ÉDITORIAL NOVEMBRE 2020

LA SÉVILLE FRANCAISE

Lors d’un récent séjour à Séville, j’ai retrouvé avec émotion et mélancolie les charmes magiques de cette ville et de ses alentours où j’ai vécu dans les années 90. C’est en marchant dans les rues et avenues que l’on peut apprécier cette ambiance unique sur les bords du Guadalquivir, la Plaza d’España, les jardins de Maria Luisa, l’exceptionnel Barrio de Santa Cruz au pied de la Giralda, sans oublier le traditionnel Barrio de Triana. Seul manquait le parfum de l’azahar des orangers, typique des rues de Séville et de ses pueblos au moment de la floraison. Le charme de Séville ne se résume pas à la Féria d’avril, à ses fameuses casetas et aux corridas de la Maestranza. La situation économique de la cité n’a pas profité pleinement des infrastructures réalisées pour l’Exposition Universelle de 92, tant dans les voies de communication qu’au niveau des aménagements de l’Isla de la Cartuja. La capitale Betica a certes conservé cette ambiance unique que les sévillans n’utilisent pas au mieux mais qui accueille parfaitement le touriste qui sait la vivre. Certains ont pu écrire que Séville reste une ville à la campagne malgré ses 700 000 habitants. Dès que vous sortez après Los Palacios au sud, Camas et Santipone au nord, Gines à l’ouest, Utrera à l’est, sans oublier la Puebla del Rio, vous entrez dans le monde rural et dans ses pueblos qui gardent leur caractère et leurs traditions sans devenir des cités dortoirs. Certes l’ambiance taurine de la cité a changé depuis le début du XXème siècle. La plupart des illustres élevages de toro bravo ont quitté les basses plaines du Guadalquivir pour les terres escarpées de la Sierra Norte de Séville et de la Sierra d’Aracena. Ces riches zones agricoles ont évolué vers l’agriculture extensive adaptée au territoire et à l’activité agroalimentaire. De ce fait, les noms célèbres des élevages de Santa Coloma, Saltillo, Vistahermosa, Veragua, Parladé, Murube… ont quitté la Vega Sevillana.
De même, les élevages historiques de Miura, Pablo Romero, Guardiola, Marquis d’Albasserada… ont perdu à divers titres une partie de leur image légendaire ou ont émigré vers d’autres lieux comme Concha y Sierra. La corrida de toros reste un élément historique majeur de Séville, tant par ses mythiques arènes de la Maestranza et sa féria d’avril que par les fondamentaux de sa tauromachie qui exprime l’inspiration et l’émotion artistique de ses toreros. De nos jours son public a perdu en partie de son cachet ; de ses fameux silences mais aussi ses Olé émotionnels et profonds, quasiment mélodieux. Heureusement, la Banda de Musica a su garder les fondements de son patriarche créateur le Maestro Tejera. Séville a connu dès le début du XIXème siècle les toreros historiques : Costillares, Pepe Hillo, Cuchares, El Algabeño, El Ecijano. Les frères Emilio et Ricardo Torres (Bombita I et Bombita II), Rafael Gomez El Gallo ou Gallito, son frère Joselito El Gallo et Juan Belmonte ont marqué le début du XXème suivis par Manuel Jimenez Chicuelo marqué par la naturalidad y la gracia de son toreo sévillan. Ignacio Sanchez Mejias, beau-frère des Rafael Gallito et Joselito, fut un personnage de la tauromachie espagnole, même après sa mort tragique suite à la cornada de Granadino à Manzanares que sut magnifier Federico Garcia Lorca par son Llanto. Plus tard, Pepin Martin Vazquez, Pepe Luis Vazquez et son frère Manolo Vazquez ont marqué l’histoire et le style des toreros sévillans. La génération des années 60/70 avec Paco Camino, Diego Puerta, Manolo Cortes restent dans ma mémoire sans oublier les magnifiques rejoneadores de la Puebla del Rio, Angel et Rafael Peralta. Après l’époque royale de Curro Romero, faraon de Camas, nous ne pouvons que rappeler l’impressionnant poder d’Espartaco et le Trianero Emilio Muñoz aux styles si différents.

