ÉDITORIAL DÉCEMBRE 2017

« O TEMPORA, O MORES »

L’illustre Cicéron de la Rome Antique, consul en 63 avant J.C., en prononçant ces mots, s’élevait contre la conspiration violente de Catilina et la complicité morale de la société qui permettait de banaliser les atrocités les plus énormes (pour l’époque) « O tempora, O Mores ». S’il fit échouer la conspiration, Cicéron ne fut pas pour autant magnanime en faisant exécuter les partisans de Catalina, malgré la fameuse intervention de Jules César encore sénateur. Comme nous le décrit leur contemporain Salluste, Cicéron paya plus tard cette décision et fut écarté du pouvoir et contraint à l’exil en 58 avant J.C. Cette référence tragique ne doit pas être prise au premier degré dans mes propos. C’est la fameuse déclaration latine de Cicéron « O Tempora, O Mores » que l’on peut traduire littéralement « O Temps, O Mœurs » ou « Quelle époque, quelles mœurs » qui m’intéresse. Nous pouvons appliquer cette fameuse locution latine à l’ensemble de la vie de ce début du XXIème siècle, mais ici je la limiterai à la tauromachie moderne et à son environnement. Je considère que sans le courage extrême et le talent des toreros, sans oublier la bravoure exceptionnelle des toros, la tauromachie ne serait rien et n’aurait pas intéressé le peuple espagnol pendant des siècles, qui l’a transmise à notre Sud et aux Amériques. Malheureusement, ce peuple admiratif n’est devenu qu’un public.

Ces temps-ci nous sommes envahis, à travers la complicité des médias, par des déclarations, des mises en scène, des réceptions dans des endroits branchés, des publicités du monde taurin et plus particulièrement des empresas qui se positionnent pour vanter leurs mérites et leur talent d’organisateur d’évènements et de spectacles. Le grand Manolo Chopera n’avait pas besoin de ce type de communication orchestrée. Ils oublient que ce ne sont pas eux qui nous intéressent mais leur volonté, leurs décisions qui devraient apporter au public l’émotion unique qu’est la corrida de toros et qui pourra ramener le public aux arènes et donc défendre sa survie face au monde communicant (lui aussi) des antis et des bons pensants par les tweeters et internet en général où nous pouvons lire toutes les absurdités, même non identifiées. Si nous voulons parler d’authenticité en tauromachie, nous avons deux exemples d’actualité que sont les récentes corridas triomphales de La Mexico et d’Acho. Loin de moi la volonté de décrier les toreros figuras qui sont, pour la plupart, des maestros incontournables au niveau de leur connaissance du toro et de leur technique. J’ai souvent déclaré et même écrit que sans émotion la corrida ne se justifie pas (et pourtant j’en suis un défenseur extrême).

La Mexico a connu deux évènements importants ces dernières semaines marquées par les actuations d’Enrique Ponce le 3 décembre et de Jose Tomas le 12 dans la Corrida de Bienfaisance en faveur des victimes du dernier terremoto meurtrier. Le toro mexicain d’origine Saltillo a évolué depuis plus de 3 siècles pour devenir un collaborateur particulier et même dans certains cas, un partenaire exquisito extrême qui permet aux maestros de réciter et d’exprimer un art qui peut plaire à un public moderne. J’ai le regret de penser et de dire que ce n’est pas le vrai avenir de la corrida de toros qui, dans ces conditions, va à sa perte – O Tempora, O Mores – Cependant, dans ces références récentes, nous distinguons :
l’actuation le 3 décembre d’Enrique Ponce devant le 7ème de regalo de Teofilo Gomez, qui a eu le comportement typique jusqu’à l’extrême du toro mexicain moderne. Après un comportement manso perdido dans les deux premiers tiers, il est devenu d’une obéissance extrême devant la technique optimum du maestro valencian. Ce fut une récitation comme si le toro était dressé, dont les caractéristiques étaient la délicatesse, le raffinement plus que la tauromachie. C’était une démonstration harmonieuse, esthétique, délicate… mais à aucun moment un affrontement. Je sens que je vais me faire des ennemis mais (même si l’abrazo exalté du maestro après son triomphe avec son banderillero Mariano de la Viña était sincère), j’ai le regret de dire que cela ne sert pas notre combat. « O Tempora, O Mores ».
par contre le 12 décembre, dans la corrida Monstruo de Bienfaisance avec 8 toreros, Jose Tomas revenait symboliquement en faveur des sinistrés. Ce personnage exceptionnel avait, lui aussi, choisi comme adversaire un joli toro présenté correctement. Il a su se montrer à la hauteur de la situation. Il fallait briller pour se justifier afin de donner de la dimension à son geste bienfaiteur, mais aussi lui donner une authenticité par la profondeur de sa tauromachie tout en conservant son humilité. Le maestro a voulu, face à un toro manso (sauf au cheval), réaliser un toreo à la fois humain et génial. Ce fut une grande faena, reconnu comme telle au Mexique où le torero en vint même à se jouer la vie d’une forme naturelle, très investi dans sa volonté de toréer supérieur en restant dans la simplicité adaptée à la circonstance. Ce n’est qu’après avoir fait une vuelta avec son oreille (après une estocade tendida), que son visage s’est ouvert par des sourires. Il fut HUMAIN et GRAND en même temps. La faena était visible en entier sur internet, je puis en attester. Je crains et c’est dommage qu’on ne le verra plus souvent « O Tempora, O Mores ». C’est de cela dont nous avons besoin pour que la corrida reste un mythe inexplicable qui puisse justifier, par les temps qui courent, que c’est bien un évènement unique qui se déroule dans le ruedo, où l’homme et cet animal (exceptionnels) s’affrontent jusqu’à la mort du toro. Si les maestros modernes ne comprennent pas cette nécessité de vérité et d’authenticité, le futur de notre passion est en danger. Il est certain que les figuras actuelles, dans leur majorité formés dans les écoles taurines, ont une technique impressionnante, il est vrai démontrée trop souvent devant des adversaires collaborateurs qui suivent l’engaño avec une docilité tonta. J’ai eu la chance, notamment à Bilbao de 1968 à 1978 (10 Férias), de voir les figuras de l’époque toréer le vrai cuatreño, avec peut-être quelques imperfections techniques mais avec quelle personnalité, quelle expression et une attitude qui manque trop souvent de nos jours. Récemment, j’ai vu sur internet, la comparaison entre les estocades parfaites de Paco Camino et celles du Juli (les Juli pies) artificielles. Ces dernières, certes efficaces, trompent une partie trop importante du public. Pourtant, il sait tout faire… C’était inacceptable et non accepté il y a 40 ans « O Tempora, O Mores ».

