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LLAMA (Cajamarca Pérou) Cayetano ORTIZ trophée du triomphateur

111391976_oOREJA PARA JOSELITO CALDERÓN, MANOLO MUÑOZ Y PREMIO PARA CAYETANO ORTIZ EN TERCERA DE LLAMA (CAJAMARCA)

Domingo 26 de junio de 2016. Corrida de toros mixta. Tercera de la Feria de San Juan Bautista. Tres cuartos de entrada en los tendidos. Dos astados de Paiján (1º y 2º) y uno de El Paraíso, desiguales de presentación y juego. Participantes el novillero peruano Joselito Calderón, el matador venezolano Manolo Muñoz y el francés Cayetano Ortiz.

Joselito Ordoñez, oreja
Manolo Muñoz, oreja
Cayetano Ortiz, palmas

Sábado 25 de junio de 2016. Corrida de toros. Segunda de la Feria de San Juan Bautista. Plaza llena. Cuatro toros, uno de San Pedro (1°), uno de Paiján (2°), uno de El Paraíso (3º), uno de La Viña de Lambayeque (4º), desiguales de presentación y juego. Alternantes el venezolano Manolo Muñoz, el francés Cayetano Ortiz y la peruana Milagros Sánchez « Milagros del Perú ». Cayetano Ortiz salió a hombros de la plaza.
Cayetano Ortiz (1° y 4°), silencio y dos orejas
Milagros Sánchez « Milagros del Perú » (2°), silencio tras dos avisos
Manolo Muñoz (3°), palmas

Viernes 24 de junio de 2016. Corrida de toros. Primera de la Feria de San Juan Bautista. Plaza llena. Cuatro toros, uno de El Paraíso (1º), uno de La Viña de Paiján (2º) y dos de Paiján (3º y 4º), nobles y de buen juego en general. Alternantes los matadores peruanos Víctor Huga Garavito, Milagros Sánchez « Milagros del Perú », el venezolano Manolo Muñoz y el francés Cayetano Ortiz.
Manolo Muñoz fue herido de la mano derecha. Cayetano Ortiz salió a hombros de la plaza.
Milagros Sánchez « Milagros del Perú », vuelta al ruedo
Manolo Muñoz, silencio
Víctor Hugo Garavito, oreja
Cayetano Ortiz, dos orejas y rabo