De nos jours, plusieurs toreros sévillans entrent dans les premiers de l’escalafon mais Morante de la Puebla, Daniel Luque et le jeune Pablo Aguado représentent le mieux le neo-toreo sévillan. Depuis la fin du XXème siècle, Séville reste une zone maîtresse de la tauromachie mais ne domine plus ce monde (toros et toreros) comme au XIXème et à la première moitié du XXème siècle. Je marchais sur les bords du Guadalquivir, entre la Torre del Oro et la Réal Maestranza, pensant à cette époque d’or du sévillanisme, lorsque je me suis rappelé qu’au début du XXème siècle, avant les années difficiles de 1907-1908 et de la guerre de 14, Béziers fut déclarée La Séville Française. Cette appellation est très flatteuse pour notre ville qui ne peut se comparer à la capitale de l’Andalousie. Je ne suis ni mélomane, ni spécialiste d’art lyrique mais je ne puis qu’admirer les prouesses de Fernand Castelbon de Beauxhostes et Camille Saint-Saëns aux arènes de Béziers. Ce fut une époque de gloire inégalée du monde lyrique avec la création de Déjanire dès 1898 avec les plus grands interprètes dont le prestigieux ténor biterrois Valentin Duc. Cette création fut suivie en 1900 par celle de Prométhée dirigée par Gabriel Fauré. Ce spectacle fut exceptionnel avec des décors immenses, un orchestre de 450 musiciens, un chœur de 400 chanteurs et un ballet de 50 danseurs. Le 27 août 1900 marque le sommet des fêtes biterroises. C’est un triomphe reconnu par tout le monde lyrique français et européen qui lui attribua le titre de Bayreuth Française. Je n’oublie pas les corridas qui étaient à l’origine de la construction des arènes du Plateau de Valras. Elles connurent aussi les moments inoubliables de son histoire et se maintiennent de nos jours. Après les inaugurations des 11 et 14 juillet 1897 (Antonio Reverte et El Algabeño), la corrida de gala du 19 septembre attira 10 000 spectateurs, bien que l’édifice ne soit pas terminé. Le 3 octobre, ce sont 12 000 spectateurs ( !) qui sont attirés par le grand Guerrita. Le public sort euphorique et manifeste son soutien à la corrida de toros en manifestant pour les Libertés du Midi. Déjà ! Temporada exceptionnelle : 6 spectacles majeurs.

En 1898, quatre évènements importants marquent la temporada :
– création de la Société Tauromachique, premier club taurin de Béziers dont l’Union Taurine a fêté en 2017 les 120 ans d’aficion,
– fin des travaux des arènes en juillet,

Mazzantini

– retour de Mazzantini, venu à Béziers novillero en 1888, dans les arènes du quartier de l’abattoir. C’était un torero symbolique pour l’aficion locale,
– corrida du 9 octobre aves les prestigieux toros de Veragua : journée exceptionnelle pour nos arènes,

La temporada 1899 est marquée elle aussi, par de grands évènements qui donnent de Béziers une image de catégorie dans le monde taurin européen :
– juillet 1899 : retour de Mazzantini à Béziers face aux toros de Miura accompagné du cordouan Conejito,
– le Maestro Guerrita le 25 juin face aux Anastasio Martin réussit la plus belle corrida de la temporada avant sa despedida en France chez nous le 8 octobre accompagné de Bombita et Conejito. Quel honneur pour les arènes de Béziers !
– les caméras des Frères Lumière filment cette corrida : 20 bobines cinématographiques qui permirent de réaliser douze films. Les arènes de Béziers resteront dans l’histoire du cinéma.

– 10 octobre : 6 toros de Veragua – Belle corrida. El Algabeño confirme son titre Le roi du volapie. Il reviendra à Béziers pour sa despedida avec l’aficion française le 1er octobre 1911 avec Carnicerito de Bilbao face aux toros d’Antonio Guerra. Il avait inauguré nos arènes le 11 juillet 1897 avec Antonio Reverte. Il y a toréé 10 corridas. Il maniait la muleta et le capote avec un répertoire limité, mais sa sûreté, sa personnalité, son efficacité en firent un maître incontesté qu’aimait notre public.

1900 : le nouveau directeur Manuel Garcia organise 6 corridas dont l’inoubliable journée du 20 avril où le Congrès des Villes Taurines et des Clubs Taurins du Sud se réuni pour réagir au projet de loi Barthou qui priverait les villes méridionales d’un spectacle de toro existant depuis des siècles. Déjà ! Malgré le mauvais temps les arènes se rempliront.
1901 : les arènes se remplissent. Le projet de M. Chanel est lancé pour la construction de 34 loges destinées à être louées ( ?). Les aficionados se plaignent de l’attribution à l’organisateur François Séguier qui remplit les arènes avec 5 spectacles mineurs d’inspiration taurine. Prix des places : 0,70 francs en entrée générale alors que le prix des corridas est de 12 francs et 8 francs en Barrera jusqu’à 3 francs en entrée générale. Les propriétaires demandent à Manuel Garcia d’organiser une corrida le 13 octobre (vendanges) qui laissera un bon souvenir à l’aficion méridionale, notamment avec Reverte et Bombita.
Après une année 1902 réservée aux spectacles mineurs de M. Séguier, les propriétaires prennent la décision de revenir en 1903 à la corrida formelle à Béziers pour rendre à l’édifice sa grandeur taurine d’origine. La corrida du 10 mai attire 10 000 personnes qui apprécient le bétail et l’efficacité des toreros. Elle est suivie par la corrida de gala du 21 juin avec les toreros sévillans : le Grand El Algabeño et Montes. Beau succès pour les organisateurs. Pour terminer la temporada, grand rassemblement des clubs taurins organisé par la Société Tauromachique suivi d’une corrida dans des arènes combles où près de 15 000 spectateurs admirent les deux toreros sévillans Fuentes et Chicuelo pour leur élégance et leur sang-froid. Cette journée est le départ de la constitution du Bloc Taurin pour défendre la corrida encore attaquée par Paris.

