Éditorial bis Mai 2014

APRÉS SÉVILLE ET PALAVAS… SAN ISIDRO ARRIVE

La corrida de MIURA, à la date inhabituelle du dimanche de Pâques, ouvrait l’abono de la Feria de Séville 2014. La présence des toros de ZAHARICHE en ouverture, alors qu’ils clôturaient traditionnellement la Feria des Farolillos le dimanche, démontre que l’empresa de Sevilla était sur la défensive en essayant, par ce changement, de reprendre la main face à l’agressivité du G5. Eux avaient « mis le paquet » en proposant, en collaboration avec l’empresa de MALAGA, la « commémoration » du centième anniversaire du mano a mano JOSELITO-BELMONTE comme référence, par celui des figuras emblématiques dans la démarche anti CANOREA = MORANTE et EL JULI. Les deux groupes se sont affrontés en utilisant tout l’arsenal médiatique, mais en fait, ce jour-là, personne n’a gagné.

L’empresa de SÉVILLE, malgré l’énorme sympathie actuelle des aficionados sévillans pour Manuel ESCRIBANO, ne disposait pas des armes nécessaires pour organiser, avec l’aide des MIURA, l’évènement suffisant pour affronter l’initiative du G5 qui de son côté, pour contrarier la démarche de l’empresa PAGÉS-CANOREA, avait même organisé des autobus gratuits et des prix préférentiels attractifs pour attirer des aficionados sévillans à MALAGA : mesquin ou mercantile ? Au niveau financier, ce jour-là, ils ont tous gagné : la Maestranza, presque pleine, avec un prix de revient bien inférieur aux cartels habituels du dimanche de Pâques et MALAGA frôlait le « no hay billetes« . Par contre, au niveau image, ils sont tous déficitaires et l’aficion, une nouvelle fois, a été perdante car les deux spectacles ont été médiocres (voir édito antérieur). Cependant, globalement, le G5 a réussi à perturber fortement l’ambiance de la Feria Sévillane 2014 qui a débuté dans un climat d’incertitude désagréable. Le public «branché» traditionnel des grandes férias, savait que les «galactiques» seraient absents et que leur remplacement ne serait pas facile, tant au niveau médiatique que dans la capacité tauromachique. Cette absence s’est bien entendu ressentie tant au niveau de la fréquentation, à l’exception du dimanche de Pâques et de la corrida des Victoriano DEL RIO, avec PONCE, CASTELLA et ADAME qui ont enregistré une entrée satisfaisante ainsi que les toreros « people » du samedi : CORDOBÉS, PADILLA et FANDI.

Aucune autre entrée ne s’est approchée du plein, même dans les journées plus fortes des Farolillos (mardi, mercredi, jeudi) qui traditionnellement amènent la foule aux casetas de la Feria de SEVILLA.  Au niveau artistique, seul Diego VENTURA a ouvert la Porte du Prince (pour la 9ème fois) dans un spectacle impressionnant de technique, mais aussi de prise de risque du Rejoneador de la Puebla del Rio, qu’il impose aussi à ses chevaux.

L’autre évènement qui a marqué cette Feria est la faena exceptionnelle, la maîtrise, la domination aux banderilles et à la muleta, sans oublier l’expression artistique dans des naturelles relâchées et inspirées, d’Antonio FERRERA face à un bon Victorino MARTIN le dernier jour de la feria. Nous ne détaillerons pas sa faena, même si les derechazos effectués sans l’aide de l’épée, plantée symboliquement dans l’albero du ruedo de la Maestranza, ont créé un délire dans les tendidos. Nous voulons mettre en avant le spectacle à la fois baroque, technique et la maestria du Toreo Extremeño qui a causé à l’ensemble du public une émotion considérable. Cela confirme que ce Maestro, que certains aficionados mais surtout certains « spécialistes » ne mettent pas à sa juste valeur, est arrivé à un niveau exceptionnel de maturité après 17 ans d’alternative. Ses faenas de la San Isidro 2013, face aux Adolfo MARTIN, que certains ont essayé de minimiser pour laisser la place aux figuras « modernes » fortement « médiatisées » avec des budgets astronomiques, auraient dû faire d’Antonio FERRERA le triomphateur incontestable de la Feria de MADRID 2013. Mais la complicité passive d’une partie du public, influencée par les mêmes « spécialistes » et de la Présidence, ont privé Antonio de la sortie en triomphe alors que les deux faenas étaient impressionnantes, surtout devant de tels adversaires.

Nous l’avions déjà signalé dans les éditos de 2013, mais après l’actuation de SEVILLA, nous nous sentons obligés de le répéter. Heureusement, l’Ayuntamiento de MADRID vient d’effacer cette injustice en lui remettant le prix du triomphateur de la San Isidro 2013 en même temps qu’Adolfo MARTIN recevait le trophée du Toro le plus brave.
Il faut noter que la Communauté Autonome de MADRID en a profité pour remettre à Victoriano DEL RIO le prix au lot de toros le plus complet en présentation et en bravoure, confirmant notre propre appréciation dans nos éditos antérieurs. Heureusement que, de temps en temps, des jurys »indépendants » savent mettre en valeur certains toreros injustement négligés par les médias et la mode.

Pour en revenir à la Feria de SÉVILLE, nous remarquerons que les jeunes sévillans, Esau FERNANDEZ et surtout Javier JIMENEZ (le jour de son alternative) ainsi que Joselito ADAME ont coupé une oreille. De son côté, David MORA a utilisé à minima les qualités exceptionnelles – « demasiado bueno » comme diraient nos amis espagnols – de NIÑITO de la ganaderia EL PILAR qui a mis en valeur les fondamentaux de ses origines ALDEANUEVA. Nous estimons que David aurait dû obtenir un triomphe historique qui aurait pu marquer sa carrière devant un tel adversaire dont les qualités étaient parfaites pour le toréer dans les critères de la corrida moderne.  Malheureusement, il s’est contenté d’accompagner la charge répétitive et inlassable de son colorado, couleur de robe très typique de cet encaste créé par Matias BERNARDO, ganadero historique de SALAMANCA, à partir des origines Juan Pedro DOMECQ de l’élevage de Doña Maria GARCIA FONSECA. Il n’a pas pu ou pas su donner la grandeur, la dimension artistique que demandait la charge d’un tel toro.

Enrique PONCE a démontré, après son triomphe et sa blessure des Fallas de VALENCIA, que depuis la fin de temporada 2013, il a repris son ambition pour rester dans le peloton des grands. C’était parfait et majestueux mais l’épée l’a privé des trophées.