ÉDITORIAL – JUIN 2016

métalLE MONDE EST EN CHAMAILLE… JE REVIENS CHEZ NOUS

Je vous avais quittés après la 15ème corrida de toros de la San Isidro avec la tristesse que m’a causée le début de la principale Feria du monde. Je reconnais que quelques rayons de soleil sont venus nous apporter de meilleures sensations mais les fondamentaux du Madrid 2016 restent malheureusement les mêmes.
Comment l’empresa de Madrid peut-elle présenter deux lots de toros de la ganaderia d’Alcurrucen si différents ? Au niveau du trapio (configuration harmonieuse du toro correspondant à son encaste), la comparaison entre les toros du 20 mai avec El Juli et Castella et le 24 mai avec Urdiales, David Mora et Roca Rey était criarde. Heureusement pour la justice (pas pour les spectateurs), ce sont les toros du 24 mai, plus imposants et harmonieux que ceux des Figuras, qui ont eu le meilleur comportement dans le ruedo : bravoure et combativité. Comme quoi… Cela a permis à David Mora qui revenait à Madrid 2 ans après sa grave blessure, de triompher avec beaucoup d’émotion en coupant les 2 oreilles du magnifique 2
ème Alcurrucen, Malagueño, qui fut honoré du mouchoir bleu de la Vuelta al Ruedo. Je pense que David Mora aurait pu créer une autre œuvre d’art devant ce grand Alcurrucen mais le public, comme le Président, s’est laissé entraîner par l’émotion des circonstances du combat et la grande estocade de Mora. Le public n’eut pas la même attention le même jour vis-à-vis d’Andrès Roca Rey qui méritait une oreille. Ils n’ont pas voulu le voir ? J’ajouterai dans mes satisfecit la casta de l’ensemble du lot de toros de Baltasar Iban qui s’est imposé à ses 3 valeureux adversaires, même si l’admirable Camarin a permis à Alberto Aguilar de couper une oreille méritoire. Il semble que l’apport récent de sementales de Pedraza de Yeltes ait apporté plus de trapio aux toros d’El Escorial, sans toucher au tempérament typique de l’encaste créée par Don Baltasar Iban en 1957 après le croisement des origines Contreras et Guateles. Il est vrai que la tendance actuelle du trapio des plazas de 1ère catégorie nous privait de ces toros madrilènes que nous avons eu la chance de voir souvent en France, pour notre bonheur, dans des arènes moins prestigieuses depuis le début des années 2000 (Aignan en 2011 et 2012). Les Biterrois ne doivent pas oublier que ces toros ont triomphé dans nos arènes : Richard Milian a coupé le dernier rabo de Béziers à un toro d’IBAN en 1987. Leur comportement notable à Vic pour Pentecôte 2016 semble confirmer qu’il faudra compter à l’avenir sur cet élevage. Enfin !
Autant j’ai apprécié les Victorino Martin dont 3 toros, sans atteindre des sommets, permettaient le succès d’Abellan et surtout du Cid qui a perdu la confiance et la maîtrise indispensables pour affronter ces toros. Pourtant ce sont eux qui l’ont fait connaître. Les années sont passées par là.
Autant les Adolfo Martin n’ont pas démontré la bravoure et la combativité habituelles. Certes Sébastien Castella a assuré une belle faena face à son adversaire mais pas dans le style que le public attendait devant cette ganaderia. Ils n’ont pas voulu le voir, certains, toujours les mêmes, l’ont même perturbé dans le déroulement d’une faena pleine de temple et d’esthétique qui manquait un peu d’émotion à cause de son Adolfo un peu fade et de l’estocade.
Ma grande satisfaction est d’avoir pu revoir dans le lot de Victoriano del Rio de la Beneficienca, 3 exemplaires de qualité alliant à leur physique traditionnel, une solidité, un comportement de toro bravo, que je ne leur connaissais plus depuis 2 ans où la mansedumbre (comportement de manso) et même la force me faisaient craindre une perte de caste inquiétante. Nous avons pu à l’occasion de cette prestigieuse corrida présidée par le « Roi Emérite » Don Juan Carlos, le comportement si versatile du public de Las Ventas qui obtint 2 oreilles (inattendues cependant pour une partie du public) en faveur de Lopez Simon, régional de l’étape puisque natif de Barajas. La très bonne estocade du jeune madrilène ne peut justifier une nouvelle fois des trophées que j’estime exagérés et peu compréhensibles devant un toro à la charge franche et infatigable. Le torero a montré, certes sa tendance de toreo vertical qui ne m’émeut pas, mais aussi un bagage insuffisant avec la cape, tant dans la brega que dans les quites. Un secteur du public très froid envers Sébastien (parfois même à nouveau désagréable) espérait déstabiliser Jose Maria Manzanares, comme ils l’ont déjà fait par le passé aussi envers lui, mais le jeune
Manzana les a pris de vitesse par une magnifique réception de Dalia le 5ème Victoriano, par des véroniques magnifiques. Dès le premier quite, les chicuelinas mains basses, exceptionnelles, dignes de celles de son père, enflammèrent le grand public enthousiasmé et les autres ne purent que se taire. La faena de muleta commencée par les derechazos habituels pour templer la charge du grand toro, s’est conclue par des séries de naturelles exceptionnelles. La grande estocade a recibir ne pouvait se conclure que par la sortie triomphale de Jose Maria Manzanares qui a été déclaré unanimement triomphateur de la San Isidro, avec une mention spéciale pour le débutant Roca Rey.
Ces éclairs ne changent rien à mon analyse initiale. Ils ne font que confirmer qu’une grande partie de ces problèmes vient d’accords tacites entre l’empresa, les ganaderos, les apoderados, les veedors des figuras qui amènent à Madrid des toros inaptes et qui désespèrent l’aficion.