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1904 : C’est un grand aficionado Biterrois Pierre Cauba, qui se voit confier l’organisation de spectacles taurins. Il prend notamment la décision, pour la corrida du 2 octobre, de faire appel aux clubs de la Fédération Méridionale des Sociétés Taurines pour composer le cartel par référendum. Aidés par Manuel Garcia, ils choisissent 6 toros d’Esteban Hernandez. Trois toreros sévillans prestigieux les affronteront : Antonio Fuentes, Antonio Montes et Rafael Gomez Gallito. Le dimanche 2 octobre, 5 musiques représentatives de la région vont défiler depuis la place de la Citadelle entraînant la foule jusqu’aux arènes. Ce jour-là, les aficionados des clubs taurins venus de Toulouse jusqu’à Arles donnèrent à notre ville le titre de Séville Française pour la qualité du spectacle, la volonté de regroupement de l’aficion et le spectacle artistique qui a marqué notre amphithéâtre depuis sa création, sans oublier l’esprit festif dans toute la cité.

Les années difficiles pour notre Midi apparurent dès 1905. Malgré ce, l’infatigable Manuel Garcia arrive à monter deux corridas de qualité :
– les puissants Concha y Sierra le 14 mai pour les toreros confirmés El Algabeño et Conejito, sans oublier la clôture de temporada digne de la Séville Française : 6 toros impeccables de Felipe Salas (origine Hidalgo Barquero et Cabrera) pour les figuras Machaquito et Chicuelo. Malheureusement la crise viticole latente se déclare dès 1906. Les corridas laissent leur place aux spectacles de François Séguier. Seul le 22 juillet vit la despedida du Maestro Antonio Fuentes en France devant près de 10 000 personnes !

Les années 1907 et 1908 connaissent une crise à son paroxysme ne permettant pas l’organisation des corridas. La population a la tête ailleurs. Pourtant, dès le 10 octobre 1909, nos arènes vont connaître une des corridas les plus complètes de son histoire taurine, très bien organisée par l’empresario de Toulouse : 6 magnifiques toros d’Antonio Guerra (frère du mythique Guerrita) sont combattus, devant 12 000 personnes euphoriques venues de tout le Midi, par El Algabeño et Bombita II figuras des années 1900-1910. La foule en délire descend dans le redondel et porte les deux matadors en triomphe. A la demande du propriétaire, l’empresa toulousaine va organiser 3 corridas en 1910 :
– 29 mai : triomphe d’El Algabeño face aux toros de Carlos Conradi devant 12 000 spectateurs enthousiastes,
– 26 juin : bonne corrida avec 6 magnifiques toros du Marquis de Villagodio, les plus puissants qui aient foulé notre amphithéâtre. Grande tarde de Machaquito,

Ce fut la dernière corrida avant la catastrophique guerre de 1914-1918 laissant l’édifice abandonné, dans un état de délabrement inquiétant. Une fois encore, ce sont les biterrois regroupés dans la Société des Arènes autour du Président Achille Gaillard, qui les sauvèrent en les rachetant et en investissant dans une rénovation importante pour une réouverture officielle le 29 mai 1921. Toros de Veragua : Luis Freg, Saleri II, Limeño, devant plus de 15 000 spectateurs.

Béziers, la Séville FrançaiseBéziers, la Bayreuth Française
Ces deux titres symboliques attribués à notre ville au début des années 1900 sont le résultat
– d’une situation économique viticole exceptionnelle de la région et surtout du Biterrois
– du dévouement et de l’action désintéressée de personnages locaux d’exception qui ont su prendre des initiatives de haut niveau dans l’intérêt de notre cité.