Autre exemple : la Plaza de Acho à Lima qui a toujours été un lieu prestigieux pour la tauromachie mondiale où la corrida représentait un symbole important devant un public important. Je l’ai vécu personnellement et j’ai ressenti cette ambiance spéciale qui positionnait Acho à un niveau supérieur. Depuis 5 ans, les organisateurs ont acheté des toros anovillados dans des ganaderias espagnoles réputées pour que les figuras acceptent de toréer dans cette grande feria péruvienne. Sur une vieille photo en noir et blanc du Maestro Antonio Bienvenida dans ces arènes, on s’aperçoit que le comportement du toro-toro donne l’image d’un vrai combat qui n’a rien à voir avec la corrida actuelle à Lima « O Tempora, O Mores ». Nos amis mexicains et les organisateurs actuels d’Acho, pour faciliter un spectacle, sont en train de quitter l’essence de la corrida, notamment sous la pression d’une partie du monde taurin. Nous savons que le toro est dangereux et que les ganaderos recherchent un toro brave et noble. C’est leur objectif mais attention, cette recherche a des limites qu’ils franchissent trop souvent depuis quelques temps et qui risquent de faire dégénérer ce combat unique. « O Tempora, O Mores ». Paco Camino qui était mon torero des années 60-70 (le Niño sabio de Camas avait un toreo moins froid que celui de S.M. El Viti), a répondu lors d’une conférence à la question : Il se dit qu’aujourd’hui on torée mieux que jamais ? me parece bien que lo digan, pero es que he visto torear antes… (cela me paraît bien qu’on le dise mais moi j’ai vu toréer aussi autrefois…). Le grand aficionado practico et écrivain salmantino et madrilène Felipe Garrigues concluait : Moi aussi j’ai vu toréer aujourd’hui et autrefois. Il y a de bons toreros, sans aucun doute, mais très semblables les uns aux autres. Ils manquent de charisme et de personnalité. Il y avait moins de technique mais plus de corazon et d’EMOTION. Sans cette émotion, il n’y a pas de CORRIDA « O tempora, O Mores ». Ceux qui me connaissent savent que je ne suis ni torista, ni torerista. De plus, je n’aime pas ces qualificatifs séparatistes ridicules. Je suis admirateur des toreros en général et ami de certains en particulier. Je ne puis être taxé d’adversaire à leur égard. C’est le rôle trop important des figuras sur les fondements qui me gêne.

Mais je dois arrêter de me plaindre. Dans ces jours de fêtes, compliqués dans beaucoup d’endroits dans le monde, nos amis mexicains, pourtant atteints de beaucoup de malheurs depuis des siècles, ont une philosophie particulière : Quand Mexico veut être Mexico et cela très souvent, elle ne pleure jamais. Mexico jura de ne plus jamais pleurer depuis que Quirino Mendoza composa en 1882 le fameux Cielito Lindo : Canta y no llores porque cantando se alegran Cielito Lindo los corazones ! (Chante et ne pleure pas parce qu’en chantant les cœurs se réjouissent Cielito Lindo).