La temporada continue avec la présence du Maestro Jose Tomas à Alicante. Ce mano a mano avec Manzanares peut atteindre des sommets, suivant la qualité des toros présentés.

affiche feria 2016jpgRevenons dans le Biterrois : la Feria des Novilladas de Boujan s’est déroulée avec un succès populaire intéressant malgré le très mauvais temps de samedi. Les organisateurs travaillent avec passion pour ancrer cette féria dans la tradition taurine biterroise. La persévérance peut apporter les résultats espérés. Tout en restant fidèles à leur projet, les organisateurs doivent certainement bien remater (parfaire) leurs cartels. Il est vrai que l’édition 2015 avait été particulièrement choyée au niveau des novilleros. Ma préoccupation est toujours la même : peut-on maintenir deux Ferias, juin et août, et une corrida de toros en octobre, dans la plaza de Boujan ? Peut-être si les arènes du Plateau de Valras continuent à se limiter à la Feria d’août. Quant à la Feria de Béziers, elle a été annoncée officiellement le 3 juin. Peu de commentaires qualitatifs sur les cartels. La grande majorité des toreros se justifient, même si j’aurais préféré, comme beaucoup d’aficionados, que la mixte avec Pablo Hermoso soit remplacée enfin par une corrida de toros traditionnelle, avec 3 toreros à pied au paseo. Il n’en manque pas. En ce qui concerne les toros, il est regrettable qu’à ma connaissance, aucune photo ou vidéo des exemplaires retenus n’aient été présentées à la Commission Taurine. Les visites non officielles au campo ne me paraissent pas répondre à ces critères. Quant au choix des ganaderias qui restent dans la catégorie des in, je regrette que depuis 10 ans, ce choix réservé à 5 élevages, à l’exception des Alvaro Domecq en 2014 (pour résoudre des engagements antérieurs de l’empresa, étrangers aux arènes de Béziers), soit si restrictif et enlève à l’aficion un intérêt de découvrir ou revoir.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 38 – Juin 2016

ÉDITORIAL – MAI 2016

MADRID, MADRID, ME PONGO TRISTE AL VER LO BIEN QUE TU TE VISTES SI SE VAN A REIR DE TI*

Le talent de Nilda Fernandez était inspiré par sa divine muse pour l’écriture du texte et de la mélodie de cette adorable chanson créée en 1987 qui est plus nostalgique que désespérée. Ce Madrid a bien entendu changé mais c’est pour d’autres raisons qu’il m’attriste plus que l’artiste devant les inepties et la lâcheté de nos adversaires, assurés de la protection ou de l’immobilisme des pouvoirs politiques et bien entendu la complicité de plusieurs médias. Ils n’ont aucun sentiment de honte, sans retenue, pour prendre les initiatives les plus perverses contre les tauromachies qu’a connues notre ancien continent depuis des millénaires avant de traverser l’Atlantique avec les découvreurs. Le Révisionnisme a toujours été utilisé par les extrémistes de tout bord pour cacher les abus et les crimes de leurs prédécesseurs quand ils voulaient améliorer leur image pour convaincre les nouvelles générations. Dans une autre phase de leurs agissements, certains utilisent même les camps de redressement pour inculquer leur bonne parole aux récalcitrants, parfois jusqu’à l’extrême. Nous assistons actuellement à un déchaînement des antis sous toutes ses formes. Surveillez-les vegans, ils sont chez nous. La conception abominable de l’exposition organisée ces jours-ci à Madrid dans le Circulo de Bellas Artes sous le titre « les autres tauromachies », n’a pour objectif que de « réviser » (faute avouée mais que nous ne devons pas leur pardonner) l’œuvre de Goya : « Goya, pionnier du mouvement anti taurin ». Rien ne les arrête puisque les pouvoirs publics leur montrent le chemin. Après avoir voulu attaquer la mémoire de Dali « fasciste » (il n’était certes pas de la pensée unique), pourquoi pas Goya anti-taurin. Je ne rentrerai pas dans le détail des errements (sans preuves) de cette organisation mais je tiens à signaler que le personnage caché sous le titre pompeux de Commissaire de l’exposition a cautionné cette affirmation « les toreros sont des psychopathes ». Pour terminer avec cette mouvance, je tiens à vous faire remarquer que les fameux « Robin des Bois » dont on nous a fait avaler en France toutes les déclarations scientifiques vertes, ne nous ont pas oubliés dans leur rapport sur les pollutions en qualifiant la tauromachie de « psychotoxique ». Comment peut-on continuer à prendre au sérieux ces gens-là ? Ils ont tout leur temps pour avancer leurs pions sans le moindre scrupule intellectuel. Je tiens à signaler à tous les animalistes de tout poil que le Pape François, qui a pourtant souvent montré son intérêt pour la cause animale, vient de déclarer qu’il était regrettable de constater que certains montrent plus de compassion pour les animaux que pour les difficultés de leurs voisins. Cette déclaration n’a pas été reprise par la majorité des médias ! Comme par hasard. Qu’ils se regardent tous sincèrement (?) dans une glace. Mais connaissent-ils la signification de sincérité et encore moins d’honnêteté intellectuelle. Seul leur objectif final compte.