Je suis particulièrement fier et reconnaissant pour le rôle joué par nos ancêtres sociétaires de la Société Tauromachique qui ont su motiver la population biterroise mais aussi intéresser l’aficion du sud dans l’organisation de manifestations exemplaires, tant au niveau artistique que revendicatif, pour défendre ces traditions que nous vivons encore. Ce fut un succès historique.
Soyons en dignes, même si nous n’avons pas les mêmes moyens. Eux ont connu 1907 et 14-18.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 79 – Novembre 2019

ÉDITORIAL OCTOBRE 2019

UNIS DANS NOS DIFFÉRENCES

Je m’étais échappé des contingences du mundillo taurin, de ses liens avec les médias… sans oublier les manipulations politiques. J’avais oublié aussi les carences d’une partie de notre aficion et celle de Béziers en particulier. Heureusement, les jeunes de Provence et du Languedoc m’ont donné tort. J’ai eu l’opportunité, inspiré par les terres mexicaines, d’écrire sur mes fondements de la tauromachie. L’expression du torero dans le ruedo, la place du sentiment dans son contact avec le toro, m’ont convaincu qu’il ne pourra apporter une émotion durable qu’en s’appuyant sur la raison. Je pouvais exprimer avec plaisir et nostalgie sur ce que je ressens, tant dans les arènes qu’au campo dans les tientas, grâce à la tauromachie. Si elle n’est pas ma seule passion, elle a été et reste un élément majeur dans ma vie. Malheureusement, je dois quitter cette inspiration qui m’a rappelé des souvenirs inoubliables, pour me replonger dans des luttes désagréables, mais nécessaires, pour faire face au nouveau comportement inacceptable et opportuniste de nos adversaires. Certains personnages politiques très proches du pouvoir en place (?), censés représenter les intérêts du peuple à l’Assemblée, ont utilisé bassement la lutte anti-corrida en l’attaquant pour son influence dangereuse sur les mineurs. Cela ressemble fort à un écran de fumée pour cacher l’incapacité du pouvoir à gérer le pays en harmonie avec le peuple. Cela pouvait permettre aussi de récupérer sur ce thème les sentiments favorables des animalistes et des bien pensants (avant les municipales ?). Je regrette de revenir à la politique politicienne mais comment faire ! Nous savons que le système électoral leur a donné une majorité écrasante, inexpérimentée et servile. Ils doivent leur présence au Palais Bourbon aux débauchages d’anciens partis et à la désignation des cabinets de recrutement. Ils ont été recrutés et élus en juin 2017, un mois après l’entrée du président à l’Élysée. Les anciens personnages majeurs de la Vème République ont tous déclaré en leur temps, qu’il ne fallait pas faire concorder les dates des deux élections (présidentielles et législatives) remettant en cause l’esprit même des institutions et l’équilibre des pouvoirs publics. Ce système avait déjà fonctionné pour les trois élections présidentielles antérieures mais en 2017, le résultat a été encore plus négatif étant donné l’absence réelle du parti au pouvoir quelques mois avant l’élection de juin et l’éclatement des anciens partis démocratiques en perdition. Objectif : faire arriver un projet de loi au Parlement pour le faire entériner par des députés inexpérimentés et débiteurs. Je pense qu’ils savaient déjà que la plainte, déposée par le Crac (comité radicalement anti-corrida) contre les écoles taurines, déjà refoulée en 2016 et en appel en 2018, aurait des difficultés au Conseil d’État. La première députée qui devait présenter le projet anti-corrida, choisie pour son activisme avant et après sa première élection, se retira du dossier ? C’est Samantha Cazebonne, députée à l’étranger de la circonscription Espagne, Andorre, Italie et Monaco, qui a pris la suite. Résidant à Palma de Majorque, peut-être était-elle influencée ou influençable après la décision du parlement local d’interdire la corrida aux Baléares, décision annulée par le Conseil Constitutionnel espagnol. La corrida du 9 août dernier dans les arènes de Palma de Majorque fut triomphale.

Cependant, la députée Cazebonne reprit immédiatement le flambeau en se déclarant contre la présence des mineurs à la corrida et dans les écoles taurines, déclarant mon sujet n’est pas le bien-être des animaux mais la protection de l’enfance. Encore de l’enfumage. Je pense qu’il y a d’autres motifs plus pressants à résoudre pour protéger l’enfance en France que l’influence de la corrida, quand on connaît la situation préoccupante d’une partie de notre jeunesse qui pourtant n’a jamais vu de corrida ou d’école taurine, même en peinture !
Nous venons d’apprendre, contrairement aux titres racoleurs d’une certaine presse, que le Crac, dans l’impossibilité d’apporter des éléments de droit et des preuves matérielles pour son recours en Conseil d’État, n’avait pas convaincu le représentant de l’État qui recommande aux juges de rejeter l’ensemble des demandes des radicalement antis et de confirmer les décisions antérieures qui repoussaient leur volonté de fermeture des écoles taurines qui ont dû subir toutes les insultes, accusations et menaces pendant plus de 3 ans. Dans l’attente de décisions, nous pourrions presque dire sortis par la porte, ils tentent maintenant de rentrer par la fenêtre. Cela leur paraît plus facile avec la majorité de l’Assemblée disciplinée. La députée porteuse du projet, Samantha Cazebonne, appuyée par la machine LREM, a cependant déjà organisé le 17 octobre à l’Assemblée nationale un colloque sous le titre officiel protection des enfants contre toutes les formes de violence. En fait, il s’avère que ce colloque était bien entendu tourné contre la corrida avec un objectif : présenter à l’Assemblée nationale une proposition de loi qui serait adopté par la majorité écrasante dont le rôle depuis son installation est d’appliquer les ordres venus d’en haut ou d’étouffer tout ce qui gêne. Les instances taurines ont réagi officiellement, notamment auprès de la présidence,