Faisons comme eux. Fêtons Noël auprès des sapins et des crèches. Essayons d’oublier nos contrariétés. Terminons cette année médiocre et douloureuse pour certains par le traditionnel Bon Noël et Meilleurs Vœux. Nous parlerons plus tard de nos interrogations pour 2018.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 56 – Décembre 2017

ÉDITORIAL – NOVEMBRE 2017

MUNTANYAS REGALADAS

Muntanyas regaladas
Son las del Canigo
Que tut l’estiu flureixen
Primavera i tardor *

J’ai chanté plusieurs fois ce chant mélodieux avec mes amis étudiants catalans à Montpellier pour fêter nos victoires rugbystiques et nos soirées festives. Comme le Se Canto occitan, ce poème remonte au XIIème siècle et magnifie le Mont Canigou qui surplombe de ses 2784 m les Catalognes. On peut l’admirer à plus de 100 kms, tant au nord qu’au sud, surtout quand son sommet est couvert de neige. Les Catalans du Roussillon ont voulu, dans les années 50, renouer avec la tradition ancestrale du feu de la Saint-Jean au sommet du Canigou, le 23 juin, pour le solstice d’été. Dès 1960, les Catalans du Sud et même des Baléares se joignirent à la manifestation tant par l’envoi symbolique de fagots de bois por el foc, que par la descente de la lumière dans les plaines. Ce feu et cette flamme du Canigou pour la Saint-Jean sont avant tout un message de fraternité dans la Catalanité afin de retrouver ses spécificités dans la tolérance et sans récupération partisane et politique. De par mes racines catalanes qui proviennent des deux côtés des Pyrénées (Andreu i Mir) ainsi que par de très bons amis, j’ai pu connaître ces gens-là. Ils se caractérisent à la fois par leur générosité mais aussi par leur fierté qui peut dévier vers l’orgueil jusqu’à créer même chez certains un sentiment de supériorité sur leurs voisins, surtout en Espagne. Soixante ans après la renaissance du message de vraie fraternité de la Saint-Jean, il a été malheureusement oublié progressivement, par une partie des Catalans du Sud, malgré le maintien de la tradition grâce aux Roussillonnais. Il est vrai que la Catalogne a connu par le passé de fortes luttes intestines, tant pour les 3 guerres Carlistes (1833-1846 pour se terminer en 1876) que pour les affrontements violents déclenchés par les anarchistes contre les bourgeois capitalistes, surtout à partir de 1880, sans oublier les années tragiques de la guerre civile (1935-36…).

Ces derniers temps, on constate étrangement que l’indépendantisme bourgeois catalan et les forces de gauche extrémistes ont su se réunir, notamment il y a 7 ans, dans une flagrante manipulation, pour interdire la Corrida de Toros en Catalogne par un vote du Parlement Catalan. Cachant sous le prétexte de l’animalisme leur haine pour l’identité espagnole, ces partisans voulaient en fait la déraciner de leur territoire. Il est vrai que le terme néfaste Fiesta Nacional, a été utilisé par certains par le passé en Espagne pour qualifier la corrida. Née dans la péninsule ibérique, elle est en fait devenue un spectacle universel qui, comme tout art majeur, ne connaît pas de frontière ni de nationalité. Cela a donné un prétexte inavoué à l’Indépendantisme catalan réconcilié, pour préparer dans les séances anti-taurines du Parlement de juillet 2010, la stratégie première d’enfreindre la loi et le respect de la liberté des autres par une fuite en avant qui peut les entraîner maintenant dans la division et le chaos social (peut-être économique) si leur projet séparatiste aboutit. J’ai plusieurs parents et amis en Catalogne espagnole, particulièrement à Barcelone. Je constate malheureusement les effets néfastes dans l’évolution du climat social qui atteint les familles, les amis et les habitants en général, climat créé par des apprentis sorciers illuminés mais organisés. L’animalisme a bien été un prétexte pour interdire le symbole espagnol de la corrida Fiesta Nacional. Le monde taurin n’a pas été assez vigilant et le Pouvoir trop passif en ne réagissant pas rapidement sur l’anti-constitutionnalité de la décision du Parlement, dont pourtant il était évident que ce n’était qu’un prétexte. Il a fallu que le regretté Luis Maria Gilbert, président de la Federacion de Entidades Taurinas de Cataluña lutte de toutes ses forces pour aboutir enfin à la décision du Tribunal Constitutionnel. Le pouvoir a cru gagner du temps (6 ans) car il n’a pas vu l’effet pervers de l’endoctrinement sur les jeunes générations catalanes, avec la complicité de la politique officielle d’éducation de l’Autonomie Catalane. J’ai, comme de nombreux aficionados, reproché à l’empresa Balaña de n’avoir pas utilisé la décision d’annulation prise par le Tribunal Constitutionnel pour réclamer son droit d’organiser une corrida à la Monumental Barcelonaise. En fait :
– la décision d’anti-constitutionnalité a été trop tardive ce qui a pu faire croire à l’abandon de la corrida en Catalogne par le pouvoir central.
– quand on assiste à la situation de ces derniers mois, avec la tentative de coup d’état indépendantiste, sous le couvert d’un prétendu référendum, la décision de réorganisation d’une corrida à Barcelone aurait pu donner un prétexte aux enragés animalistes-indépendantistes en accusant cette démarche d’une nouvelle provocation espagnoliste et augmenter les rancœurs.

