BÉZIERS PAR BÉZIERS, POUR BÉZIERS
L’annonce des cartels de la Féria de Séville nous donne la confirmation de la décision de Morante de la Puebla de reprendre son activité de matador de toros durant la temporada 2026, avec 4 corridas pour la Feria d’avril, sans oublier Jerez en mai. Sa participation à 2 corridas de la Feria del Pilar de Saragosse en octobre a été incluse dans la candidature de l’empresa Matilla à la gestion de la plaza de la capitale aragonaise pour 3 ans. Morante a précisé qu’il prévoyait de diminuer sa présence dans les cartels mais, pourquoi pas, à Madrid en septembre. Simon Casas vient de l’annoncer pour le 23 mai à la Feria de Nîmes. Le torero de la Puebla est même présent pour 4 tardes au Puerto de Santa Maria au mois d’août et à la Goyesca de Ronda en septembre.
En France, les 3 arènes principales viennent de présenter leurs programmes pour les Ferias 2026 :
– Arles ouvrira, par sa Feria de Pâques le 4 avril, avec des cartels classiques marqués par l’absence de Sébastien Castella (?) ainsi que celle de Borja Jimenez apodéré, il est vrai, par un professionnel « indépendant ». Quant à Christian Parejo, il ne fera pas encore le paseo dans l’amphithéâtre arlésien. Pourquoi ? Il semblerait que l’empresa Jean-Baptiste Jalabert aurait un problème avec la tauromachie à Béziers. Le jeune Marco Pérez est inclus dans les 2 cartels de la temporada arlésienne : le 4 avril avec Manzanares, Talavante et dans la Goyesque de la Feria du Riz avec Roca Rey.
Les cartels de la Feria de Nîmes présentent plusieurs intérêts. Outre la présence de Morante, la majorité des toreros en tête de l’escalafon feront le paseo pour Pentecôte. Je remarque particulièrement la corrida du lundi avec les toros de Pedraza de Yeltes pour un mano a mano Borja Jimenez/Clemente.
La présentation du programme de la temporada 2026 à Béziers a été marquée par le rôle de Sébastien Castella et par ses déclarations dans le très beau Théâtre des Variétés rénové. Il a démontré sa volonté de donner aux arènes de sa ville l’image qu’elles méritent. Il confirme son engagement total, personnel et professionnel en devenant le personnage majeur de l’organisation des corridas.
Nous savions que le Maestro biterrois avait injecté récemment des capitaux qui le positionnent comme sauveteur et actionnaire majoritaire de la société Betarra. Tant dans son édito contenu dans le dossier de presse que dans sa présentation dans la salle des Variétés, on remarque son désir de « moderniser sans trahir notre essence, innover sans renoncer à nos racines ». Cette volonté de redonner à Béziers, avec Olivier Margé, sa personnalité et sa propre identité, me rappelle la déclaration historique des sauveurs de l’édifice des arènes en 1920 «Béziers par Béziers, pour Béziers ». J’ai défendu ce message dans plusieurs de mes éditos depuis plus de 10 ans. Les aficionados présents dans le théâtre le 26 février, ont ressenti cette volonté, tant dans la forme que sur le fond.
Les cartels sont au niveau de la démarche, que ce soit dans les 3 corridas que dans la course de Rejon où le leader incontesté Diego Ventura sera accompagné de Léa Vicens face aux toros de Bohorquez. Les autres élevages choisis présentent des références de qualité. Il serait souhaitable et intéressant que les lots d’El Parralejo, Garcia Jimenez et Margé soient présentés, dans les prochains mois, sur écran géant pour confirmer l’image qualitative indispensable à ce projet, telle que nous l’avons ressentie.
Le nombreux public présent aurait pu être encore plus important sans une sélection incompréhensible à l’entrée.
Certes, les aficionados, suivant leurs goûts, peuvent toujours regretter quelques absences ou les initiatives relatives au bétail de la novillada piquée du Tastevin d’Argent. Pour moi c’est contestable mais ce n’est pas l’essentiel. La présence d’Olga Casado à la novillada du Tastevin me paraît intéressante pour le public, de même pour Clovis de notre École Taurine après ses triomphes en France et en Espagne. J’aurais souhaité que Mario Vilau, le brillant novillero barcelonais soit inclus au cartel. Il aurait pu attirer les aficionados catalans pour la journée de clôture. J’espère que la corrida de Margé du 16 août, qui clôturera la Feria, sera choisie dans l’esprit que nous avons ressenti et permettra à « nos » Parejo et Olsina de triompher, accompagnés de l’expérimenté Juan Leal.
Saluons l’initiative de la Feria Off des 7 – 8 et 9 mai avec les deux galas taurins. Elle va dans le sens du message qui doit permettre un renouveau de l’aficion biterroise.
Si l’on tient compte des programmes de la temporada taurine 2026 à Boujan, nous pouvons espérer une activité importante de tauromachie dans le Biterrois. Cela ne signifie pas que nous devons nous refermer sur nous-mêmes pour défendre notre tradition. Bien au contraire, nous devons améliorer l’image de nos arènes pour accueillir nos visiteurs et leur faire connaître nos Ferias.
Rappelons que notre ville vient de récupérer un nouvel atout avec le renouveau du Théâtre des Variétés qui va enrichir le niveau culturel de notre cité.
Le responsable de rédaction : Francis ANDREU