Manuel ESCRIBANO n’a pu renouveler son succès de 2011 à SEVILLA, malgré une volonté évidente et l’amélioration notable de son toreo, tant au capote qu’à la muleta, reconnue par tous les commentateurs « indépendants ». Il est dommage que le Président ne lui ait pas reconnu ses mérites devant son 1er JANDILLA en lui octroyant une oreille méritée et demandée très majoritairement par le public qui su le lui démontrer en accompagnant sa vuelta al ruedo par une ovation tonitruante. Certes, son épée n’était pas parfaite mais elle l’était tout autant que celle de David MORA devant NINITO de Moïse FRAILE.
La veille à PALAVAS, ESCRIBANO avait confirmé au public présent dans les arènes, ses qualités de volonté, d’entrega que nous lui connaissons, mais aussi son temple, son esthétisme, sa planta torera tant à la muleta qu’au capote. Il a affronté les deux meilleurs toros de Robert MARGE dans son mano a mano avec Antonio FERRERA. La fanea de son premier aurait pu se conclure par 2 oreilles, même si le toro est allé à menos durant la faena de muleta. Il dut se contenter d’une seule à cause d’une estocade défectueuse à sa première entrée à matar. Devant le 6ème, il utilisa très bien les qualités du joli toro « salpicado sardo » de l’élevage des Monteilles, particulièrement dans une grande faena de muleta, tant dans ses derechazos que dans ses naturelles.
Nous ne rentrerons pas dans la querelle de la décision de la présidence d’indulter le toro. Il est certain que FISCAL est un excellent toro, dont nous n’avons pas assez vu les qualités dans le premier tiers pour convaincre la majorité du public. Il faut espérer qu’il deviendra un bon semental reproducteur, s’il arrive à transmettre ses qualités fondamentales indéniables à sa future progéniture que Robert MARGÉ ne manquera pas de tester.

De son côté, Antonio FERRERA a coupé 2 oreilles (1+1) durant ce mano a mano face à des adversaires moins brillants et avec une charge plus courte qu’il a su utiliser grâce à son métier, animé par sa volonté d’accompagner son compagnon de cartel dans une sortie triomphale.  Il est regrettable que le public n’ait pas été plus nombreux (1/3 d’arène). Par contre, si les autres corridas de PALAVAS ont enregistré une meilleure affluence, le résultat artistique a été décevant pour BAUTISTA, CASTELLA et PERERA, gênés pas un vent violent et par le comportement décevant des Juan Pedro DOMECQ. De même si les Rejeonadors Pablo HERMOSO et Andy CARTAGENA sont eux sortis en triomphe, il faut noter la faiblesse des toros des Hermanos SANPEDRO.

La date tardive de Pâques a eu pour conséquence de placer la Feria de San Isidro juste après celle de SÉVILLE qui se déroule cette année en mai. Nous avons voulu avancer la parution de cet édito pour concentrer dans notre prochaine parution, la Feria de San Isidro, la plus longue mais aussi la plus importante du monde taurin.

Avant de nous quitter, nous notons la reprise en Europe de Jose TOMAS qui commencera à GRANADA le 19 juin, avant la sympathique Feria de LEON avec un cartel prestigieux : Juan MORA, Jose TOMAS et FANDIÑO. Enfin, nous avons pu parler de toro, mais nous reprendrons sur le prochain édito l’évolution des dernières nouvelles locales, en plus de San Isidro.

P.S. Nous venons de voir sur internet les cojidas et cornadas impressionnantes de Sébastien CASTELLA à OSUNA, de David MORA, JIMENEZ FORTES et NAZARE à Madrid. Nous leur souhaitons de récupérer rapidement de leurs blessures pour reprendre la temporada en bonne condition.  A noter qu’à MADRID, la corrida concernée a dû être arrêtée après le 2ème toro, par décision du corps médical, devant l’incapacité des trois toreros de revenir combattre dans le ruedo.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU
Edito n° 12 bis – Mai 2014

 

 

ÉDITORIAL MAI 2014

LES FERIAS REPRENNENT MAIS LE MONDE TAURIN CONTINUE… !!!

La temporada taurine 2014 suit son cours même si pour le moment, elle commence assez mollement dans les ruedos, peut-être parce que l’on dépense trop d’énergie dans les oficinas (bureaux).

A Castellon, seul Manzanares a pu confirmer son indéniable qualité devant des adversaires choisis. Même si sa tauromachie n’a pas évolué comme nous l’espérions il y a 2 ans, il reste un torero majestueux et esthétique qui a un gros impact sur le public. En plus, il domine parfaitement la suerte de matar, que ce soit a recibir ou au volapie. C’est le triomphateur incontestable de cette féria qui essaie de récupérer le niveau qu’elle a connu par le passé.
Pour la Feria d’Arles, José Mari a su utiliser les mêmes talents, malgré la médiocrité de ses opposants de Domingo Hernandez (oui cela peut arriver) et confirmer que sa prestance et son temple couronnés de deux grandes estocades, lui permettent de couper 4 oreilles et d’être à nouveau le triomphateur incontesté, alors qu’El Juli paraissait ailleurs…
Bautista a montré que le grand technicien qu’il est devenu, allié à sa volonté de se maintenir au niveau des figuras du G5 et de Castella, lui a permis de se mettre plus en valeur face à son premier Domingo exigeant que devant son second noblote et soso.
La corrida de Pereda a permis de démontrer que Joselito Adame est un torero poderoso mais qu’il doit se réhabituer au toro espagnol après une longue temporada triomphale face au toro mexicain cet hiver.
Quant à Juan Leal, il a confirmé son courage et sa volonté mais nous regrettons son recours systématique au toreo encimista de cercania dès le début de ses faenas de muleta, au lieu de faire valoir les qualités de son toro et de sa propre tauromachie.

Nous préfèrerions ne pas parler de la très médiocre corrida mixte du samedi matin mais nous nous devons de signaler la grande qualité du 5ème toro de Capea qui en fait un des seuls toros notables de cette Feria. En effet :

  • la corrida de Miura a été décevante malgré les efforts de Castaño et de sa cuadrilla et l’oreille de Savalli ;
  • la corrida de Robert Margé, de même, avec 4 toros décastés. Il faut heureusement mettre en avant le très bon 6ème pour Ureña qui coupe 2 oreilles à un toro qui méritait mieux pour exprimer ses qualités intrinsèques.

Pour ne pas parler seulement des grandes Ferias, il faut mettre en valeur les qualités d’un lot très homogène et très bien présenté avec deux exemplaires de classe de Valdefresno de la corrida de Pâques d’Aignan qui aurait du se terminer par un triomphe total si Juan del Alamo avait pu conclure ses grandes faenas avec l’épée. Résultat : 3 oreilles pour Duffau, 1 oreille pour David Mora (un ton en dessous), sans oublier 3 oreilles supplémentaires si le jeune torero de Salamanca avait su conclure ses deux actuations. Ce n’était pas des oreilles de pueblo avec une présidence gersoise traditionnellement exigeante.
Pendant ce temps, la déception est venue des deux grands rendez-vous manqués de Malaga et Sevilla. Les deux mano a mano n’ont rien permis aux toreros malgré la volonté et le talent que nous leur connaissons. Le duel historique annoncé entre Juli et Morante pour fêter le centenaire du premier mano a mano Joselito-Belmonte très bien mis en scène au niveau médiatique, n’a rien donné dans le ruedo alors que les toros étaient triés sur le volet.
Il en a été de même pour celui des toreros de Gerena, Escribano et Luque face aux Miura décevants à Séville même si Manuel Escribano a tout tenté pour renouveler son triomphe de la Maestranza en 2013 face aux toros du même élevage. Seul le premier toro de Luque paraissait avoir les qualités propices au combat tauromachique. Malheureusement lorsqu’il baissa de ton, le torero ne fit peut-être pas l’effort nécessaire pour poursuivre la faena.
Les toreros (et les empresas) peuvent tout planifier et tout faire pour que leur corrida-évènement soit un succès mais, comme dit le dicton : l’homme propose, Dieu dispose et le toro décompose.