Pouvons-nous espérer que la situation évolue sereinement dans les temps à venir et que le retour de la corrida chez nos amis catalans soit envisageable ? J’en doute quand je constate la tentative d’alliances contre nature en recherche d’une nouvelle majorité sans attendre le résultat des prochaines élections catalanes du 21 décembre prochain.

* Délicieuses cimes
   Celles du Canigou
   Qui tout l’été fleurissent
   Au printemps et en Automne

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 55 – Novembre 2017

« SOIRÉE DES DONATEURS »
AU MUSÉE TAURIN DE BÉZIERS
SAMEDI 2 DÉCEMBRE 2017 à 19h

éditorial novembre 2017

TEMPORADA DE TRANSITION ?

Le danger est toujours présent dans le ruedo comme malheureusement nous le rappelle la mort tragique d’Ivan Fandiño. Cependant, je considère que 2017 s’achève dans une ambiance tiède, où les grands moments ont été trop rares, malgré ce que peut écrire une certaine presse qui vit du système. Certains titres sont risibles (toujours pour les mêmes !). Trois causes à mes yeux :
– l’absence d’un torero puissant et novateur qui bouscule le monde de la tauromachie, toreros et empresas,
– le fonctionnement des groupes d’empresas qui cherchent à s’autogérer en utilisant la carrière des toreros à leur guise, notamment au niveau des cartels, fermant leurs portes à ceux qui ne sont pas du système,
– le rôle néfaste de certains chroniqueurs taurins ou groupes de presse, qui cumulent avec la fonction de service de communication.

Le torero qui a marqué la temporada par sa constance, sa maitrise, son ambition de revenir au premier plan, après son arrêt de plus d’un an suite à sa blessure, a été Antonio Ferrera, au moins durant une grande partie de la saison. Dans un monde taurin ficelé par les empresas, le peloton des figuras a fonctionné alternativement, sans competencia, au gré des toros qu’ils affrontaient, de leur technique éprouvée qui leur permettait de briller ou plutôt trop souvent, de simplement respecter leur contrat. En fin de temporada, Talavante et surtout Perera sont sortis de leur torpeur pour retrouver leur sitio (peut-être leur envie) ou leur équilibre émotionnel. Enrique Ponce, dans son style magistral et sa technique, a réalisé quelques tardes intéressantes qui lui ont valu les louanges dithyrambiques de ses partidarios. Sébastien, toujours sérieux et maîtrisant la situation, m’a paru cependant manquer de sa sérénité habituelle, perturbé certainement tant par ses difficultés de remater ses bonnes tardes avec l’épée que par ses soucis d’apoderamiento. Morante de la Puebla a décidé de se retirer mais on prévoit déjà son retour en 2018. Heureusement, nous avons pu voir la nouvelle génération qui veut se positionner en tête de l’escalafon. En premier lieu, bien entendu, Roca Rey qui après son alternative, a démontré en 2016 une technique, une volonté et une assurance étonnantes pour son âge. Malheureusement il a pris de nombreuses volteretas impressionnantes dues à ses prises de risques qui peuvent mettre en danger la continuité de sa carrière. Tout en continuant avec son style et sa détermination, je pense que son entourage l’a poussé à se montrer moins suicidaire, à assoir sa maîtrise, avant je l’espère de passer à une nouvelle étape en 2018.
Ginès Marin qui ne m’avait pas convaincu dans sa carrière de novillero, a réalisé une bonne temporada, un peu trop élogieuse dans certains cas. Nous en avons connu d’autres…

Il faut saluer la temporada de Paco Ureña, Roman, Juan del Alamo… Manuel Escribano, grâce à des efforts surhumains, a récupéré ses capacités physiques et devrait revenir au premier plan en 2018, avec son entrega et le temple dominateur de sa muleta. Pour cela, il doit récupérer une efficacité constante à l’épée, indispensable pour conclure ses bonnes actuations, comme ce fut le cas malheureusement à Séville et Madrid en 2017. C’est indispensable, pour conforter sa confiance en soi, de couper des oreilles dans les arènes de référence et s’imposer aux groupes empresariales, à la presse officielle et au public. Les empresas parlent de diminuer le nombre de spectacles des grandes ferias, notamment en France, après nous avoir expliqué que c’est la raison de la baisse de la fréquentation sur les gradins et la perte de leur rentabilité. En fait, si c’est parfois le cas, cette désaffection dépend du prix des places pratiqué et surtout de leur manque d’imagination au niveau des cartels (toreros et toros) qui dépendent de la répartition du marché entre les grands groupes. Sont-ils vraiment indépendants dans leurs décisions ?

