des ganaderos mais ils perdent trop souvent les fondements de la bravoure. Certes, il y a actuellement des toreros comme Juli, Enrique Ponce, Sébastien Castella… qui ont une telle technique et une telle connaissance de ce comportement, qu’ils savent les garder dans la muleta pour une faena quantitativement complète. Mais cela n’est plus un vrai combat de deux êtres exceptionnels que nous admirons encore, qui nous apporte une vraie émotion et a créé notre passion. Ne nous trompons pas. Il est évident que le toro bravo, même décasté, est dangereux pour le torero. Ces derniers temps, les fins tragiques de trois matadors de toros et les gravissimes blessures qu’ont connues des toreros confirmés, nous ont malheureusement ramenés à la dure réalité. Ce n’est bien entendu pas cela que le vrai public aficionado recherche. C’est une émotion saine, la reconnaissance du comportement d’un vrai toro bravo qu’affronte un torero qui a le pouvoir, par sa technique, de chercher à le dominer en ajoutant son sens esthétique et sa sensibilité.

– à l’Empresa, qui :
. ne doit pas organiser un monde taurin basé sur des arrangements avec ses collègues, qui ferment la porte à des toreros passionnés, authentiques et à des apoderados indépendants soumis à leur bon vouloir. Ils ne doivent pas ainsi décourager des illusions sincères et bloquer le système sans la competencia indispensable.
. doit amener dans les corrales des lots de toros dont le trapio correspond à la fois à la catégorie des arènes et permet de démontrer la prestance et la puissance. La taille, le poids et les armures doivent être caractéristiques de leurs origines (encastes), physiquement et dans leur comportement dans le ruedo.

– au bon aficionado, qu’il a lui aussi son rôle à jouer pour maintenir notre passion, notre ENVIE. Il a suffisamment de références pour avoir une opinion. Son rôle sur les gradins est important. Avec mesure, il doit faire connaître son opinion pendant et, surtout après, pour la faire partager. Non, je ne me trompe pas de combat. Je souhaite et je demande comme beaucoup d’autres, « Qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie ». Je suis persuadé que si tous oeuvrent dans ce sens, ils reviendront aux arènes. Ils sauront et devront défendre LEUR corrida face aux animalistes et l’Intelligentsia qui veulent détruire notre culture qui les gêne. On a vu dernièrement ces gens-là à Bordeaux, faire pression pour essayer de faire interdire l’exposition du Musée Itinérant des Tauromachies Universelles. Cela ne vous rappelle rien ? C’est le totalitarisme qui s’exprime comme par le passé, sous d’autres formes.
Nous devons être là pour défendre nos coutumes, notre histoire, face à la pensée unique qui cherche à les détruire et à récupérer les bien-pensants crédules. Ils viennent même de changer CARMEN. Pauvre Georges Bizet, pauvre de nous.

En ce qui concerne les corridas à Béziers, j’ai fait part en plusieurs occasions de mes inquiétudes sur l’évolution de nos arènes qui déclinent depuis près de 10 ans. Absent involontaire de la Feria 2016, j’ai constaté avec l’aficion biterroise, la déficience attristante des corridas de la Feria 2017, tant au niveau qualitatif que pour la quantité du public. Les informations financières qui ont suivi ne me rassurent pas. L’annonce inattendue de l’arrivée de Simon Casas dans l’équipe d’organisation des corridas, si elle peut être intéressante, ne me tranquillise pas pour autant car elle n’a pas été suivie d’informations sur la volonté et les intentions de l’empresa. J’ai déclaré sans ambiguïté depuis longtemps, que toute solution devrait intégrer une participation active de l’aficion biterroise à un projet, quel qu’il soit. Sans elle, ils ne feront rien d’efficace qui pérennise la corrida dans nos arènes.
Rendez-nous l’ENVIE…

Edito n° 57 – Janvier 2018 – le responsable de rédaction : Francis ANDREU

ÉDITORIAL DÉCEMBRE 2017

« O TEMPORA, O MORES »