En dehors des ruedos, le monde taurin biterrois n’arrête pas d’occuper l’actualité, malheureusement pas dans le positif. Les arènes de Béziers brillent par des commentaires dans la presse locale de plus en plus croustillants des protagonistes et nous pouvons nous attendre à de nouveaux épisodes dans les semaines et mois qui viennent.
La contagion se déplace à Boujan, il est vrai si proche de Béziers, pour des raisons différentes mais tout aussi désagréables. La décision brutale du nouveau Maire d’annuler, pour des raisons d’économie, la mise à mort dans les novilladas prévues pendant la prochaine Feria du mois d’août, étonne et heurte les aficionados du Biterrois :

  •  elle supprime tout simplement les spectacles taurins authentiques qui s’étaient inscrits dans la tradition boujanaise, après des années de travail, de persévérance, de passion et de collaboration entre la Ville et les élus ;
  •  elle donne des arguments aux anti-corrida qui se réjouissent déjà de cette décision, même si les raisons annoncées par le Maire sont d’ordre financier.

Certes, les élus antérieurs ont apparemment mal négocié des tarifs excessifs pour les manifestations taurines présentées. Malgré ce, il existait d’autres solutions que cette annonce spectaculaire :

  •  négocier de meilleurs tarifs (c’était facile),
  •  mettre en place l’organisation de spectacles de qualité supérieure et innovants correspondant à la capacité des arènes (1300 places) qui auraient permis d’équilibrer financièrement la partie taurine de la Féria en mobilisant l’aficion biterroise sur des sujets porteurs (ex : tienta-bolsin pour des novilleros et corrida de  4 toros…).

Nous sommes persuadés que ces solutions étaient rentables et pouvaient donner une nouvelle dimension à cette Féria. La solution n’est pas dans la baisse de la qualité, surtout quand on dispose d’une installation aussi fonctionnelle, tant pour mettre en valeur le spectacle que pour le confort des spectateurs. Certains villages des alentours, avec beaucoup de mérite, organisent des spectacles taurins sans mise à mort mais ils ne disposent pas d’installation capable d’accueillir des manifestations plus importantes.

Notre rôle, dans ces éditos, n’est pas d’édulcorer la situation mais au contraire, d’évoquer les vrais problèmes de la culture taurine qui a le droit et le devoir de se défendre, comme le 6 avril dernier devant et dans nos arènes, face aux antis. Les aficionados sont restés calmes et nous les félicitons de la leçon de maîtrise qu’ils ont donnée, tant à ces énergumènes qu’aux pouvoirs publics. Ce n’est pas en dénaturant la corrida, comme le nouveau projet de Boujan semble le prévoir, que nous pérenniserons notre culture et notre passion pour le toro bravo. Nous devons au contraire, chacun avec nos moyens, défendre la qualité et l’authenticité de la corrida, sans oublier son inclusion dans la partie festive qui est indissociable.

Nous attirons l’attention des élus des villes taurines et aussi des aficionados, de prendre comme exemple le résultat de Mont-de-Marsan où la concertation entre une aficion, une Commission Taurine, un prestataire, une régie municipale, a permis de mettre en place, à nos yeux, les meilleurs cartels de l’année en France pour leur Feria de juillet prochain (sur le papier). Cet exemple peut s’appliquer à tout autre système de gestion d’arènes. C’est pour cela que la décision unilatérale, sans concertation véritable, de Boujan, nous paraît précipitée et déplacée. Elle punit non seulement les actuels aficionados boujanais et biterrois, mais aussi tout ce qu’ont pu faire les anciens pour y implanter la corrida, avec l’aide des élus. Cette situation ne doit pas nous laisser indifférents.

Nous ne faisons pas de fixation sur ce cas particulier, mais il s’agit pour nous d’un exemple qui, de plus, nous touche de près. Au contraire, nous voulons rappeler globalement aux élus de notre région, leur responsabilité dans le maintien de nos cultures du Sud que certains voudraient supprimer, pour nous faire vivre dans un monde uniforme, aseptisé, avec la complicité passive de certains bien pensants.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU
Édito n° 12 – Mai 2014 –

ÉDITORIAL AVRIL 2014

NOUS ESPÉRIONS ENFIN, VOUS PARLER UNIQUEMENT DE TAUROMACHIE PURE, MAIS..!

L’actualité nous oblige à aborder à nouveau des sujets médiatiques, tant au niveau des exécrables pratiques du marketing taurin qu’au niveau de l’annonce du rachat des arènes de Béziers par un groupe financier.
En ce qui concerne le marketing taurin, nous nous limiterons à vous faire remarquer que le Juli continue à faire des déclarations qui relèvent, soit de la mégalomanie, soit d’artifices communicants ridicules.  Ses Conseils en la matière, devraient se rendre compte qu’il commence à dépasser les bornes ( ou est-ce volontaire ? ).  Après avoir proclamé pompeusement lors de la présentation tant annoncée de sa temporada 2014 son engagement immortel pour les beaux-arts, il confirme après l’annonce du cartel phare du dimanche de Pâques à Malaga, son mano a mano avec Morante de la Puebla, sa demande à Dieu que ce jour-là, les circonstances aident les deux maestros à s’enrichir mutuellement (nous supposons que cela concerne l’art, l’inspiration, la génialité…) et que les spectateurs sortent des arènes en toréant. Ce jour-là, il n’oublia pas de rappeler la référence du premier mano a mano Joselito-Belmonte qui se déroula dans les arènes de Malaga le 28 février 1915.
Il faut que ses amis l’arrêtent car s’il continue à être aussi désagréable, nous pourrions, après d’autres, oublier l’admiration que nous avons de son toreo dominateur, poderoso, basé sur sa connaissance innée du toro et poussé dans son désir louable d’être le numéro 1.
Nous terminerons ce commentaire car cela ne mérite pas plus.

En ce qui concerne les arènes, nous nous sommes refusé à commenter en pleine campagne électorale, la mouvance créée autour de l’avenir des arènes de Béziers, car nous pensions que le rôle du maire sorti des urnes de ce mois de mars 2014 serait primordial dans l’avenir sur ce sujet qui intéresse l’aficion, mais aussi la politique culturelle de la ville. En effet, l’annonce fortuite de l’offre d’achat de la majorité des parts de la Société des Arènes par un groupe appartenant à l’organisateur Robert Margé (appuyée apparemment par des investisseurs montpelliérains) pour un montant supérieur à 2 000 000 €, a créé l’évènement et le malaise. Cette offre parait très élevée par rapport à la rentabilité connue des arènes dont l’activité est quasiment limitée aux spectacles taurins depuis quelques années. Elle a déclenché une réaction négative de la part de certains actionnaires historiques (mais minoritaires) de la Société des Arènes S.A.
La mise sur la place publique de cette offre surprenante a eu un écho significatif dans la campagne du 1er tour, par les prises de position officielles des candidats sur un projet qui paraissait pouvoir mettre en danger l’avenir culturel et tauromachique des arènes. Même si cette affaire n’était pas censée être essentielle dans cette campagne électorale très ouverte entre les quatre candidats, elle a, selon nous, eu plus d’effet dans l’esprit d’une partie des électeurs, même non aficionados, ce que certains esprits bien pensants veulent nous le faire croire.
Mais pourquoi avoir lancé, ce que l’on pourrait appeler une OPA où le propriétaire vendeur, président de la Société des Arènes et Robert Margé ont joué un rôle majeur ?
Pourquoi lancer cette offre qui, apparemment, souhaitait passer inaperçue, avec autant de précipitations, dans une période sensible comme l’est une élection municipale ?