Ce dimanche 29 octobre, dans les arènes de Béziers, lors du Festival de l’École en clôture des journées taurines 2017, j’ai aperçu Richard Milian dans le callejon qui accompagnait le jeune Dorian Canton. Je me suis remémoré les tardes épiques que Richard nous a fait vivre dans nos arènes. Je me suis rappelé qu’un Miura lui avait infligé une cornada contre le burladero lors d’une corrida où il alternait avec les Maestros Damaso Gonzalez et Tomas Campuzano pendant la Feria 1985. En fait, ce jour-là, Richard avait remplacé au dernier moment le Maestro Ortega Cano qui venait de décider de ne plus toréer ce type de corridas et de commencer une nouvelle étape de sa carrière qui fut brillante. Vous vous imaginez ce cartel actuellement, devant une vraie Miurada ! C’était un autre temps et une autre conviction. Le Maestro Damaso, qui vient de nous quitter, avait été important devant ses 3 Miura puisque Richard avait du quitter le ruedo pour l’infirmerie.

Les Biterrois intéressés par la corrida de toros dans leur ville ont appris avec intérêt ces dernières semaines :
– que Sébastien Castella avait fait un accord d’apoderamiento exclusif avec Simon Casas
– que Simon Casas rejoignait Robert Margé dans l’organisation des corridas des arènes de Béziers (dans des responsabilités à préciser).
Depuis fin septembre, la gestion de nos arènes et Robert Margé ont alimenté les conversations et la presse locale, à double titre : qualitatif et financier. Cette nouvelle association va-t-elle tout régler ? Les capacités négociatrices et les références de Simon Casas ne sont pas à mettre en doute mais si l’Aficion Biterroise officielle et ses clubs taurins ne se réveillent pas, cela ne résoudra pas tout. Leur présence dans les gradins du festival de clôture des Journées Taurines m’inquiète vraiment. Il y avait moins de 50 de ces aficionados en comptant les organisateurs, sur les 400 personnes qui étaient venues voir les derniers toros de la temporada et pour soutenir les jeunes toreros. Il faut certes expliquer la dégradation que nous constatons tous dans notre aficion d’aujourd’hui. Ceux qui étaient au pouvoir dans les années 90 dans le monde taurin des arènes de Béziers (municipalités incluses), avec la complicité d’une partie des aficionados, ont tout fait pour la diviser et diminuer son pouvoir et ses ambitions. Progressivement, l’Aficion organisée s’est délitée et a perdu son rôle de propositions, d’animation, de moteur qui soit capable de faire valoir ses droits et constituer un pouvoir dont on doit tenir compte. La création de la Fédération n’a pas rempli ce rôle, bien au contraire. Pourtant, les clubs encore non fédérés et les associations avaient su se réunir pour l’organisation du Festival Taurin bénéfique de 1992. C’était un autre temps. Ils avaient obtenu un résultat de qualité et reconnu par tous. Dans mon édito du mois d’août, je faisais appel à la responsabilité de tous pour rendre à nos arènes son image, son public, son rayonnement, sa place dans l’Aficion du Sud. J’ai entendu et lu beaucoup de commentaires pour le moment, sans mesures concrètes. Laissons-leur le temps, même si cela presse… L’arrivée de Simon Casas est une information intéressante, surtout pour l’empresa, mais sera-t-elle suffisante pour le retour de l’émotion dans nos arènes ? Ce ne sont pas les dernières parutions emphatiques et dithyrambiques qui vont changer la situation.

Pour conclure, je me contenterai de qualifier le festival taurin de l’École d’intéressant, avec un bétail de la ganaderia Margé encasté mais très exigeant pour ces jeunes. Carlos Olsina a démontré des progrès évidents. Le travail porte ses fruits. Je sais qu’il va continuer ses entraînements intensifs à Séville pour préparer une temporada 2018 importante pour la suite de la carrière qu’il a choisie, dans le monde difficile que l’on connaît. Il faut aussi féliciter Anaïs pour sa grande aficion et ses progrès. Elle mérite notre respect.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 54 –