Mais revenons aux grandes Ferias 2016. J’aime bien Madrid que j’ai bien connu entre 1990 et 2010. J’aime son animation, le goût de vivre des madrilènes et leur histoire. Même si j’adore Séville et sa Maestranza, je reconnais que Las Ventas est bien le centre mondial de la tauromachie et la structure qui doit rester la référence de l’intégrité de la corrida dans le monde. Malheureusement, pas toujours à bon escient, depuis quelques temps, surtout quand le public en rajoute. Certes depuis 15 ans je ne puis assister à une corrida assis dans les tendidos sol, « 3 – 5 et 7 de Las Ventas à cause d’un groupe d’extrémistes (je n’en aime aucun) qui détruisent l’ambiance par leurs sifflets anticipés pour déstabiliser certains toreros, selon leurs a priori. Je ne supporte plus leur voisinage. Laissez-le commencer à toréer selon ses critères et sa connaissance du bétail. Laissez le public faire sa propre idée. S’il ne vous satisfait pas, marquez-lui ensuite votre réprobation. Heureusement, la télévision me permet de voir et revoir en direct ou en différé les corridas de Las Ventas. Je trouve le public assez passif cette année alors que nous voyons un bétail décevant, tant par sa faiblesse, sa morphologie que par sa mansedumbre qui lui fait abandonner le combat dès que le torero lui prend le dessus. Nous assistons à nouveau à un début décevant de San Isidro 2016. « Madrid, Madrid, me pongo triste ». Heureusement, nous avons pu apprécier à nouveau les qualités hors du commun du jeune Andrès Roca Rey pour son intelligence, la maîtrise de sa technique, son assurance, sa volonté extrême de triompher digne et sans tomber dans la vulgarité malgré des adversaires compliqués. Quelle estocade sincère et engagée devant le deuxième Cuvillo qui, comme durant toute la faena, restait tête haute. Il n’y avait aucune possibilité de passer la corne et pourtant 2 oreilles triomphales. Vous connaissez les qualités toreras, le temple de Talavante que vous avez appréciés plusieurs fois sans oublier son pundonor démontré face à son deuxième Cuvillo, violent et « sin un pase ». Le Fuente Ymbro manso en tablas pour sa deuxième corrida ne présentait aucun problème majeur pour faire sa faena et conclure par une bonne estocade : une oreille un peu généreuse pour Madrid. Pourquoi une partie de la presse taurine officielle qui prolifère sur internet, s’est cru obligée d’apprécier au même niveau les prestations de Talavante et de Roca Rey, alors que le jeune Péruvien a fait l’unanimité du public et des professionnels indépendants ! Pour conclure sur les 15 premiers festejos, nous devons parler de l’impressionnante et grave blessure du jeune novillero mexicain J.D. Adame (1 oreille) et de Filiberto face à des novillos de Montecillo. De ce fait, Juan de Castilla dut en toréer 4 et montra des qualités intéressantes (1 oreille). Il faut noter en plus de Juan Bautista, très bien devant le bon Montealto qui ouvrait la Feria, les succès d’Ureña (1 + 1 oreille) toujours très courageux et en progrès qui connecta très bien avec le public de Las Ventas, notamment devant le très bon 6ème Pedraza. Plus brouillon à mes yeux devant les toros du dimanche 22 mai (Las Ramblas) où il démontra surtout une volonté exacerbée pour convaincre son public. Je souhaite le voir moins racoleur auprès du public et aussi plus respectueux de ses collègues de cartel qu’on ne laisse pas tomber à Vic face aux Victorino pour une petite cornada envainada (sous-cutanée) qui aurait pu attendre. Nous sommes plusieurs à avoir remarqué ce détail. C’est dommage car sa technique est efficace, son courage est admirable et ses épées engagées malgré deux pinchazos aux deux toros récompensés. Pourtant le public de Las Ventas a souvent montré par le passé, plus de retenue dans ces cas-là. Il ne faut pas confondre émotion (indispensable en tauromachie) et sensiblerie.