Quand on connaît le rôle que depuis 50 ans les municipalités successives ont joué dans le développement de la Feria, des spectacles taurins et du maintien de l’édifice permettant de relancer l’activité taurine de la ville, il paraît évident que cette affaire ne pouvait qu’interpeller les candidats à la fonction de maire. Certes, nous avions annoncé dans nos derniers éditos, l’intérêt que certains groupes financiers pourraient avoir dans l’achat ou la prise de pouvoir des arènes en propriété privée, surtout en Espagne (Cordoba, Badajoz, Sévilla, Granada…) sans oublier qu’en France, Céret et surtout Béziers correspondent à cette spécificité. Nous pourrions longuement disserter sur les objectifs de cette proposition d’achat majoritaire, irréaliste à nos yeux au premier abord.

En tant que Biterrois, il nous semble souhaitable :
– que les arènes de Béziers poursuivent leur rôle culturel (trop négligé ces derniers temps) et taurin, imprégnées de l’histoire de la ville depuis plus de 100 ans dans ce lieu prestigieux ;
– que la ville de Béziers soit partie prenante essentielle dans les programmations des spectacles et l’utilisation globale d’un tel édifice, dans lequel toutes les municipalités depuis de nombreuses années se sont investies pour le maintenir, le développer et accroître son rôle dans les activités culturelles, festives et économiques de la cité.

Si la ville réalise un accord valable avec les propriétaires, elle a deux possibilités :
1/ Après une longue période de crise, la gestion directe, dans la partie tauromachique de la ville, a donné un renouveau évident, surtout au début des années 80 avec le Comité Féria. Cette structure associative, directement rattachée à la ville, ne correspondait plus aux obligations de transparence et de suivi imposées par les règles de la comptabilité publique. Suite à un incident, Georges Fontès, alors maire de Béziers, dut dissoudre le Comité Féria en 1985 pour maîtriser l’usage des fonds publics. Il créa la Régie Municipale des Arènes qui gérait l’ensemble des activités culturelles et taurines, la partie tauromachique étant réalisée en collaboration avec l’empresa Balaña de Barcelona. Cette solution donna satisfaction, tant au niveau gestion, qu’au niveau qualité des spectacles – musicaux (Johnny, Téléphone, Goldman) – et taurins avec une présentation de toros irréprochable, digne de plaza de primera espagnole, avec des toreros de premier plan.
La gestion financière, contrôlée directement par le Trésor public et le Receveur municipal, donna satisfaction. Le fonctionnement administratif, sous la responsabilité du regretté Commandant Farret et du conseil d’administration, a parfaitement rempli son rôle, tant au niveau de l’efficacité que dans la gestion, démontrant la fiabilité du système. La municipalité Barrau supprima la gestion en régie municipale pour adopter la Délégation de Service Public, avec des intervenants différents tous les ans et créa pour animer la tauromachie, la Haute Autorité composée de plus de 30 membres, pour insuffler les orientations de la politique taurine à Béziers. Comme aurait dit Georges Clemenceau  « Quand je veux noyer un problème, je crée une Commission ».

Actuellement, trois villes taurines françaises importantes gèrent les arènes (spectacles taurins) en régie municipale : Bayonne, Dax et Mont-de-Marsan, selon des modalités différentes mais avec la même rigueur de la comptabilité publique et un suivi exigeant des commissions taurines. Il faut préciser un avantage financier de la Régie municipale : les spectacles – limités à six) sont exempts du versement de la TVA (20 %) pour la corrida –  ce qui permet de faciliter la gestion et de la répercuter éventuellement pour avoir des prix de places plus accessibles.
La solution peut être efficace avec une équipe technique compétente et un partenaire suffisamment puissant et reconnu pour faciliter les négociations avec les représentants des toreros et les éleveurs. Elle garantit la transparence, même si les règles de la comptabilité publique sont nécessaires mais un peu lourdes à appliquer dans le monde taurin.

2/ La solution de la Délégation de Service Public (D.S.P.) n’est pas à écarter si elle est bien mise en place :
– appel d’offre public qui impose un cahier des charges fixant les critères retenus pour le choix,
– expérience professionnelle,
– fiabilité financière,
– qualité et quantité des spectacles,
– valorisation de l’offre financière proposée par l’adjudicataire,
– autres propositions : école taurine, initiatives culturelles…

Quelle que soit la solution choisie, tout dépend des compétences et de la fiabilité des hommes chargés du fonctionnement et du contrôle. Il ne faut pas oublier aussi, le rôle primordial joué par la Commission Taurine extra-municipale, entité prévue par le règlement de l’Union des Villes Taurines Françaises (UVTF), présidée par le maire ou son représentant qui est responsable de l’application du règlement taurin, de contrôle – avant, pendant et après – la qualité des spectacles proposés ( présentation des toros, choix des cartels… ) et d’organiser les présidences…

Cette structure n’est valable que suivant :
– la volonté réelle du maire,
– la qualité et la volonté des membres de Commission Taurine de faire respecter l’image de nos arènes et d’imposer à l’adjudicataire les conditions de la DSP et la volonté de l’aficion locale.

En fait, nous sommes obligés de constater que la Commission Taurine extra-municipale n’a pas joué, ces dernières années à Béziers, le rôle pour lequel elle avait été créée, dans l’esprit de l’UVTF, d’autant plus que la DSP actuelle a été négociée il y a plus de 18 ans, dans des conditions très spéciales. Il ne s’agit pas, pour une Commission Taurine, de pratiquer une opposition systématique de principe aux propositions de l’adjudicataire (revancharde ou partisane), mais appuyée par la volonté du maire, de faire respecter l’image des arènes qui se répercutera sur celle de la ville et de sa féria, tout en faisant ressortir les spécificités de l’aficion locale.

Cet édito paraît aujourd’hui, sans effet sur la campagne électorale, comme nous le souhaitions. Il est diffusé après les résultats du second tour des municipales, même s’il a été rédigé plusieurs jours avant.

Parlons enfin de tauromachie avec les Fallas qui se sont caractérisées par :
– des fréquentations de public très faibles et inquiétantes pour les 4 premières corridas et novilladas. Heureusement pour l’empresa, les trois dernières ont rempli les arènes avec la participation du G5, de Ponce et Castella.
– Juli sort triomphateur des Fallas, mais l’expression artistique de sa tauromachie n’arrive pas à nous convaincre totalement.
– Ponce aurait pu contrarier son hégémonie, si sa cojida impressionnante et sa cornada à son premier toro, ne l’avaient pas arrêté brutalement.
– Les autres toreros ont eu des difficultés à démontrer tout leur potentiel car les toros ont été nobles, certes, mais sosos et parfois mansos, même si leur présentation globalement était acceptable, malgré des armures commodes pour la plupart.
Seuls les Garcigrande (très bons pour les 4 toreros de la corrida magna) et surtout les Victoriano del Rio, ont montré les vertus que nous demandons au toro bravo : agressivité, galop dans les embestidas, classe pour certains. Ce n’est pas pour rien que les ganaderias de Garcigrande et Victoriano del Rio ont été retenues pour le mano a mano du dimanche de Pâques à Malaga : Juli-Morante.