ÉDITORIAL – SEPTEMBRE 2017

LE PATRIMOINE, FONDEMENT DE NOTRE AFICION

Les 16 et 17 septembre derniers, nous avons vécu, comme partout en France et en Europe, les Journées européennes du patrimoine au cours desquelles les citoyens peuvent découvrir ou mieux encore, s’imprégner de l’histoire de la cité dans laquelle la plupart vivent sans la connaître vraiment. Les services municipaux et les associations se sont investis dans ces deux journées pour apporter aux visiteurs une meilleure vision de l’histoire et de la culture de la ville. Il était naturel que j’apporte humblement, dans une ambiance décontractée, mon expérience aux néophytes dans les visites du Musée Taurin. Leur réaction est souvent très intéressante. L’Union Taurine a pour vocation de faire vivre au mieux ses souvenirs prestigieux, en accueillant les visiteurs, notamment à cette occasion. Ils ont fait une démarche. Nous devons faire en sorte qu’elle leur soit instructive, agréable et pourquoi pas source d’intérêt pour mieux connaître la corrida dans un deuxième temps. A cette occasion, j’ai pris conscience qu’une grande partie des collections de notre musée, que je côtois depuis plusieurs dizaines d’années, est étroitement liée à l’attachement que des personnages majeurs du monde taurin ont eu avec notre ville, nos arènes et les aficionados admiratifs de leur comportement dans le ruedo et même en dehors. Il est vrai que ces collections sont actuellement mieux mises en valeur dans l’actuel Musée Taurin, aménagé grâce à la Ville, dans les magnifiques salles de l’ancienne église du couvent des Dominicains (fin XVIème) qui leur donnent une autre dimension et provoquent une meilleure visualisation qui ne peut qu’accroître mon admiration en les rattachant à nos souvenirs et à notre culture. N’oublions pas qu’avant la Révolution, cette église avait de très vastes proportions, avec un sanctuaire et 14 chapelles latérales qui arrivaient presque jusqu’à l’actuelle rue de Bonsi. En faisant le tour des habits de lumières exposés, je me suis rendu compte du cadeau exceptionnel (traje, cape de paseo, montera) que fit le Maestro Luis Mazzantini en 1899 au grand aficionado biterrois Louis Azaïs, membre fondateur de la Société Tauromachique, attaché à l’histoire de la tauromachie de notre ville. Le grand Mazzantini avait déjà toréé deux fois comme novillero à Béziers en 1882, dans les arènes en bois du quartier des abattoirs. Il avait fait alors forte impression aux biterrois. Il revint à Béziers comme matador de toros, notamment le 23 avril 1899 pour affronter, au sommet de son Art, les toros historiques de Miura, dans les arènes du Plateau de Valras inaugurées deux ans plus tôt. Quelle estime pour notre ville et ses aficionados pouvait-il ressentir pour faire un tel geste ? Ce torero connu pour sa grande considération du public, son pundonor (dignité), son attitude tant dans les ruedos que dans la vie, termina sa carrière comme Gobernador Civil (préfet) de la province de Guadalajara après une vie publique et professionnelle exemplaire. Le 15 août dernier, lors de la soirée qui clôturait la Feria 2017, Victor Mendes a participé à l’entrée officielle dans les collections du Musée Taurin d’un de ses trajes de luces. Ainsi désormais, se trouvent réunis ceux des trois héros de l’inoubliable corrida du 15 août 1983 dans nos arènes où Christian Nimeño II, Richard Milian et Victor Mendes affrontèrent les légendaires toros de Miura, notamment le fameux Mirlito meilleur toro de la Feria 1983. Ils seront tous réunis dans la même salle avec la tête naturalisée du Miura. Cette tarde mémorable restera dans nos mémoires et pourquoi pas, dans celle de nos petits-enfants comme les jumeaux César et Hugo qui à 19 mois ont joué ces samedi et dimanche dans les magnifiques salles aménagées pour accueillir les collections du musée.

Que dire de l’habit de lumières de Francisco Rivera Paquirri, qui marqua notre aficion pendant plus de 10 ans dès le début des années 70, par ses triomphes dans nos arènes qu’il a remplies plusieurs fois. Le traje vert et or du torero de Barbate est entouré de son buste réalisé par Jacques Méou, donné récemment par sa famille et le tableau endeuillé de Loren qui nous le confia pour ne pas oublier la tragédie de Pozoblanco.

Le costume bleu marine et or, regalo du maestro mexicain Fermin Rivera, figura des années 40, remis au Club Taurin (un de nos ancêtres) pour le remercier de la médaille et de la chaîne en or qu’il avait reçues pour le baptême d’un de ses enfants, est relié à un évènement majeur de nos arènes. Fermin toréa trois fois à Béziers : 1946 et deux fois en 1947 pour la reprise symbolique des corridas après la guerre. Il alterna avec ses compatriotes mexicains dont Carlos Arruza car les autorités espagnoles n’autorisaient pas encore les toreros et les toros à passer la frontière.

Au début des années 90, il m’avait déjà étonné quand je l’ai connu frêle débutant dans les capeas face aux anoubles et doublencs camarguais. Je ne sais comment remercier Sébastien Castella, premier Matador de Toros biterrois et Figura del Toreo, d’avoir offert à notre musée son habit rouge et or et plus tard, son traje goyesca (mauve à parements noirs) qui trône au milieu des eaux-fortes de la Toromaquia de Goya. Cette collection unique dans notre région remonte à l’édition de Loiselet de 1876 réalisée à partir des gravures du Maître de Fuendetodos Don Francisco Goya y Lucientes, comme dans le célèbre musée de Castres qui porte son nom.