L’illustre Cicéron de la Rome Antique, consul en 63 avant J.C., en prononçant ces mots, s’élevait contre la conspiration violente de Catilina et la complicité morale de la société qui permettait de banaliser les atrocités les plus énormes (pour l’époque) « O tempora, O Mores ». S’il fit échouer la conspiration, Cicéron ne fut pas pour autant magnanime en faisant exécuter les partisans de Catalina, malgré la fameuse intervention de Jules César encore sénateur. Comme nous le décrit leur contemporain Salluste, Cicéron paya plus tard cette décision et fut écarté du pouvoir et contraint à l’exil en 58 avant J.C. Cette référence tragique ne doit pas être prise au premier degré dans mes propos. C’est la fameuse déclaration latine de Cicéron « O Tempora, O Mores » que l’on peut traduire littéralement « O Temps, O Mœurs » ou « Quelle époque, quelles mœurs » qui m’intéresse. Nous pouvons appliquer cette fameuse locution latine à l’ensemble de la vie de ce début du XXIème siècle, mais ici je la limiterai à la tauromachie moderne et à son environnement. Je considère que sans le courage extrême et le talent des toreros, sans oublier la bravoure exceptionnelle des toros, la tauromachie ne serait rien et n’aurait pas intéressé le peuple espagnol pendant des siècles, qui l’a transmise à notre Sud et aux Amériques. Malheureusement, ce peuple admiratif n’est devenu qu’un public.

Ces temps-ci nous sommes envahis, à travers la complicité des médias, par des déclarations, des mises en scène, des réceptions dans des endroits branchés, des publicités du monde taurin et plus particulièrement des empresas qui se positionnent pour vanter leurs mérites et leur talent d’organisateur d’évènements et de spectacles. Le grand Manolo Chopera n’avait pas besoin de ce type de communication orchestrée. Ils oublient que ce ne sont pas eux qui nous intéressent mais leur volonté, leurs décisions qui devraient apporter au public l’émotion unique qu’est la corrida de toros et qui pourra ramener le public aux arènes et donc défendre sa survie face au monde communicant (lui aussi) des antis et des bons pensants par les tweeters et internet en général où nous pouvons lire toutes les absurdités, même non identifiées. Si nous voulons parler d’authenticité en tauromachie, nous avons deux exemples d’actualité que sont les récentes corridas triomphales de La Mexico et d’Acho. Loin de moi la volonté de décrier les toreros figuras qui sont, pour la plupart, des maestros incontournables au niveau de leur connaissance du toro et de leur technique. J’ai souvent déclaré et même écrit que sans émotion la corrida ne se justifie pas (et pourtant j’en suis un défenseur extrême).