Nous retiendrons aussi le temple, la classe et la détermination de Castella, ainsi que le sens artistique de Finito (relancé par Simon Casas en l’absence de Ponce) et de Morante, meilleur capeador de sa génération, confirmant qu’il est le successeur prétendant des maestros Curro Romero et Rafaël de Paula. Manzanares a confirmé l’esthétisme de sa tauromachie, sans retrouver ses inspirations des temporadas 2011 et 2012, pour le moment. Dans un autre style, nous avons apprécié l’attitude, la prise de risque et l’aguante du jeune Jimenez Fortes et son envie de triompher.
Au niveau des novilladas, l’extremeño Garrido après son succès chez lui à Olivenza, a confirmé qu’il devrait dominer l’escalafon 2014.
En dehors des deux ganaderias précitées, nous regrettons la fadeur (soseria) des toros en général, malgré quelques individus intéressants.

Castellon arrive avec un changement complet dans le choix des organisateurs par rapport aux tentatives toristas de leur prédécesseur Enrique Paton ces dernières années qui, il est vrai, n’avait pas donné un résultat intéressant au niveau de la taquilla, ce qui causa son arrêt d’activité. On en reparlera…

Le responsable de rédaction : Francis Andreu

Edito n° 11 – Avril 2014

ÉDITORIAL FÉVRIER 2014

QUEL EST LEUR VRAI OBJECTIF ?

Nous avons retardé à début février la parution du 1er édito de la temporada 2014 en espérant, sans trop y croire, que les divers intervenants du monde taurin, notamment les 5 figuras de l’Apocalypse (les cavaliers n’étaient que 4), oseraient se compromettre avec l’empresa de Sevilla et les Maestrantes pour organiser une féria digne du légendaire Coso del Baratillo et de la magnifique cité du bord du Guadalquivir. Cette situation désolante nous rappelle, toute proportion gardée, la désastreuse déclaration de guerre de 1870 par Napoléon III avec le prétexte de la fameuse dépêche d’Ulm habilement truquée par le Chancelier Bismark.

Cette comparaison est osée mais elle n’a pour but que de rappeler que : Quand on veut déclarer la guerre… Comment donner tant d’importance et de conséquences à une déclaration certes exagérée (se ha pasado) d’Eduardo Canorea après un tapeo comme les aiment nos amis sévillans. Pourquoi se lancer dans une guerre au moment où aucune des parties n’est en condition de vraiment la gagner, étant donné la situation de la corrida en Europe. Bismark, lui au moins, savait qu’il était plus fort que nous et que Napoléon n’était qu’un petit chef de guerre, un va-t-en guerre qui n’avait rien de Buonaparte. S’il s’agissait d’un problème d’arriérés dans les paiements, pourquoi ne pas le mettre sur la table tout de suite ? Ce serait le seul argument valable et l’aficion, comme les Maestrantes, pouvaient le comprendre et mettre l’empresa devant ses responsabilités.

Les déclarations postérieures de Jose Maria Manzanares (sur son grand amour avec les Sévillans à qui il doit tout), relayées par celles de ses compagnons de lutte, sans oublier le grand discours final du Juli, n’ont convaincu personne. Elles nous feraient rire si la situation de la tauromachie en Europe ne traversait pas la crise que tous les aficionados et les professionnels connaissent, même si ces figuras paraissent l’ignorer.

Nous ne cherchons pas à défendre le monde empresarial taurin, certainement critiquable sur sa gestion de ces dernières années. Par contre, nous pensons que la prise de pouvoir, hors du ruedo par 5 toreros, nous annonce un bouleversement de la tauromachie, déjà très affaiblie, qui supportera mal une organisation où seules les figuras ou les peoples tireront leur épingle du jeu. Jusqu’à quand ? Nous pouvons nous interroger dans le futur, sur le rôle des apoderados de ces figuras.

Le rôle des maestros Curro Vazquez, Roberto Dominguez et Fernando Cepeda, aujourd’hui recyclés dans l’apoderamiento, n’a plus rien à voir avec celui de leurs prédécesseurs historiques : Don Jose Camara et ses fils Pepe et Manuel, El Pipo, Florentino Diaz Flores, Pablo Lozano, Enrique Martin Arranz… qui géraient des toreros figuras tout aussi importants pour le moins…

Dans cette crise grave, nous ne les entendons pas. Quel silence ! Leur titre d’apoderado leur permet certes d’encaisser leurs commissions avant que dans quelques temps, le vrai pouvoir soit concédé en réalité à des sociétés de communication, de marketing et même des groupes financiers importants qui pourraient avoir pour objectif de récupérer, dans un premier temps, les arènes privées dont les propriétaires héritiers ne retrouvent pas la rentabilité espérée, ne serait-ce qu’immobilière, par leurs ancêtres. Certains en parlent… Pourquoi s’adresser directement aux propriétaires de la Maestranza de Sevilla pour s’attaquer à Canorea ? Notre propos n’est pas d’intervenir dans ces spéculations qui relèvent plus de la finance que de la tauromachie proprement dite. Nous sommes par contre préoccupés par des informations complémentaires qui provoquent chez nous une inquiétude, même s’il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

Nous apprenons qu’El Juli va annoncer au Circulo de Bellas Artes de Madrid, dans une cérémonie médiatico-culturelle très in, son programme d’actuations (sa tournée) 2014. Il copie ce que font depuis longtemps dans des sempiternelles interviews, conférences et articles de presse promotionnels (non gratuits), ses collègues du show-biz. Morante, apodéré en réalité par un important groupe mexicain (ce n’est qu’un début), va procéder de la même manière. Seul le style changera. Espèrent-ils que le public, comme des fans ou des groupies, va se précipiter pour louer des places dans des spectacles retenus à l’avance comme Madonna, Lady Gaga, Johnny (le nôtre), Elton John ou Céline Dion (liste non limitative) ?

Nous espérons que les vrais aficionados ne vont pas se laisser endormir par ces manœuvres où le marketing veut devenir le maître du système. Nous l’espérons d’autant plus qu’ils ont prévu d’ores et déjà, d’accentuer le choix des élevages et des toros pour que la tournée soit réussie et puisse se dérouler selon le programme prévu. Ces ganaderos sélectionnés, sont devenus prisonniers des toreros et serviteurs heureux d’être choisis dans cette époque de crise si difficile pour eux. Les qualités techniques et artistiques ne sont pas, encore moins celles du Juli, en cause mais leur comportement est dangereux et inquiétant.

Nous invitons les aficionados, encore libres, à rester vigilants. Ces spectacles peuvent avoir des aspects artistiques positifs momentanés dans le ruedo, mais ils sont porteurs d’un virus qui entraînera dans un délai plus ou moins proche, la fin de la vraie tauromachie et de notre passion, basée sur une corrida de toros qui, certes a évolué depuis plus de 300 ans, mais qui a conservé des fondamentaux qui expliquent que cette passion de nos peuples du sud existe encore. Qu’en sera-t-il des novilladas et de ces jeunes toreros dans cette nouvelle organisation ? Il est à craindre que seuls ceux qui feront allégeance seront protégés et seront présentés, comme dans les spectacles de music-hall. Ils complèteront la fin de la corrida, en vedette américaine, ou passeront en première partie en cas d’Alternative.