Je regrette de ne pas avoir accompagné nos amis de l’Union Taurine, Michel, Claudine et Marie-Françoise qui ont visité récemment avec admiration, les musées goyesques de Saragosse et Fuendetodos. Ils apportent encore plus de précisions sur le personnage et l’œuvre du Maître, notamment à côté de sa maison natale en plein dans le pays Maño. Les Aragonais ne peuvent qu’honorer comme il le mérite un ancêtre historique si prestigieux. Les Biterrois peuvent être fiers de posséder, dans la magnifique salle qui leur est réservée, ces œuvres imprégnées de notre patrimoine méditerranéen et qui font l’admiration de tous les visiteurs étonnés. Les collections du Musée Taurin de Béziers contiennent d’autres trésors mythiques comme les épées des toreros Frascuelo, Luis Freg et Bombita qui font l’admiration des professionnels taurins qui les ont découvertes lors de visites. Celle de Luis Miguel Dominguin nous rappelle que le célèbre torero médiatique madrilène connecta beaucoup avec l’aficion locale qu’il honora lors de ses visites. Il sut créer des liens avec les biterrois et les biterroises qui l’accueillaient avec respect et admiration. N’oublions pas le soutien qu’il apporta, (comme il l’avait promis) à notre cher Raoulet qui fut le premier torero biterrois à tenter sa chance en Espagne. Vous comprendrez que je ne cherche pas à faire une liste exhaustive des pièces de ce patrimoine (il y en a d’autres) installées au Musée Taurin pour les magnifier. Ces collections sont en fait le résultat des liens étroits établis entre l’aficion locale, le monde taurin et les artistes qui les glorifient. C’est l’Union Taurine Biterroise qui, avec ses prédécesseurs, a l’honneur et la responsabilité depuis plus d’un siècle de les protéger et qui essaye de les conserver dans leur meilleur état. Ce sont ces liens entre les Biterrois, le culte du toro brave et l’admiration des toreros qui ont créé cette passion qui doit nous réunir au lieu de nous diviser au profit des aprovechados et même de nos adversaires déclarés.

Je vous ai souvent parlé de ces périodes néfastes qui nous ont touchés, surtout depuis la création des arènes du Plateau de Valras en 1897 et leur rénovation en 1920. Je vous ai annoncé depuis 5 ans que les jours mauvais approchaient suite à la dégradation de la qualité, de l’authenticité dans nos arènes et du manque de réaction de l’aficion jusqu’à ces derniers temps. J’ai souhaité écrire sur ce patrimoine, votre patrimoine. J’en ai moi-même évalué récemment l’importance, tant dans les faits que dans la symbolique. Restons attachés à cette histoire, c’est elle qui nous permettra d’y croire. Nous sommes de nouveau à un tournant qui demande une vraie action émanant de la base qui doit inciter les décideurs à en tenir compte. Toutes les interventions officielles récentes les appellent à agir pour rendre aux arènes, maillon indispensable de notre Feria, l’émotion indispensable et l’admiration qui sont à la base de la création de ce patrimoine qui nous fait encore rêver.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 53 – Septembre 2017

ÉDITORIAL AOÛT 2017

ET MAINTENANT QU’ALLONS-NOUS FAIRE ?
NOUS NE POUVONS PAS EN RIRE POUR NE PAS PLEURER !

Les exigences qui me bloquaient à l’hôpital ne me permirent pas d’assister et de participer à la Feria 2016. D’où mon intérêt supplémentaire pour 2017. Pendant l’intersaison, tant la presse locale que la Fédération des Clubs Taurins manifestaient publiquement la nécessité de rénover les cartels de la Feria de Béziers pour lui redonner intérêt, passion, émotion, en particulier au niveau des toros. L’annonce des cartels de 2017 a suscité un intérêt de la Commission Taurine et de l’aficion en général, tant au niveau du choix des élevages, notamment avec le retour des Victorino Martin, que celui des toreros aux cartels qui présentaient pour la plupart un intérêt évident, même si celui des Victorino ne me paraissait pas adapté à la ganaderia et à son encaste. Nous avons appris par le bouche à oreille que les commentaires de la Commission Taurine portaient sur les lots de Cuvillo et Garcia Jimenez qui étaient desiguales et sur celui de Miura qui était d’une présentation inférieure à celle des corridas lidiées par les ganaderos de Zahariche depuis 20 ans à Béziers. Le communiqué officiel de la Commission Taurine ne parut pas dans la presse ? L’absence imprévue de Manzanares blessé, enleva à la première corrida l’intérêt du mano a mano entre deux figuras des toros : Castella et Manzanares avec la présentation à Béziers de la jeune rejoneadora française prometteuse : Léa Vicens. Cette défaillance inattendue fut malheureusement les prémices de nombreux autres désenchantements. La présentation de 2 des Cuvillo, leur faiblesse et l’absence de caste de l’ensemble enleva tout intérêt (malgré les oreilles) à la corrida. Tout le public s’ennuyait. Il fallut que le comportement violent du 6ème donne l’émotion à l’après-midi grâce à Sébastien. Certes sa sortie en triomphe n’était pas autorisée par le nouveau règlement taurin biterrois qui exige que le torero coupe 2 oreilles au même toro pour sortir par la grande porte. Ce nouveau règlement me paraît déplacé pour notre plaza de toros. La nouvelle Commission Taurine qui l’a décidé en 2014 me paraissait déjà avoir d’autres problèmes et priorités pour l’avenir de nos arènes. Cela n’excuse pas le fait que certains aient initié et permis cette infraction dans le callejon à la fin de la corrida. C’est inacceptable car ils connaissent le règlement.