La Mexico a connu deux évènements importants ces dernières semaines marquées par les actuations d’Enrique Ponce le 3 décembre et de Jose Tomas le 12 dans la Corrida de Bienfaisance en faveur des victimes du dernier terremoto meurtrier. Le toro mexicain d’origine Saltillo a évolué depuis plus de 3 siècles pour devenir un collaborateur particulier et même dans certains cas, un partenaire exquisito extrême qui permet aux maestros de réciter et d’exprimer un art qui peut plaire à un public moderne. J’ai le regret de penser et de dire que ce n’est pas le vrai avenir de la corrida de toros qui, dans ces conditions, va à sa perte – O Tempora, O Mores – Cependant, dans ces références récentes, nous distinguons :
l’actuation le 3 décembre d’Enrique Ponce devant le 7ème de regalo de Teofilo Gomez, qui a eu le comportement typique jusqu’à l’extrême du toro mexicain moderne. Après un comportement manso perdido dans les deux premiers tiers, il est devenu d’une obéissance extrême devant la technique optimum du maestro valencian. Ce fut une récitation comme si le toro était dressé, dont les caractéristiques étaient la délicatesse, le raffinement plus que la tauromachie. C’était une démonstration harmonieuse, esthétique, délicate… mais à aucun moment un affrontement. Je sens que je vais me faire des ennemis mais (même si l’abrazo exalté du maestro après son triomphe avec son banderillero Mariano de la Viña était sincère), j’ai le regret de dire que cela ne sert pas notre combat. « O Tempora, O Mores ».
par contre le 12 décembre, dans la corrida Monstruo de Bienfaisance avec 8 toreros, Jose Tomas revenait symboliquement en faveur des sinistrés. Ce personnage exceptionnel avait, lui aussi, choisi comme adversaire un joli toro présenté correctement. Il a su se montrer à la hauteur de la situation. Il fallait briller pour se justifier afin de donner de la dimension à son geste bienfaiteur, mais aussi lui donner une authenticité par la profondeur de sa tauromachie tout en conservant son humilité. Le maestro a voulu, face à un toro manso (sauf au cheval), réaliser un toreo à la fois humain et génial. Ce fut une grande faena, reconnu comme telle au Mexique où le torero en vint même à se jouer la vie d’une forme naturelle, très investi dans sa volonté de toréer supérieur en restant dans la simplicité adaptée à la circonstance. Ce n’est qu’après avoir fait une vuelta avec son oreille (après une estocade tendida), que son visage s’est ouvert par des sourires. Il fut HUMAIN et GRAND en même temps. La faena était visible en entier sur internet, je puis en attester. Je crains et c’est dommage qu’on ne le verra plus souvent « O Tempora, O Mores ». C’est de cela dont nous avons besoin pour que la corrida reste un mythe inexplicable qui puisse justifier, par les temps qui courent, que c’est bien un évènement unique qui se déroule dans le ruedo, où l’homme et cet animal (exceptionnels) s’affrontent jusqu’à la mort du toro. Si les maestros modernes ne comprennent pas cette nécessité de vérité et d’authenticité, le futur de notre passion est en danger. Il est certain que les figuras actuelles, dans leur majorité formés dans les écoles taurines, ont une technique impressionnante, il est vrai démontrée trop souvent devant des adversaires collaborateurs qui suivent l’engaño avec une docilité tonta. J’ai eu la chance, notamment à Bilbao de 1968 à 1978 (10 Férias), de voir les figuras de l’époque toréer le vrai cuatreño, avec peut-être quelques imperfections techniques mais avec quelle personnalité, quelle expression et une attitude qui manque trop souvent de nos jours. Récemment, j’ai vu sur internet, la comparaison entre les estocades parfaites de Paco Camino et celles du Juli (les Juli pies) artificielles. Ces dernières, certes efficaces, trompent une partie trop importante du public. Pourtant, il sait tout faire… C’était inacceptable et non accepté il y a 40 ans « O Tempora, O Mores ».

Autre exemple : la Plaza de Acho à Lima qui a toujours été un lieu prestigieux pour la tauromachie mondiale où la corrida représentait un symbole important devant un public important. Je l’ai vécu personnellement et j’ai ressenti cette ambiance spéciale qui positionnait Acho à un niveau supérieur. Depuis 5 ans, les organisateurs ont acheté des toros anovillados dans des ganaderias espagnoles réputées pour que les figuras acceptent de toréer dans cette grande feria péruvienne. Sur une vieille photo en noir et blanc du Maestro Antonio Bienvenida dans ces arènes, on s’aperçoit que le comportement du toro-toro donne l’image d’un vrai combat qui n’a rien à voir avec la corrida actuelle à Lima « O Tempora, O Mores ». Nos amis mexicains et les organisateurs actuels d’Acho, pour faciliter un spectacle, sont en train de quitter l’essence de la corrida, notamment sous la pression d’une partie du monde taurin. Nous savons que le toro est dangereux et que les ganaderos recherchent un toro brave et noble. C’est leur objectif mais attention, cette recherche a des limites qu’ils franchissent trop souvent depuis quelques temps et qui risquent de faire dégénérer ce combat unique. « O Tempora, O Mores ». Paco Camino qui était mon torero des années 60-70 (le Niño sabio de Camas avait un toreo moins froid que celui de S.M. El Viti), a répondu lors d’une conférence à la question : Il se dit qu’aujourd’hui on torée mieux que jamais ? me parece bien que lo digan, pero es que he visto torear antes… (cela me paraît bien qu’on le dise mais moi j’ai vu toréer aussi autrefois…). Le grand aficionado practico et écrivain salmantino et madrilène Felipe Garrigues concluait : Moi aussi j’ai vu toréer aujourd’hui et autrefois. Il y a de bons toreros, sans aucun doute, mais très semblables les uns aux autres. Ils manquent de charisme et de personnalité. Il y avait moins de technique mais plus de corazon et d’EMOTION. Sans cette émotion, il n’y a pas de CORRIDA « O tempora, O Mores ». Ceux qui me connaissent savent que je ne suis ni torista, ni torerista. De plus, je n’aime pas ces qualificatifs séparatistes ridicules. Je suis admirateur des toreros en général et ami de certains en particulier. Je ne puis être taxé d’adversaire à leur égard. C’est le rôle trop important des figuras sur les fondements qui me gêne.