Madrid, Madrid, me desesperas de tanto mover las caderas. Se van a reir de ti. **

Pour les toros, le constat est de plus en plus préoccupant depuis le début de la temporada. Nous pouvions espérer que Madrid nous permettrait de montrer qu’il ne s’agissait que de mauvaises circonstances. Le mécontentement du public madrilène sur leur comportement décevant tant pour leur faiblesse, leur mansedumbre et même si sa morphologie est satisfaisante. Cela agit aussi sur le comportement et la volonté du torero qui voit trop souvent son adversaire abandonner le combat dès qu’il lui prend le dessus dans la faena. Le début de cette San Isidro est vraiment désolant. J’ai évalué pour le moment, un toro valable sur 6 en moyenne. Madrid, Madrid, me pongo triste.

Ne sous satisfaisons pas trop des difficultés madrilènes car la référence correspondante de la Feria de la Pentecôte Nîmoise, tant au niveau de la bravoure, de la faiblesse des toros, sans oublier le trapio est nettement insuffisante pour la première arène française. Je préfère ne pas rentrer dans le détail mais c’est vraiment préoccupant alors que Nîmes dispose d’une arène unique au monde, au passé prestigieux. Son histoire ne mérite pas ça. Reprenez-vous ! Ce n’est pas en offrant (?) deux fois le septième que l’organisation et je dirais même la Ville, vont résoudre le problème (il est vrai qu’il n’y a même pas de commission taurine et que la Ville n’adhère plus à l’UVTF). Quelle tristesse mais aussi quelle colère !
Nîmes, Nîmes, je me sens triste
.

La Feria de Vic n’a pas connu de succès évident malgré un grand toro de Los Maños dans la Concours, des Baltasar Iban intéressants mais dont 3 furent touchés par la perte de sabots, comme 3 Valdellan. Pourtant nos amis vicois avaient fait le maximum pour que leur Feria soit une réussite. Je pense que le problème ne vient pas de l’humidité des corrales (en si peu de jours) mais de conséquences d’élevages et de nutrition mal équilibrés pour accélérer l’alimentation et bien remater leur présentation. Nous avons constaté, en plus de la perte de sabots, des problèmes de boiterie, de ruptures brutales de ligaments dus à des déséquilibres alimentaires et pathologie infectieuse des onglons des sabots.