mais je tiens à mettre en exergue le travail des jeunes aficionados membres de l’association Touche pas à mes passions, qui ont su se faire admettre à ce colloque où le public et surtout les intervenants étaient triés sur le volet. Ils ont pu entendre le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale déclarer : ce sont des pratiques qui ne peuvent plaire qu’à des êtres anormalement constitués.
Oui chers amis aficionados, ce député parle de vous. C’est affligeant et honteux. Tout y est passé lors du colloque : – corrida associée à la pornographie, – les violences conjugales comparées à la corrida, – mise en œuvre dans les écoles taurines des pulsions sadiques des enfants au lieu de les aider à se transformer.
Cette liste n’est pas exhaustive.
Nous rappelons à cette députée et à ces intervenants recrutés, que les traditions protégées par la loi (dont la corrida), enfants et adultes qui y participent ne doivent pas être insultés ou stigmatisés par ces attachements à ces dernières.

Nous devons féliciter les jeunes de Touche pas à mes passions pour leur habileté, leur constance, leur volonté et leur capacité de réaction. Ils nous donnent des leçons d’aficion. J’ai apprécié les interventions du jeune Raphaël dans les arènes d’Arles pour le Trophée des As et à Béziers lors du rassemblement du 19 octobre. Il y avait de l’émotion. Leur collectif s’est adressé directement et ouvertement à Samantha Cazebonne en lui demandant des excuses publiques à l’attention des citoyens français et des personnes morales qui ont été diffamés et calomniés. Ils n’ont pas attendu des semaines pour réagir.
Lors de ce colloque, certains se sont attaqués, outre aux professionnels de la corrida, aux municipalités, à l’Observatoire National des Cultures Taurines. Quand on connaît les personnes mises en cause, élus ou personnalités qui occupent la responsabilité de ces organismes, on se rend compte que ces gens-là n’ont aucun scrupule et sont persuadés de leur impunité. Face à ce comportement délétère et abject, il ne suffit pas de faire des déclarations de ceux qui, certes avec raison, veulent affirmer et faire connaître le rôle des parents maîtres d’élever leurs enfants dans le maintien de leurs traditions reconnues par la loi. C’est évident et constitue la base de notre action mais, à mes yeux, cela est insuffisant. Il faut aussi se mobiliser derrière les courriers adressés par nos représentants institutionnels (UVTF et Observatoire) au président de la république, prêts à nous mobiliser si la volonté du pouvoir est de présenter ce projet au parlement. La prise de position inattendue de personnalités culturelles de renom a apporté un soutien fort à notre cause, étayée d’arguments concrets et culturels. Ils ont conclu : la proposition d’interdire la corrida aux moins de 16 ans leur retire une part de rêve, un pan de beauté et un espace de traditions au profit d’une société encore plus aseptisée. Ce texte apporte encore plus de force à notre volonté d’aller dans le sens de la défense de nos traditions auprès de nos jeunes. Invités dans les débats télévisés, ils ont confirmé la qualité de leur intervention et ont conforté nos espérances.
Je crains les pressions, les tentatives de disqualifications que nos amis pourront subir plus tard. Je connais celles qu’a connues il y a quelques années un acteur-réalisateur reconnu du monde du spectacle qui l’ont obligé à prendre publiquement du recul à cause de sa démarche pro-corrida. Mais le danger est surtout de nous diviser, soit par appartenance à des idées sociologiques divergentes, soit par crainte de se distinguer du politiquement correct. Les aficionados doivent accepter de ne pas avoir les mêmes conceptions de la tauromachie. Ils doivent admettre de ne pas être tous pareils mais reconnaître que les valeurs et les passions du Sud reposent sur les mêmes fondements. Ils doivent résister ensemble pour les maintenir. Je tiens à leur dire Restons unis dans nos différences, c’est notre seule chance. Ils ont le temps, les moyens pour arriver à leurs buts. Nous devons rester prêts à agir ou à réagir pour que cet éventuel projet de loi ne soit pas présenté à l’Assemblée. Bouvine, éleveurs, aficionados, toreros, chasseurs et même agriculteurs, notre succès dépend de notre unité. Rappelez-vous de la levée des Tridents en 1921. Elle a sauvé nos traditions.