Mais je dois arrêter de me plaindre. Dans ces jours de fêtes, compliqués dans beaucoup d’endroits dans le monde, nos amis mexicains, pourtant atteints de beaucoup de malheurs depuis des siècles, ont une philosophie particulière : Quand Mexico veut être Mexico et cela très souvent, elle ne pleure jamais. Mexico jura de ne plus jamais pleurer depuis que Quirino Mendoza composa en 1882 le fameux Cielito Lindo : Canta y no llores porque cantando se alegran Cielito Lindo los corazones ! (Chante et ne pleure pas parce qu’en chantant les cœurs se réjouissent Cielito Lindo).

Faisons comme eux. Fêtons Noël auprès des sapins et des crèches. Essayons d’oublier nos contrariétés. Terminons cette année médiocre et douloureuse pour certains par le traditionnel Bon Noël et Meilleurs Vœux. Nous parlerons plus tard de nos interrogations pour 2018.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 56 – Décembre 2017

ÉDITORIAL – NOVEMBRE 2017

MUNTANYAS REGALADAS

Muntanyas regaladas
Son las del Canigo
Que tut l’estiu flureixen
Primavera i tardor *

J’ai chanté plusieurs fois ce chant mélodieux avec mes amis étudiants catalans à Montpellier pour fêter nos victoires rugbystiques et nos soirées festives. Comme le Se Canto occitan, ce poème remonte au XIIème siècle et magnifie le Mont Canigou qui surplombe de ses 2784 m les Catalognes. On peut l’admirer à plus de 100 kms, tant au nord qu’au sud, surtout quand son sommet est couvert de neige. Les Catalans du Roussillon ont voulu, dans les années 50, renouer avec la tradition ancestrale du feu de la Saint-Jean au sommet du Canigou, le 23 juin, pour le solstice d’été. Dès 1960, les Catalans du Sud et même des Baléares se joignirent à la manifestation tant par l’envoi symbolique de fagots de bois por el foc, que par la descente de la lumière dans les plaines. Ce feu et cette flamme du Canigou pour la Saint-Jean sont avant tout un message de fraternité dans la Catalanité afin de retrouver ses spécificités dans la tolérance et sans récupération partisane et politique. De par mes racines catalanes qui proviennent des deux côtés des Pyrénées (Andreu i Mir) ainsi que par de très bons amis, j’ai pu connaître ces gens-là. Ils se caractérisent à la fois par leur générosité mais aussi par leur fierté qui peut dévier vers l’orgueil jusqu’à créer même chez certains un sentiment de supériorité sur leurs voisins, surtout en Espagne. Soixante ans après la renaissance du message de vraie fraternité de la Saint-Jean, il a été malheureusement oublié progressivement, par une partie des Catalans du Sud, malgré le maintien de la tradition grâce aux Roussillonnais. Il est vrai que la Catalogne a connu par le passé de fortes luttes intestines, tant pour les 3 guerres Carlistes (1833-1846 pour se terminer en 1876) que pour les affrontements violents déclenchés par les anarchistes contre les bourgeois capitalistes, surtout à partir de 1880, sans oublier les années tragiques de la guerre civile (1935-36…).