Si nous revenons sur nos terres biterroises, nous devons tous regretter le refus par les vétérinaires madrilènes du lot de Robert Margé. C’est regrettable surtout pour le ganadero mais aussi pour l’aficion locale qui attendait beaucoup de cette présentation à San Isidro, comme reconnaissance ultime de notre ville par le monde taurin. Habitué par cinq années d’organisation aux arènes d’Aranjuez (2ème catégorie), j’ai appris, à mes dépens, l’état d’esprit des membres du Collège Vétérinaires de la Communauté de Madrid, qui exercent aussi à La Ventas, leurs exigences et leur comportement intransigeant. Je n’ai pas vu les toros envoyés à Madrid au campo mais je ne suis pas surpris que, malgré les efforts des ganaderos, la majorité des toros ait pu être refusée. L’erreur me paraît venir surtout du représentant de l’empresa madrilène qui les avait approuvés quelques semaines avant. Il connaît parfaitement les critères. Cette évolution du toro de Madrid vient après l’excellente gestion de Don Livinio Stuyk jusqu’en 1970 qui créa le prestige de Las Ventas et de la San Isidro, l’arrivée de Don Manuel Martinez  Flamarique (Manolo Chopera) qui a mis les corridas de la San Isidro et de la temporada madrilène à un très haut niveau mais apporta un changement important au trapio des toros. Don Manuel Chopera, habitué aux toros des arènes du nord, donna priorité à la présentation des toros de Madrid et au choix des ganaderias. Il visitait les toros lui-même au campo une première fois, 6 mois avant la San Isidro. Il est vrai qu’il gérait en plus quasiment toutes les grandes arènes du nord de l’Espagne, plus celles du sud-ouest de la France. Il avait fait ce choix avec sa grande compétence et son autorité sur le monde taurin. Le système a donné satisfaction. Malheureusement, à mes yeux, les empresarios qui ont suivi : Famille Lozano et Martinez Uranga n’ont pas eu la force dans leur négociation avec les figuras. Les nouveaux empresarios et les vétérinaires ont confondu bascule et trapio, obligeant les ganaderos à préparer des toros moins structurés et à les engraisser en accéléré et où des 5 ans ont plus de difficultés à charger pendant toute la faena. Les figuras ont imposé un type de toros qui s’adapte mal au trapio de Madrid.

Madrid, Madrid, me desesperas de tanto mover las caderas. Se van a reir de ti.

En ce qui concerne la temporada 2016 de Béziers, nous sommes toujours dans l’expectative, même si nous avons entendu beaucoup de rumeurs pendant l’hiver et ces dernières semaines : festival taurin bénéfique, prévisions de cartels, conversations pour l’inclusion de Gaëtan Ortiz dans les cartels… Il est regrettable que les actions de l’autorité municipale ne s’appliquent pas sur le contenu de la temporada au niveau des ganaderias et de la structure de la Feria. Regardons ce qui s’est passé cet hiver à Dax, Mont-de-Marsan et Bayonne où les clubs taurins sont consultés officiellement. La plupart du temps, ils arrivent à un consensus, animés par l’intérêt de la Feria et de leur ville. Nous disposons à Béziers d’une Commission Taurine qui ne s’est pas réunie avec un ordre du jour adéquat depuis quelle date ? Nous devrions être informés après le 2 juin enfin et mis devant le fait accompli. Conservons notre alegria et nos illusions d’aficionados puisque du 3 au 5 juin La Feria des Novillades, organisée par Toros y Campo, va se dérouler à Boujan sur Libron. Nous pouvons nous attendre à des combats intéressants, avec des novillos d’encastes exigeantes : Escolar Gil d’origine Santa Coloma – Valverde d’origine Comte de la Corte, élevés en France depuis 4 ans, qui ont connu des résultats intéressants notamment lors des Ferias d’Alès 2015 et 2016.

Le novillero vénézuélien Manolo Vanegas qui a démontré son expérience lors de ses dernières sorties, annoncé aux deux novilladas avec picadors, est la base des cartels. Nous attendons avec intérêt le comportement du jeune français Tibo Garcia, espoir des sans picadors 2014 et 2015.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 37 – Mai 2016

* MADRID, MADRID, je me sens triste de voir le bien que tu t’habilles. Ils vont rire de toi.

** MADRID, MADRID, tu me désespères de tant bouger tes hanches. Ils vont rire de toi.