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  • Cette conclusion peut parfaitement s’appliquer à la situation de l’aficion biterroise. La motivation de ceux qui étaient devant les arènes le 19 octobre est évidente et intéressante. C’était mieux que ce que je craignais mais la fréquentation est encore quantitativement insuffisante. Ne jetons pas la pierre aux absents mais relançons-les, soyons mobilisateurs. Nous devons être plus nombreux à un prochain rendez-vous. Préparons-nous !
    Les aficionados de l’extérieur ne comprennent pas la division qu’ils constatent dans nos rangs. Elle est due au travail de longue haleine accompli par ceux qui ont bien compris l’adage toujours efficace : diviser pour mieux régner. Progressivement, le désenchantement a touché des personnes dévouées qui se sont désintéressées. Je suis heureux de constater que le programme des Journées Taurines 2019 était amélioré, avec les interventions de la Lyre Biterroise et la création du Bolsin. J’étais heureux le dimanche matin d’assister par beau temps à la tienta. Avec mes quatre petits-enfants et leurs parents, nous étions sept. En fait, il manquait trop de monde comme aux trois autres rendez-vous aux arènes. Les imperfections et les erreurs sont normales. Les mauvaises intentions et les récupérations sont désagréables (il y en a eu). Elles nuisent à la nécessité de rester unis dans nos différences. Efforçons-nous de les négliger. Pensons au futur. Ce message d’unité doit nous animer. Il est nécessaire. C’est la seule solution dont nous disposons. Pour cela, il faut se montrer ouvert à nos différences et ne pas rester limité à des accords de clans qui ont apporté tant de tort à notre aficion et même à notre ville. Surtout ne maintenons pas le statu quo affligeant que nous constatons.
    Donnez des objectifs, soyez ambitieux, faites passer un vrai message réconciliateur qui se concrétise par des actes.
    Je conclurai par deux messages clairs :
  • Ne touchez à mes passions : signal fort adressé à nos gouvernants
  • Unis dans nos différences : adressé à la famille aficionada et aux défenseurs des traditions du sud. A Béziers, nous avons encore une chance de nous ressaisir, les circonstances nous y obligent. Regardez comment nos amis se sont rassemblés à Rodilhan (assiégés par les liberticides venus de toute la France), à Gimeaux après Bouillargues. Motivés par leur volonté de résister, leurs arènes étaient pleines dans l’émotion et l’unité.
    Ils étaient unis malgré leurs différences.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Edito n° 78 – Octobre 2019

ÉDITORIAL SEPTEMBRE 2019

LE SENTIMENT N’ENLÈVE PAS LA RAISON

François Zumbiehl est certainement de nos jours l’intellectuel et écrivain français le plus compétent, le plus érudit et le plus reconnu pour traiter de la tauromachie. Membre de l’Observatoire National des Cultures Taurines, il l’a défendue avec talent et opiniâtreté contre toutes les attaques de nos adversaires, quelles que soient leurs origines ou leurs motivations. Le mot Tauromachie vient des racines grecques Taùros : Taureau ou Toro et Makeia : Combat ou Lidia. C’est l’art de lidiar el toro. On traduit habituellement lidiar par combattre mais aussi traiter avec quelqu’un. Cette deuxième conception de la lidia peut s’adapter aussi à la corrida. Au cours de certaines tardes, quand le torero est en harmonie avec son toro, un véritable dialogue parait se créer entre eux qui, sans écarter le danger, s’achèvera par l’acte final de la mise à mort par laquelle le torero conclura son œuvre.

Le sentiment n’enlève pas la raison : François Zumbiehl exprima cette phrase en ouverture du pregon (discours) qu’il a récemment prononcé au Mexique, dans la ville historique de Zacatecas, au Musée d’Art Abstrait de cette ville dans le cadre du Festival Culturel Taurin de la Feria. J’ai eu la chance de l’écouter par internet (audio) sur un site taurin mexicain. Le maître François Zumbiehl s’adressant à son public, démontra l’évolution du monde taurin qui commença sur les rives du monde méditerranéen et qui voyagea du détroit de Gibraltar jusqu’aux Amériques Latines, en particulier au Mexique. Il attire l’attention sur ce pays mystérieux, sur son côté mystique et extrême. Il rappela à ses auditeurs une légende mexicaine des premiers siècles de la conquête qui se rapporte au monde taurin : un groupe d’aspirants toreros au nombre de 12, comme les apôtres, se serait enfermé dans une salle avec la volonté de demander au Diable de les aider dans leur démarche pour devenir toreros. Ils voyaient la corrida comme la lutte entre la vie et la mort, le bien et le mal, entre le Saint et le Démon. La fin de la légende concluait même ne jamais toréer un toro noir parce qu’il peut contenir le Démon. Il est vrai que les Conquistadors amenèrent avec eux dans les terres aztèques des toros et même la corrida dès le XVIème siècle.

