DE PATRICE QUIOT 17 MAI 2023, Las Ventas

A l’occasion de récentes recherches pour la réalisation de prochains éditos, j’ai retrouvé le « poème » du grand aficionado Patrice Quiot, paru en 2023 sur le site Toro Fiesta, suite à une novillada de la San Isidro. Outre le talent et les connaissances de notre grand érudit nîmois, ce texte, dans son style si personnel, est basé sur la personnalité de « notre » jeune torero andalou Parejo. J’en ai retiré des extraits représentatifs qui montrent le grand respect et l’intérêt que lui porte notre intellectuel-poète-aficionado.
Ce texte vous est présenté avec l’autorisation de l’auteur et de Paul Hermé, responsable du site.

Benditas sean las c… de Parejo…
Madrid Plaza de toros de Las Ventas
Mercredi 17 mai
De Zaragoza viennent les deux Cardenos
Lui de Chiclana, mais aussi de Béziers ; vingt-trois ans il a
Et de la Meseta souffle le vent
Va « Embajador » le 72, son premier
Un Saltillo
Trois véroniques de plénitude
Le genou en terre
Lui au-delà de la seconde raie, en blanc

Le Cardeno s’arranque
La tête à mi-hauteur
L’ambassadeur annonce tout de suite
Que l’entrega n’est pas son truc

Talleyrand
Plus que Chateaubriand
Un diable
Compliqué
Est le 72
Et de la Meseta
Souffle
Le vent
Le tout en panneau
Danger
Goudron
Mais c’est Madrid, là où il se présente
En début de San Isidro
Et seize mille spectateurs
Alors « Decidio apostar Parejo (1a)» lira-t-on le lendemain
Et comme un pioupiou sur le front de la Somme,
Il va par statuaires
De franchise et droiture
A la seconde sur le piton droit

Llega la voltereta, tremenda
Una de susto comme un shrapnell (1) (2a)
Il reprend là où il fut interrompu
Altier
Comme un fantassin de l’An II
Déterminé
Comme un vigneron d’Argelliers (2)
En 1907
Le Cardeno est violent
Pire est le vent
Naturelles de face
Qui disent ce qu’il est
Torero depuis que su madre le pario
La chose est impossible
Meritoria faena que resultó compleja de rubricar con el acero por la condición del astado de mover la cara para un lado cuando el novillero se cruzaba y colocaba ». (3a)
Lira-t-on encore le jeudi.
La vertu de ses cojones
Est restée vaine.
 
«Tostadino» s’appelle son second
Muy Santa Coloma
De cuajo y cara. 

Et de la Meseta 
Souffle 
Le vent
 
« Comenzó Parejo con buen ton sobre la diestra, cargando la suerte y llevando muy toreada la embestida» lira-t-on. (4a)
 
On peut difficilement mieux faire 
Cela veut presque dire 
A gauche, le cárdeno est fuyard et soso.
 Et se met dans les planches.
 
« No se amilanó (5a) el novillero que continuó intentando ordenar las embestidas ».
 
Mais 
« Que voulez-vous que la bonne y fasse
 Quand le petit ne veut pas téter ? »
 
Un pinchazo et une entière trasera dessoudent le cárdeno.
 
Ovation
« Estaba ya la tarde metida en ambiente denso…
Parejo siguio cotizando una buena tarde, llena de valor » commentera la presse le lendemain (6a)
Cela veut dire des couilles
Et un torero

Aussi bien
A Chiclana
Qu’à Béziers

Commentaire :
La seule ovation du public fut pour Christian Parejo
Annexes :
(1) Projectile militaire créé pour ses effets meurtriers sur les troupes ou à découvert
(2) Marcelin Albert, cafetier d’Argeliers prit la tête de la Révolte des Vignerons du Midi en mai 1907 qui réunit 600 000 manifestants à  Montpellier. Incidents graves à Narbonne (7 morts). Manifestation à Béziers : les soldats du Régiment d’Agde se mutinent et viennent à Béziers soutenir la population contre l’Armée.
Traductions :
(1a) Il décida de parier Parejo
(2a) La voltereta arriva, terrible – Une d’effroi comme un shrapnell
(3a) Faena méritoire qui s’avéra complexe à conclure avec l’épée par le comportement de l’animal bougeant la tête quand le novillero se croisait et se positionnait face au novillo
(4a) Parejo commença sur un bon ton par la droite, chargeant la suerte et positionnant la charge très templée
(5a) Le novillero ne se découragea pas continuant à essayer d’ordonner les charges
(6a) L’ambiance de la tarde était extrêmement tendue. Parejo continua accomplissant une bonne tarde pleine de courage

Dans l’édito d’avril, nous ferons le point sur le début de la temporada après les Ferias d’Arles et de Séville, sans oublier Castellon, Valencia et les débuts étonnants de notre jeune Esteban Navarro, vainqueur du Trophée Castella de Bellegarde pour son premier paseo en costume de lumières.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU

Esteban Navarro à Bellegarde (30)