Quelle défense reste à l’aficion face à cette dégradation annoncée qui enlèvera toute l’essence à notre corrida ? L’aficion aurait pourtant un autre combat qui l’attend face aux historiques antis, où l’unité nous paraissait indispensable. Les figuras en ont voulu autrement. Il est à craindre que le système soit en fait détruit de l’intérieur, sans que nos ennemis aient à prendre des initiatives de masse pour nous déborder. Il leur suffira de quelques cas bien ciblés par leurs spécialistes, pour entretenir l’ambiance délétère, soutenus par quelques idéologues bien pensants, pour appuyer par leurs prestigieuses signatures les communiqués animalistes.

Combien de temps résisterons-nous si les toreros en général et surtout les figuras ne nous aident pas ? Pourtant ce sont eux qui ont la solution : démontrer au monde qu’ils sont effectivement des êtres humains supérieurs qui osent affronter cet animal mythique qui, malgré certaines déviances actuelles de l’élevage bravo, reste un magnifique fauve combattant et dangereux. Nous ne doutons pas de leur capacité, notamment de celle de la tête de liste Juli. Il ajoute à ses qualités de torero hors du commun, une habileté et une volonté hégémonique sur la majorité des figuras qu’il entraîne derrière lui.

Ils peuvent nous démontrer que, même s’ils défendent leurs intérêts matériels compréhensibles, ils sont avant tout des toreros d’exception qui se doivent à leur public, mais aussi à leur propre aficion qui, depuis leur enfance, les ont amenés au sommet de leur technique et de leur art. En effet, tous les membres du G5 ont moins de 35 ans. Pensent-ils déjà à leur retraite ou à leur reconversion, pour accélérer une prise de pouvoir il est vrai facilitée par une organisation empresariale décadente ? Ils doivent faire attention à ne pas se tromper d’objectif. Par les temps qui courent, on ne peut pas être dedans et dehors. Le monde de la corrida doit être un, que nous soyons spectateurs, toreros et même organisateurs, même si chacun peut avoir momentanément des intérêts particuliers.

Pouvons-nous avoir confiance en eux ? Méritent-ils notre passion et notre aficion ? S’ils le veulent, c’est sans aucun doute. Dans le cas contraire, il nous reste l’espoir que le magnifique animal qu’est le toro bravo et la passion de jeunes toreros ambitieux pourront la maintenir vivace. Tous les 15 ans, il s’est levé un torero d’exception qui a redonné vie à une corrida qui était parfois chancelante. Il a obligé tous les autres à le suivre dans le ruedo s’ils ne voulaient pas être marginalisés malgré toutes les tactiques qu’ils puissent inventer.

Nous espérons qu’au fur et à mesure que se déroulera la temporada 2014, nous oublierons ce mauvais début d’année qui nous fait douter de ceux que nous admirons.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU

Édito n° 10 – Février 2014

ÉDITO DÉCEMBRE 2013

« O NOS UNIMOS, O EL TOREO TIENE LOS DIAS CONTADOS »
(Ou nous nous unissons ou les jours de la tauromachie sont comptés)

Cette déclaration n’a pas été faite par un aficionado illuminé ou un ganadero désespéré devant les difficultés à maintenir son élevage de toro brave. C’est un matador de toros historique de ces 20 dernières années qui a fait cette déclaration dans l’Extra des Toreros 2013 de la revue Aplausos. Certes, les défenseurs du statu quo nous diront que Finito est un torero du passé dont l’avenir est derrière lui (même si en 2013 il avait le soutien de Simon Casas) et qu’il fait partie des toreros aigris ou désabusés.

Quelle que soit la représentativité de Juan Serrano « Finito de Cordoba » dans l’escalafon actuel des matadors de toros, il reste un « maître » de la tauromachie moderne dont la technique et l’expression artistique font l’admiration des aficionados avertis et des toreros (matadors et novilleros). En fait, sa déclaration est plutôt « désintéressée ». Certes, nous n’oublions pas que Juan est né en 1971 à Sabadell, aux portes de Barcelona, de parents andalous venus en Catalogne pour « gagner leur vie », comme beaucoup de leurs congénères. Il a certainement très mal vécu la fermeture des arènes de Barcelona et les oppositions du catalanisme dans une région qui a marqué sa première jeunesse mais aussi ses succès inoubliables à la Monumental où il attirait un nombreux public. En fait, Finito fait référence à d’autres dangers qui viennent du monde taurin lui-même.

Nous avons dénoncé, en plusieurs occasions, l’évolution actuelle de la tauromachie qui ne peut servir qu’un petit groupe (toreros, empresarios et ganaderos punteros) qui se satisfont d’une situation qui, tant au niveau économique que médiatique, en fait encore des privilégiés dans une Espagne exsangue où le nombre de spectacles taurins s’est écroulé en cinq ans, surtout dans les arènes de 3ème catégorie (corridas et novilladas piquées). Nous devons rester vigilants face à des adversaires virulents où nous retrouvons mêlés des intérêts « philosophiques » et « politiques » très différents, unifiés dans un « amour » exacerbé de la gens animale, mais nous pensons que la première solution au problème actuel de la corrida se trouve dans le monde taurin lui-même.
Dans le même esprit, Juan Antonio Gomez Angulo, Président de la Commission de Travail pour le Développement et la Protection de la Tauromachie, déclare que les ganaderos sont les moins responsables de la situation économique et au contraire doivent être protégés.

A l’exception des 5 ou 6 élevages punteros imposés par les figuras, ils sont pour la plupart dans une situation financière catastrophique. Leurs efforts de gestion, en diminuant le nombre de vaches et donc de naissances, donneront-ils des résultats suffisants car comment amortir les frais fixes pour maintenir une finca (hommes et matériels, sans oublier les frais financiers). Par contre, Gomez Angulo affirme que le coût de production des spectacles taurins doit baisser, de la réduction des honoraires jusqu’à la diminution du prix des places.
Cela demande un profond processus de transformation pour maintenir les spectacles taurins ! Il pense que « tous doivent renoncer à une partie de ce qui leur correspond, tous doivent réviser leurs prix et leurs marges parce que si rien ne change, le spectacle ne pourra pas se maintenir longtemps ».

Nous ne pouvons qu’approuver ces affirmations. Elles concernent tous les intervenants :
Les grandes empresas car sans changement, les petites arènes vont disparaître les unes après les autres. Un comportement égoïste de leur part serait suicidaire à moyen terme.

Les toreros figuras qui pratiquent des tarifs exorbitants qui :

  • font augmenter le prix des places qui atteint un niveau insupportable
  • oblige les arènes (1ère et 2ème catégories) à multiplier les mano a mano, les « encerronas » pour négocier avec les toreros la diminution du coût du plateau avec comme conséquences de :
  • lasser le public par la répétition des mêmes cartels qui ne sont plus des évènements ni des « competencias »
  • diminuer les possibilités pour les toreros jeunes ou pour les toreros moins médiatisés car le « people » fonctionne encore même s’il est aussi en régression.

Ce ne sont pas leurs initiatives de marketing ridicules et à « contra estilo » pour améliorer leur image ou le « glamour » pour aller vers le grand public qui amènent plus de monde aux arènes. Au contraire, il faut rendre au spectacle taurin sa « vérité » d’hommes extraordinaires (qu’ils sont) qui vont affronter des animaux tout aussi extraordinaires.