Ces derniers temps, on constate étrangement que l’indépendantisme bourgeois catalan et les forces de gauche extrémistes ont su se réunir, notamment il y a 7 ans, dans une flagrante manipulation, pour interdire la Corrida de Toros en Catalogne par un vote du Parlement Catalan. Cachant sous le prétexte de l’animalisme leur haine pour l’identité espagnole, ces partisans voulaient en fait la déraciner de leur territoire. Il est vrai que le terme néfaste Fiesta Nacional, a été utilisé par certains par le passé en Espagne pour qualifier la corrida. Née dans la péninsule ibérique, elle est en fait devenue un spectacle universel qui, comme tout art majeur, ne connaît pas de frontière ni de nationalité. Cela a donné un prétexte inavoué à l’Indépendantisme catalan réconcilié, pour préparer dans les séances anti-taurines du Parlement de juillet 2010, la stratégie première d’enfreindre la loi et le respect de la liberté des autres par une fuite en avant qui peut les entraîner maintenant dans la division et le chaos social (peut-être économique) si leur projet séparatiste aboutit. J’ai plusieurs parents et amis en Catalogne espagnole, particulièrement à Barcelone. Je constate malheureusement les effets néfastes dans l’évolution du climat social qui atteint les familles, les amis et les habitants en général, climat créé par des apprentis sorciers illuminés mais organisés. L’animalisme a bien été un prétexte pour interdire le symbole espagnol de la corrida Fiesta Nacional. Le monde taurin n’a pas été assez vigilant et le Pouvoir trop passif en ne réagissant pas rapidement sur l’anti-constitutionnalité de la décision du Parlement, dont pourtant il était évident que ce n’était qu’un prétexte. Il a fallu que le regretté Luis Maria Gilbert, président de la Federacion de Entidades Taurinas de Cataluña lutte de toutes ses forces pour aboutir enfin à la décision du Tribunal Constitutionnel. Le pouvoir a cru gagner du temps (6 ans) car il n’a pas vu l’effet pervers de l’endoctrinement sur les jeunes générations catalanes, avec la complicité de la politique officielle d’éducation de l’Autonomie Catalane. J’ai, comme de nombreux aficionados, reproché à l’empresa Balaña de n’avoir pas utilisé la décision d’annulation prise par le Tribunal Constitutionnel pour réclamer son droit d’organiser une corrida à la Monumental Barcelonaise. En fait :
– la décision d’anti-constitutionnalité a été trop tardive ce qui a pu faire croire à l’abandon de la corrida en Catalogne par le pouvoir central.
– quand on assiste à la situation de ces derniers mois, avec la tentative de coup d’état indépendantiste, sous le couvert d’un prétendu référendum, la décision de réorganisation d’une corrida à Barcelone aurait pu donner un prétexte aux enragés animalistes-indépendantistes en accusant cette démarche d’une nouvelle provocation espagnoliste et augmenter les rancœurs.

Pouvons-nous espérer que la situation évolue sereinement dans les temps à venir et que le retour de la corrida chez nos amis catalans soit envisageable ? J’en doute quand je constate la tentative d’alliances contre nature en recherche d’une nouvelle majorité sans attendre le résultat des prochaines élections catalanes du 21 décembre prochain.

* Délicieuses cimes
   Celles du Canigou
   Qui tout l’été fleurissent
   Au printemps et en Automne

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 55 – Novembre 2017

« SOIRÉE DES DONATEURS »
AU MUSÉE TAURIN DE BÉZIERS
SAMEDI 2 DÉCEMBRE 2017 à 19h

éditorial novembre 2017

TEMPORADA DE TRANSITION ?