Le traditionnel toro de combat mexicain confirme encore de nos jours le résultat du croisement initial entre les reproducteurs majoritairement gris d’origine Saltillo et le bétail Criollo. La légende mystique de ces jeunes apprentis toreros nous rappelle ce dicton du passé L’indifférence du Mexicain devant la mort se nourrit de son indifférence devant la vie. Il inclut souvent dans ses croyances le mystique avec les mystères qui côtoient la mort. Le Mexicain fréquente la mort, la raille, la fête. A leur arrivée, les Espagnols ont fait coïncider la tradition indienne avec la catholique dans les dates officielles des jours des morts : 1er et 2 novembre.

Ces réflexions incluses dans son pregon de Zacatecas, m’ont rappelé que ce prestigieux aficionado impressionné par la vie du 4ème Califa de Cordoue, après Lagartijo, Guerrita et Machaquito, a écrit il y a une dizaine d’années Manolete, torero mystique, torero mythique.

Manolete et un taureau de Miura à Barcelone le 2 juillet 1944, al natural…

L’Union Taurine a souhaité maintenir dans le Musée Taurin, dans la grande salle des maestros, un espace réservé à Manuel Rodriguez Manolete en mémoire, que nous souhaitons indélébile, de ce torero historique, mort tragiquement à Linares en 1947 suite à une cornada du toro Islero de Miura. Pourtant, la plupart d’entre nous ne connaissent que de vieilles photos plus ou moins jaunies ou quelques rares films. Zumbiehl a écrit dans son livre ces photos sur son lit de mort de sa figure austère et allongée rappelant celle d’un mort martyr du Greco ont consacré ce mythe. Petit-fils et fils de toreros cordouans, qui avaient porté le même apodo, il n’était aidé ni par son physique, ni par son exubérance. Pourtant, il marqua les aficionados espagnols de 1935 à 1947, période difficile de l’histoire de l’Espagne. Il connut aussi de grands triomphes au Mexique qui en fit une idole aux côtés de ses grands amis Silverio Perez, Carlos Arruza, Firmin Rivera… Sa tauromachie se distinguait par 3 points majeurs : Authenticité, Proximité, Verticalité.

L’authenticité, je dirai même l’art exceptionnel ave lequel il portait les estocades, a marqué sa carrière jusqu’à sa mort. Il s’engageait à fond derrière l’épée, son regard et sa volonté se fixant sur le point de la Croix. Le terme cruz, cruzar ou cruzarse (croiser, se croiser) est toujours primordial dans l’expression tauromachique. Le dicton fameux hay que torear al amparo de la cruz (sous la protection de la croix) a pu être utilisé dans le symbole religieux chrétien et dans la technique tauromachique c’est le terrain où doit se tenir le torero par rapport au toro (nous y reviendrons). Il y a quelques années nous pouvions entendre dans les gradins, parfois à contretemps, les défenseurs zélés du classicisme crier au torero cruzate (croise-toi avec le toro). Le 7 des arènes de Las Ventas a conservé cette tradition désagréable, ajoutée aux petits sifflets qui cherchent à déstabiliser le torero qu’ils n’aiment pas dans leurs a priori partisans. Je comprends et je préfère les conseils venus du callejon de la part des banderilleros ou de l’entourage du torero pour l’inciter à modifier sa position en se croisant par rapport au toro. Certes, cette position est théoriquement plus dangereuse, plus proche des cornes du toro mais elle est plus efficace pour le faire démarrer vers le cite de la muleta. Eux savent mieux que les connaisseurs bruyants, que ce lieu est le plus efficace pour faire charger le toro sur le leurre avec moins d’hésitation, surtout au fur et à mesure que se déroule la faena.

Si nous revenons à l’authenticité (mais aussi à l’efficacité) au moment de l’estocade, les historiens de la corrida racontent que Fernando Gomez, El Gallo, matador sévillan de la fin du XIXème, aurait déclaré au moment de la suerte suprême (estocade) el que no se cruza que se lo llevan ya (qu’ils l’enlèvent tout de suite). Pourtant Fernando était connu comme un matador médiocre alors que ses succès furent construits par son toreo orné de détails esthétiques et son classicisme. N’oublions pas que ce torero était le père des deux figuras historiques Rafaël El Gallo, le Divin Chauve, et le grand Jose Gomez Gallito.