Les professionnels des cuadrillas ont aussi leur part de responsabilité : ils ont obtenu des rémunérations et une couverture sociale qui certes leur apportent des garanties pour leur période d’arrêt et leur retraite, mais qui entraîne un coût exorbitant, notamment pour les arènes de 3ème catégorie ainsi que pour les novilladas en général. Ils s’accrochent à leurs avantages acquis alors que le système court à sa perte. Leurs représentants ont toujours eu comme réel interlocuteur, l’ANOET (Association regroupant les empresas des grandes arènes) qui se soucie peu des problèmes de leurs collègues des petites arènes et qui leur a concédé, dans des périodes faciles, des conditions très avantageuses car elles n’étaient pas prioritaires pour eux. Il est regrettable que les empresas des petites arènes n’aient jamais pu constituer une association structurée, représentative, apte à négocier avec force car ce sont elles qui organisent (ou qui organisaient…) le plus de spectacles et qui ont subi la situation qui pesait déjà sur leur rentabilité, même quand les temps étaient meilleurs.

Les organisations syndicales oublient que la majorité des « subalternes » qu’elles représentent, intervient dans les novilladas et spectacles mineurs ou dans les arènes de 3ème et 4ème catégories (portatives). Les coûts fixes de l’organisation vont entraîner une disparition progressive de ces spectacles car les aides des municipalités diminuent ou disparaissent et le nombre de spectacles diminue suite à la crise économique et au conformisme des toreros. La tendance de la part des empresas « représentatives » (ANOET) serait de remettre en cause la prise en charge des cuadrillas, tant au niveau de la rémunération que des charges sociales puisque les « subalternes » sont choisis par les toreros qui sont leurs vrais « patrons ». Cette solution serait envisageable pour les matadors de toros « figuras » qui ont des cachets élevés mais ne serait pas applicable pour les toreros modestes qui perçoivent des cachets minimes, surtout dans les petites arènes et encore moins pour les novilleros qui ont des difficultés à faire face à leurs frais.

Il nous paraît plus juste de :

  •  baisser le coût des figuras : il est vrai qu’elles interviennent surtout dans les arènes de 1ère et 2ème catégories bien qu’en fait, en 2013, malgré la crise, certaines ont toréé près de 10 corridas dans les arènes de 3ème, sur un total de 40 à 30 « festejos » seulement !
  • baisser le coût des cuadrillas pour les novilleros et les plazas de 3ème et 4ème catégories (rémunérations et charges sociales)
  • alléger l’organisation des « sans picadors » en diminuant le nombre de banderilleros et le coût de la sécurité sociale.

Il faut noter que le milieu associatif français qui depuis 20 ans a fait des efforts importants pour les novilladas, surtout dans le Sud-Ouest, rencontre de grandes difficultés pour pérenniser ces organisations qui sont l’avenir de la corrida.

Les propriétaires des arènes (publiques ou privées) qui ne sont pas en gestion directe (Pamplona, Bilbao, Dax, Bayonne…) ont établi des conditions de location intéressantes et même très avantageuses dans certains cas, grâce à la concurrence entre empresarios qui augmente le coût de l’organisation et participe à l’augmentation du prix des places de corridas. La situation actuelle ne permet plus de maintenir cette situation car elle aggrave la rentabilité pour les empresas et pour les spectateurs avec comme conséquence la baisse de fréquentation, surtout si le spectacle est ennuyeux ou répétitif (voir éditos antérieurs). Les solutions existent mais elles demandent des sacrifices de la part de tous et de vraies initiatives généreuses. En effet, nous assistons à certaines initiatives artificielles qui relèvent du marketing communicatif pour se donner une image positive vis-à-vis des aficionados et du grand public, « para darse une cara de bueno » comme disent nos amis espagnols. Ce n’est pas cette mascarade que nous attendons des toreros mais un comportement vraiment responsable et respectueux de l’aficion « tanto en el ruedo que a la calle ». Mais tous ces sacrifices n’auront de justifications et de résultats que si les empresarios baissent le prix des places quand ils le peuvent et si le public revient aux arènes afin d’empêcher la chute du nombre de spectacles.
Durant cette temporada, nous n’avons pas voulu vous décrire un monde taurin idyllique mais réaliste, dont l’avenir nous préoccupe fortement, comme vous l’avez certainement constaté. Vous pouvez nous adresser vos commentaires par mail :

Ce dernier édito de l’année 2013 clôture cette nouvelle expérience qui, nous l’espérons, vous a intéressés. Souhaitons que le ciel s’éclaircisse pour la temporada 2014 et que nous puissions vivre ensemble de grands moments à travers la passion qui nous unit.

P.S.  Les « Figuras Réunies… » Morante, Juli, Manzanares, Perera et Talavante viennent d’adresser une lettre aux Maestrantes de Sevilla pour les informer qu’ils se refusent à négocier avec Canorea (Empresa Pagés), actuel empresario de la Real Maestranza, pour leur participation à la Feria 2014. Ils confirment qu’ils n’ont rien compris (?) à la situation.
Si nous ne connaissons pas les détails des litiges, nous pensons que cela concerne la possible baisse de leurs rémunérations. Nous estimons ce chantage inacceptable de la part de ces toreros qui ne savent s’unir que pour défendre leurs propres intérêts financiers. Question : leurs apoderados ap­prouvent-ils cette manœuvre ?
A SUIVRE…

Le responsable de rédaction, Francis ANDREU

Edito n° 9 – Décembre 2013

 

EDITO NOVEMBRE 2013

TOUT DÉPEND DE NOUS !

Ainsi titre Hugues Bousquet dans « LO TAURE ROGE » d’octobre 2013. Cette exclamation rejoint la conclusion de notre dernier édito (n°7). Il s’adresse effectivement à l’aficion qui, comme nous le pensons aussi, a sa part de responsabilité dans la situation actuelle du monde taurin. Nous lui laisserons la responsabilité de motiver les aficionados face aux « anti » et aux « animalistes » bien pensants, mais nous ne pouvons que le soutenir. Son analyse est très juste et son rappel du danger (voir Rodilhan) que représente pour notre « tradition » et notre « passion » du TORO BRAVO, est réaliste. Il ne faut pas minimiser, même s’ils ne sont qu’une minorité, le comportement de ces individus et de ces groupuscules activistes, caractérisés par l’intimidation ainsi que leur obscurantisme malheureusement appuyé parfois par la presse régionale (?) (un comble !).