La corrida de Garcia Jimenez d’origine Jandilla confirma dans sa majorité les qualités de l’encaste Domecq : mobilité, charge, noblesse mais le trapio indécent des 2ème, 4ème et 5ème (malgré les poids annoncés), enleva de l’intérêt à la tarde. Il fallut un bon 6ème d’un trapio décent pour permettre au jeune Roca Rey de réveiller le public et de couper deux oreilles malgré une estocade caïda mais efficace. La vuelta al ruedo au toro me parut exagérée mais permit au public de terminer la corrida dans une alegria inespérée. Remarque : malgré un cartel de qualité, la fréquentation des arènes fut sensiblement inférieure à celle de la veille pourtant handicapée par l’absence de Manzanares (- 2000 ?).

Que dire des toros de Victorino dont nous attendions tant : les 3 premiers démontreront une faiblesse inattendue qui enleva tout intérêt à la première partie de la course. Le 4ème aurait pu être valable s’il avait eu plus de moteur. Escribano qui avait très bien banderillé le 1er, sut tirer quelques séries intéressantes mais ses échecs à l’épée terniront la fin de son actuation. Les 5ème et 6ème présentaient un intérêt. Le violent et temperamental 5ème aurait pu permettre une faena certes difficile, mais avec de l’émotion comme celle que j’ai décrite dans l’éditorial du mois de mai une bravoure d’un autre temps qui faisait référence à la lidia et au combat entre Antonio Ferrera et le 4me Victorino Martin à la Feria 2017 de Séville. Tout y est si vous voulez le relire. Mais il aurait fallu des qualités physiques et une capacité technique adaptées, comme celles de Ferrera, pour envisager de l’affronter réellement, ce qui ne fut le cas à aucun moment. David Mora n’avait confiance ni sur son physique, ni sur sa technique pour essayer. Quant au 6ème, il avait une qualité évidente sur le côté gauche pour transmettre la maîtrise et l’émotion mais Medhi Savalli toréait le 14 août sa première corrida de l’année !

Quant aux Miura, la présentation et le comportement dans les corrales faisaient craindre une corrida faible. Ce fut un ersatz de Miurada même si les sobreros (3) ont permis deux faenas (notamment le 6ème). Je regrette que durant toute l’après-midi, il y eut un malaise permanent entre Bautista (torero que j’aime bien) et le Président. Le comportement de Jean-Baptiste apparemment basé sur des malentendus, me choque. Il ne doit pas être accepté, tant pour le respect du public, de nos arènes, que de l’Autorité. Il en dépend de la défense de notre identité : Aqui es Béziers.

Ce résumé démontre que la situation de nos arènes est très préoccupante : présentation des toros d’élevages prestigieux nettement insuffisante pour ne pas dire plus. Certains me demandent parfois le prix d’un lot de toros de corrida. Je réponds que les lots de toros d’une ganaderia reconnue peuvent être comparés aux automobiles. Dans les gammes des marques, vous en avez à tous les prix, suivant la puissance du moteur, la carrosserie et les accessoires… C’est simpliste mais cela me paraît réaliste et facile à comprendre.

Pour conclure, il faut avoir le courage et la lucidité de dire et d’écrire que nos arènes ont touché le fond en 2017 et cela risque de s’aggraver car le public fidèle, sans être vraiment aficionado, s’interroge sur sa venue prochaine aux corridas dans nos arènes. Je l’ai entendu plusieurs fois sur les gradins et dans la rue pendant la Feria. Les Biterrois intéressés ou impliqués doivent démontrer leur volonté de changement : la situation s’aggrave progressivement depuis le début des années 2000. Cela va continuer si des mesures importantes ne sont pas prises car nous allons constater les conséquences inévitables sur la Feria : taurines et festives. Elles concernent les propriétaires actionnaires des arènes pour le maintient du prestige de leur monument (120 ans), la Municipalité et le Maire responsable règlementairement du déroulement des corridas dans sa ville et enfin les aficionados et les clubs taurins. J’ajouterai même le monde économique rattaché notamment au tourisme et au commerce en général qui doit se motiver pour la défense de l’image de la Feria qui va fêter son 50ème anniversaire en 2018.
L’organisation est bien entendu un élément majeur pour relever notre Feria. L’
Etablishment biterrois et le tissu socio-économique bien spécial de notre ville ne doivent pas ignorer ce recul. Cela prendra un certain temps pour recréer l’ambiance des années 80-90. Certes les corridas ne sont pas un problème majeur pour eux mais le symbole historique des Arènes et la Feria SI. Il y a des solutions mais elles demandent de la lucidité et des décisions courageuses. Béziers l’a déjà fait pour sortir de ses crises au niveau des arènes, d’autres l’ont fait, d’autres le font. Il ne faut pas écarter au préalable les solutions qui paraissent difficiles.

Prochain rendez-vous : Feria des Vendanges de Boujan sur Libron – Paseo à 18h
Samedi 2 septembre – Corrida Charra avec 4 toros des Frères Gallon pour Roman Perez et Michelito
Dimanche 3 septembre – Corrida concours de ganaderias pour Jérémy Banti et Cayetano Ortiz

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 52 – Août 2017