Le danger est toujours présent dans le ruedo comme malheureusement nous le rappelle la mort tragique d’Ivan Fandiño. Cependant, je considère que 2017 s’achève dans une ambiance tiède, où les grands moments ont été trop rares, malgré ce que peut écrire une certaine presse qui vit du système. Certains titres sont risibles (toujours pour les mêmes !). Trois causes à mes yeux :
– l’absence d’un torero puissant et novateur qui bouscule le monde de la tauromachie, toreros et empresas,
– le fonctionnement des groupes d’empresas qui cherchent à s’autogérer en utilisant la carrière des toreros à leur guise, notamment au niveau des cartels, fermant leurs portes à ceux qui ne sont pas du système,
– le rôle néfaste de certains chroniqueurs taurins ou groupes de presse, qui cumulent avec la fonction de service de communication.

Le torero qui a marqué la temporada par sa constance, sa maitrise, son ambition de revenir au premier plan, après son arrêt de plus d’un an suite à sa blessure, a été Antonio Ferrera, au moins durant une grande partie de la saison. Dans un monde taurin ficelé par les empresas, le peloton des figuras a fonctionné alternativement, sans competencia, au gré des toros qu’ils affrontaient, de leur technique éprouvée qui leur permettait de briller ou plutôt trop souvent, de simplement respecter leur contrat. En fin de temporada, Talavante et surtout Perera sont sortis de leur torpeur pour retrouver leur sitio (peut-être leur envie) ou leur équilibre émotionnel. Enrique Ponce, dans son style magistral et sa technique, a réalisé quelques tardes intéressantes qui lui ont valu les louanges dithyrambiques de ses partidarios. Sébastien, toujours sérieux et maîtrisant la situation, m’a paru cependant manquer de sa sérénité habituelle, perturbé certainement tant par ses difficultés de remater ses bonnes tardes avec l’épée que par ses soucis d’apoderamiento. Morante de la Puebla a décidé de se retirer mais on prévoit déjà son retour en 2018. Heureusement, nous avons pu voir la nouvelle génération qui veut se positionner en tête de l’escalafon. En premier lieu, bien entendu, Roca Rey qui après son alternative, a démontré en 2016 une technique, une volonté et une assurance étonnantes pour son âge. Malheureusement il a pris de nombreuses volteretas impressionnantes dues à ses prises de risques qui peuvent mettre en danger la continuité de sa carrière. Tout en continuant avec son style et sa détermination, je pense que son entourage l’a poussé à se montrer moins suicidaire, à assoir sa maîtrise, avant je l’espère de passer à une nouvelle étape en 2018.
Ginès Marin qui ne m’avait pas convaincu dans sa carrière de novillero, a réalisé une bonne temporada, un peu trop élogieuse dans certains cas. Nous en avons connu d’autres…

Il faut saluer la temporada de Paco Ureña, Roman, Juan del Alamo… Manuel Escribano, grâce à des efforts surhumains, a récupéré ses capacités physiques et devrait revenir au premier plan en 2018, avec son entrega et le temple dominateur de sa muleta. Pour cela, il doit récupérer une efficacité constante à l’épée, indispensable pour conclure ses bonnes actuations, comme ce fut le cas malheureusement à Séville et Madrid en 2017. C’est indispensable, pour conforter sa confiance en soi, de couper des oreilles dans les arènes de référence et s’imposer aux groupes empresariales, à la presse officielle et au public. Les empresas parlent de diminuer le nombre de spectacles des grandes ferias, notamment en France, après nous avoir expliqué que c’est la raison de la baisse de la fréquentation sur les gradins et la perte de leur rentabilité. En fait, si c’est parfois le cas, cette désaffection dépend du prix des places pratiqué et surtout de leur manque d’imagination au niveau des cartels (toreros et toros) qui dépendent de la répartition du marché entre les grands groupes. Sont-ils vraiment indépendants dans leurs décisions ?