Nous choisirons de cibler notre analyse sur le comportement des aficionados avant, pendant et après la corrida, car ils jouent un rôle important dans son évolution actuelle qui nous préoccupe. Nous commencerons par les « fondamentaux » :
– Bravoure et embestida du toro
– Courage, technique et expression artistique du torero.
Il faut savoir les apprécier dans leur ensemble et leur complexité. Les divergences entre les « TORISTES » et les « TORERISTES » (notre édito de mars 2013), existent depuis longtemps, surtout depuis l’apparition de la tauromachie « moderne » et des toreros historiques dans cette évolution : Juan Belmonte et Joselito « El Gallo », même si les deux maestros avaient une grande amitié que la rivalité de leurs partisans ne put rompre… Nous regrettons que, depuis quelques années, ces différences de goût compréhensibles, se soient « extrémisées », surtout par des prises de position regrettables de certains toristes qui ont jeté des anathèmes et émis des critiques extrêmes pleines de préjugés. Ils se manifestent aussi par des vociférations dans les gradins qui troublent la lidia et la faena, dans un but inavoué d’être protagonistes. Nous avons constaté heureusement en France, ces derniers temps, que certains maîtres à penser de ce courant se sont rendus compte que les extrêmes, comme dans tous les secteurs de la société, desservent la cause qu’ils veulent ou qu’ils sont sensés défendre. Surtout que dans ce cas, ils ne sont pas toujours les plus connaisseurs ou les « mas entendidos », même s’ils sont parfois de bonne foi.

Arrêtons ces querelles stériles, même si certains y trouvent leur plaisir et leur raison d’être. Cela ne peut que nous desservir. Le bon aficionado doit, en premier, savoir apprécier le comportement du toro brave, pendant toute la durée de son combat dans le ruedo, soit pendant les 3 « tercios ». Le toro doit d’abord « délivrer » son agressivité première, démontrer son « alegria » et son galop pour répondre aux cites des banderilleros et ensuite aux sollicitations dominatrices et déterminées du torero avec la muleta, par des charges puissantes et « franches » (ce qui ne veut pas dire naïves et sans race), pendant 10 minutes.

En effet, le public aficionado, au sens large, demande cette « longue » faena plus ou moins artistique, plus ou moins dominatrice, que le torero ne réussira que si ses qualités de courage, de technique et son inspiration lui permettent de se mettre en valeur, mais aussi si le toro accepte de combattre jusqu’à la « fin ».

Pour arriver à cette « quintessence », l’aficionado devrait savoir, ou comprendre, que le Tercio de Piques s’il peut nous permettre d’admirer la puissance et la combativité du toro bravo en répondant à « l’appel » du piquero, n’est pas une fin en soi. Certes la « pique » est un moment spectaculaire, émotionnant et émouvant qui peut démontrer la capacité de combattre cet animal hors norme qui « dépasse » le rationnel et que nous admirons. Mais l’aficionado ne doit pas oublier que la pique n’est, à l’origine, qu’un « moyen » pour permettre au torero de faire avec sa muleta une faena efficace mais aussi si possible artistique, pour préparer une estocade franche et efficace. Si un toro qui a pris 3 piques, même spectaculaires, en venant de plus de 10 mètres avec volonté et puissance, s’arrête par la suite, se défend sur place incapable de charger et de répondre aux cites du torero et parfois de ne plus s’intéresser au combat, il y a une erreur quelque part. Qui est responsable ? Le Ganadero, le Torero, le Président, la Presse spécialisée, l’Aficionado ?
Tous sont responsables.
– Oui bien sûr, le Ganadero est responsable, prisonnier entre les exigences des professionnels, les goûts du grand public et de l’aficion. Il a « loupé » sa sélection, ses croisements et ses toros ne vont plus « a mas » durant la faena.
– Oui, le Torero est responsable car ses exigences ont perturbé la « sélection » du toro bravo et sa cuadrilla n’a pas su mener la lidia.
– Oui, le Président peut être responsable lui aussi s’il n’a pas su doser le tercio de piques, figé droit dans ses bottes !
– Oui, la presse taurine n’informe pas bien et même désinforme le public. Nous avons actuellement plus de glamour, de « sensationnel » que de « fondamentaux », notamment sur internet sans oublier les pages de la presse écrite remplies de rédactionnels taurins, plus publicitaires qu’informatifs.
– Oui, l’aficionado a aussi sa part de responsabilité dans l’évolution du monde taurin actuel :

  • il demande des faenas de 40, 50 passes devant des toros qui en permettent 15 ;
  • il demande (ou accepte) des faenas standardisées des figuras, quel que soit l’adversaire affronté, sans valoriser la difficulté de certains toros ;
  • il n’exige pas, notamment pour les cartels de figuras en France, une présentation des toros en adéquation avec l’importance des arènes, ce qui enlève de l’importance, de l’émotion au spectacle ;
  • il se laisse imposer des cartels standards ou des mano a mano artificiels qui ne laissent pas de place à des toreros jeunes, ambitieux qui peuvent faire évoluer un système figé, faire « bouger les lignes »…

Conséquences :
Les figuras se maintiennent entre elles dans les cartels des grandes arènes françaises ou espagnoles (1 ère et 2ème catégorie) qui se remplissent, alors que les cartels des autres corridas, trop marginali sées (à l’exception de certaines arènes spécialisées ou Las Ventas de Madrid) attirent le plus souvent un faible public.

L’aficionado, par son action auprès des empresas, de la presse spécialisée (trop conformiste), des municipalités et, en France, dans les Commissions Taurines, doit faire pression sur les responsables du système pour reconsidérer leur manière de gérer le monde taurin qui apprécie parfaitement le maintien du statu quo. Il leur permet, sur l’instant, de maintenir leur pouvoir et protéger leurs finances du moment et leur influence. Mais quid du lendemain ? Par les temps qui courent, dans une civilisation de plus en plus déstabilisée, l’aficion doit rester vigilante, ne pas perdre son temps dans des querelles stériles qui n’intéressent que des marginaux et donnent parfois des arguments à nos vrais adversaires. Elle doit se concentrer, se regrouper pour la défense des fondamentaux qui permettront à la corrida de se maintenir dans une époque difficile, tant au niveau économique qu’existentiel. La solution n’est pas dans la critique systématique, car la corrida est un spectacle difficile, avec des imprévus et des impondérables qui ne sont pas maîtrisables. Ce n’est pas une « science exacte ». Pour autant, il ne faut pas accepter ce qui dès le départ est basé sur des critères inacceptables, qui ne conviennent qu’à ceux qui en profitent.

L’aficion et surtout ses représentants ou ses porte-parole ne doivent pas se laisser endormir par des « faveurs » faciles qui ne coûtent rien à ceux qui les « distribuent » mais qui profitent ensuite de leur « passivité » pour conforter leur pouvoir et maintenir le système. Plus l’aficion se réunit pour défendre ses valeurs et notre tradition, plus elle sera forte pour repousser ceux qui veulent les détruire ou ceux qui veulent profiter de la situation.

Nos adversaires, quels qu’ils soient, savent que c’est dans nos divisions qu’ils trouveront leur force. Les exemples dans le monde taurin français sont multiples et vérifiables. Certains ont su très bien le faire, avec des effets malheureusement négatifs pour l’aficion. Il ne s’agit pas de tout « fondre dans un même moule » mais de conserver la lucidité indispensable pour défendre nos fondamentaux. Car les détenteurs du pouvoir savent parfaitement flatter les « ego » pour mieux les utiliser sans qu’ils s’en rendent compte. De même, ne tombons pas dans les extrémismes car face à nous, nous avons un mélange de courants aux motivations et tendances « philosophiques » très étranges, qui se réunissent parfois sur des objectifs plus ou moins avouables. L’HISTOIRE se renouvelle.

L’aficion doit pouvoir vivre sa passion basée sur des goûts différents, mais doit savoir se réunir sur des idées fortes qui sont l’essence même de notre raison d’être « aficionados ».

Edito n° 8 – Novembre 2013