STONE, CE MONDE EST STONE,
JE CHERCHE LE SOLEIL AU MILIEU DE LA NUIT
JE NE SAIS PAS SI C’EST LA TERRE QUI TOURNE A L’ENVERS…
Ces vers, extraits de l’opéra-rock Starmania, sont adaptés au fonctionnement du monde taurin espagnol et français. Ce monde est fou, ne tourne pas rond et les lumières qui devaient l’éclairer restent trop éteintes.
Contrairement au personnage de Plamandon qui se désespère et reste abattu, je veux réagir et défendre l’avenir de la tauromachie de nos terres du Sud.
Morante de la Puebla a eu un rôle majeur dans les trois dernières temporadas en réveillant l’esprit de COMPETENCIA et d’ENTREGA qui a rempli les arènes tout en créant une jeune aficion. Je crains que l’annonce du retour « ciblé » de Morante ne puisse plus répondre éternellement à toutes les inquiétudes. Ce sont les accords et les échanges des empresas-apoderados qui bloquent l’absence d’émulation et freine l’arrivée de nouveaux toreros « non protégés ». Ils devraient penser à l’émergence de nouvelles personnalités pour bâtir l’avenir ou leur système bloqué nous ramènera aux périodes déficitaires et nous enlèvera l’alegria que nous avons pu connaître.
J’ai choisi le cas du jeune torero andalou Christian Parejo qui, après ses débuts intéressants à Chiclana à l’Escuela Francisco Montes Paquiro, vint dans nos terres à l’Ecole Taurine de Béziers. Il put rapidement, avec les conseils et le travail de Tomas Cerqueira, montrer ses qualités dans les novilladas sans picador en remportant le prix du triomphateur des Arènes du Sud-Ouest. L’année suivante, il confirma en devenant le premier novillero à remporter, la même année, les trophées du sud-ouest et du sud-est dans la catégorie avec picador.
Malgré une fracture du péroné, il confirma ses qualités en Espagne : Finaliste du Zapato de Plata d’Arnedo (annulée par le Covid), meilleure faena de la Feria d’Arganda del Rey en 2022 (2 oreilles) et sa présentation remarquée à Las Ventas de Madrid. Il revient dans a capitale madrilène et se qualifie (1 oreille) pour la Finale des Novilladas de l’Eté de Las Ventas qu’il ne peut terminer après une cornada à son premier toro. Malgré ce, il pourra prendre son alternative à Béziers des mains de Sébastien Castella avec qui il sortira en triomphe, dans des arènes qui lui ont fait confiance dès ses débuts. En 2024 (10 corridas – 14 oreilles) pour sa première temporada de matador : Béziers, Istres, Saint-Gilles pour le sud-est alors que dans le sud-ouest il ne peut toréer qu’à Aignan (1 oreille au Baltasar Iban) et à Bayonne où il triomphe en coupant 1 oreille face à son toro compliqué de la Corrida de l’Opportunité.
Malheureusement, en 2025, malgré le triomphe d’Aignan pour Pâques (3 oreilles) où il a convaincu tous les aficionados et les professionnels présents, il ne torée pas dans les corridas des férias du sud-ouest. Il terminera sa temporada grand triomphateur des arènes de Béziers (4 oreilles) et son encerrona à Boujan (5 oreilles) avec le premier no hay billetes de son histoire.
D’autres toreros comme Clemente…, ont connu cette situation malgré leurs succès antérieurs, immobilisés par le système.
Je regrette d’autant plus ce comportement « espagnolisé » que dans mon édito de janvier 2019 « Je me suis pris à rêver… », je confirmais que le sud-ouest, où j’ai organisé corridas et novilladas pendant près de 20 ans, avait le fonctionnement le plus performant de France.
L’implication des municipalités et des aficionados a permis de sauver les arènes de Bayonne il y a près de 40 ans. J’avais mis en exergue notamment, le fonctionnement des corridas à Dax en Régie Municipale, avec une Commission Taurine efficace à qui mon ami Pierre Molas avait permis de donner une image de qualité dans tout le monde taurin. Leur comportement permettait de négocier avec les professionnels espagnols en toute indépendance. Cette solution a permis de maintenir 4 arènes de 1ère catégorie dans les départements du Gers, Landes et Pyrénées plus de nombreuses arènes de 2ème catégorie de qualité.
En ce qui concerne les arènes majeures méditerranéennes, il faut noter que Christian Parejo n’a pas encore été invité à confirmer son alternative à Nîmes, malgré ses triomphes à Béziers, Bayonne, Istres, Saint-Gilles, Aignan… et son comportement reconnu pour sa confirmation à Madrid. Quant à Arles, c’est un mystère : Christian Parejo, triomphateur sur les temporadas françaises comme novillero pendant 2 ans, n’a jamais fait le paseo en 6 ans dans cette historique arène !
J’ai pris le cas de Christian Parejo car je connais ses qualités, tant pour sa tauromachie que pour son envie et ses rapports avec l’aficion française qui, en toute logique, attend beaucoup de la temporada 2026.
J’espère que des éléments extra-taurins qui tournent autour des organisateurs de corridas et des municipalités correspondantes, ne viendront pas détruire la singularité des organisations françaises du sud-ouest.
Quant aux empresas de Nîmes, d’Arles et de Béziers, qu’elles confortent leurs relations avec l’UVTF et l’Observatoire National des Cultures Taurines qui ont permis, en 20 ans, de stabiliser la situation de la corrida avec les Pouvoirs Publics et de faire face aux multiples attaques des divers anti-taurins. Le modèle espagnol des empresas a été un « fracaso » pendant 40 ans, conforté par le jeu de certaines Autonomies. Heureusement, les zones aficionadas ont su s’organiser au niveau politique, en relation avec la Fundacion del Toro de Lidia et les télévisions régionales aficionadas : Andalousie, Extremadura, Madrid, Valencia… pour donner l’envie à la jeunesse d’aller aux arènes et dans les écoles taurines.
Souhaitons que Christian Parejo, comme d’autres prétendants, puisse confirmer comme matador de toros son envie et sa toreria dans sa QUÊTE de reconnaissance. Il en rêve et il lutte depuis ses triomphes comme novillero. Il a quitté son pays adolescent en recherche de l’ETOILE que la France lui a apportée et qu’il veut voir s’épanouir dans les ruedos de ses succès de débutant.
« Qu’il puisse voir à nouveau la Terre Tourner à l’Endroit dans la Lumière du Soleil »
Le responsable de rédaction : Francis ANDREU