Ce dimanche 29 octobre, dans les arènes de Béziers, lors du Festival de l’École en clôture des journées taurines 2017, j’ai aperçu Richard Milian dans le callejon qui accompagnait le jeune Dorian Canton. Je me suis remémoré les tardes épiques que Richard nous a fait vivre dans nos arènes. Je me suis rappelé qu’un Miura lui avait infligé une cornada contre le burladero lors d’une corrida où il alternait avec les Maestros Damaso Gonzalez et Tomas Campuzano pendant la Feria 1985. En fait, ce jour-là, Richard avait remplacé au dernier moment le Maestro Ortega Cano qui venait de décider de ne plus toréer ce type de corridas et de commencer une nouvelle étape de sa carrière qui fut brillante. Vous vous imaginez ce cartel actuellement, devant une vraie Miurada ! C’était un autre temps et une autre conviction. Le Maestro Damaso, qui vient de nous quitter, avait été important devant ses 3 Miura puisque Richard avait du quitter le ruedo pour l’infirmerie.

Les Biterrois intéressés par la corrida de toros dans leur ville ont appris avec intérêt ces dernières semaines :
– que Sébastien Castella avait fait un accord d’apoderamiento exclusif avec Simon Casas
– que Simon Casas rejoignait Robert Margé dans l’organisation des corridas des arènes de Béziers (dans des responsabilités à préciser).
Depuis fin septembre, la gestion de nos arènes et Robert Margé ont alimenté les conversations et la presse locale, à double titre : qualitatif et financier. Cette nouvelle association va-t-elle tout régler ? Les capacités négociatrices et les références de Simon Casas ne sont pas à mettre en doute mais si l’Aficion Biterroise officielle et ses clubs taurins ne se réveillent pas, cela ne résoudra pas tout. Leur présence dans les gradins du festival de clôture des Journées Taurines m’inquiète vraiment. Il y avait moins de 50 de ces aficionados en comptant les organisateurs, sur les 400 personnes qui étaient venues voir les derniers toros de la temporada et pour soutenir les jeunes toreros. Il faut certes expliquer la dégradation que nous constatons tous dans notre aficion d’aujourd’hui. Ceux qui étaient au pouvoir dans les années 90 dans le monde taurin des arènes de Béziers (municipalités incluses), avec la complicité d’une partie des aficionados, ont tout fait pour la diviser et diminuer son pouvoir et ses ambitions. Progressivement, l’Aficion organisée s’est délitée et a perdu son rôle de propositions, d’animation, de moteur qui soit capable de faire valoir ses droits et constituer un pouvoir dont on doit tenir compte. La création de la Fédération n’a pas rempli ce rôle, bien au contraire. Pourtant, les clubs encore non fédérés et les associations avaient su se réunir pour l’organisation du Festival Taurin bénéfique de 1992. C’était un autre temps. Ils avaient obtenu un résultat de qualité et reconnu par tous. Dans mon édito du mois d’août, je faisais appel à la responsabilité de tous pour rendre à nos arènes son image, son public, son rayonnement, sa place dans l’Aficion du Sud. J’ai entendu et lu beaucoup de commentaires pour le moment, sans mesures concrètes. Laissons-leur le temps, même si cela presse… L’arrivée de Simon Casas est une information intéressante, surtout pour l’empresa, mais sera-t-elle suffisante pour le retour de l’émotion dans nos arènes ? Ce ne sont pas les dernières parutions emphatiques et dithyrambiques qui vont changer la situation.

Pour conclure, je me contenterai de qualifier le festival taurin de l’École d’intéressant, avec un bétail de la ganaderia Margé encasté mais très exigeant pour ces jeunes. Carlos Olsina a démontré des progrès évidents. Le travail porte ses fruits. Je sais qu’il va continuer ses entraînements intensifs à Séville pour préparer une temporada 2018 importante pour la suite de la carrière qu’il a choisie, dans le monde difficile que l’on connaît. Il faut aussi féliciter Anaïs pour sa grande aficion et ses progrès. Elle mérite notre respect.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 54 –