Le sentiment est une composante de l’émotion dont les aficionados, dans leur majorité, estiment qu’elle est l’élément indispensable de la corrida. François Zumbiehl nous fait remarquer à juste titre que le sentiment et l’émotion, s’ils sont essentiels, ne doivent pas écarter la raison. Certains ont pu critiquer Manolete pour son toreo profilé pendant la faena de muleta. Peu importe. S’il était croisé avec le toro, dans le sitio où le toro embiste (charge) car le torero l’oblige à passer dans ce terrain s’il a l’assurance et la technique pour maintenir le toro jusqu’au bout de sa charge. Plus proche de nous, n’avez-vous pas vu parfois Jose Tomas toréer profilé, faire passer le toro en pleine charge le long de son corps. Sans sa technique, sa raison qui maitrise son courage, il n’aurait pas pu toréer avec un tel niveau de pureté. Chaque torero a sa technique pour exprimer son art, sa maîtrise, l’authenticité et l’émotion qu’il nous procure. En tauromachie, si l’inspiration et le sentiment sont signe d’une expression artistique profonde et efficace, rien n’est possible sans la raison, sans la connaissance et la technique qui en découle.

L’autre point technique essentiel de la tauromachie moderne pour le torero est de templer la charge du toro avec la cape mais surtout avec la muleta car elle est plus proche de la conclusion de la faena. Réalité fragile et éphémère de produire l’accord entre le mouvement de l’étoffe maniée par l’homme et la charge de la bête. Si le torero n’arrive pas à templer, à adoucir la charge du toro pour éviter que le toro n’accroche ce leurre, il ne pourra pas s’approcher de lui efficacement avant la suerte suprême de l’estocade. S’il arrive à réussir cette harmonie, elle lui permettra de toréer dans la proximité (parfois dans la verticalité) sans étouffer la charge du toro comme on le voit trop souvent chez certains qui n’exécutent que des demi-passes. Ce n’est pas ce que j’apprécie. Ces passes ne commandent pas (no mandan) vraiment. Elles subissent les à coups de la charge sans vraiment la conduire.

Le courage seul, l’exaltation seule à la limite de la raison, ne peuvent pas solutionner le combat du torero face au toro. Il peut perdre progressivement les limites du danger. La raison née de la réflexion, de la répétition des gestes et de la confiance dans sa technique, sans oublier son aficion initiale, doit lui permettre d’exprimer les sentiments et l’émotion qui est le fondement de la tauromachie.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 77 – Septembre 2019

ÉDITORIAL AOUT 2019

MA FERIA 2019

J’ai manifesté à plusieurs occasions mes inquiétudes sur l’évolution de la tauromachie de la Feria de notre ville, ainsi que de son aficion. Mais nous vivons d’espoirs. Trois évènements avaient marqué l’annonce des cartels de la Feria 2019 :
– la présence de Sébastien Castella avec Andrès Roca Rey dans la corrida d’ouverture du 15 août face aux Cuvillo ;
– cette journée s’inscrivait dans la Scénographie de la Corrida Méditerranéenne de Loren Pallatier et ses Bleus Minotaure. Elle a été réussie, tant au niveau esthétique que symbolique. Je regrette qu’elle n’ait pas été suffisamment médiatisée et mise en valeur dans la communication événementielle de la Feria et de la Ville. Pourtant, elle correspondait parfaitement à la mythologie, à l’histoire méditerranéenne et aux valeurs du Sud que nous voulons défendre face aux critiques systématiques, injustes et perverses dont nous sommes l’objet ;
– le retour des toros de Robert Margé. On savait qu’ils avaient 5 ans et qu’ils étaient d’une constitution physique sérieuse. Je ne me suis pas permis de commenter tous les cartels à l’annonce de la Feria pour ne pas créer de doutes dans le public potentiel de nos arènes. En fait, je regrette que Daniel Luque, au sommet de son art depuis 2018, n’ait pas été inclus dans la corrida du 16 août avec Léa Vicens et Pablo Aguado. La présence d’Emilio de Justo aurait été mieux adaptée dans la corrida du lendemain face aux Margé. Quant au mano a mano Octavio Chacon et Juan Leal (étoile montante triomphateur de la Feria 2018), je ne vois pas la competencia (concurrence) à mes yeux nécessaire dans ce type de corrida.

La Feria 2019 s’ouvrait donc sous de bons auspices, dans un climat plus serein que celui des deux années antérieures. Les évènements extérieurs avaient transformé le centre-ville et le quartier des arènes en camp retranché pour des aficionados et des festaïres protégés d’éventuels incidents provoqués par des trublions. De même, l’affiche retenue pour la Feria 2019 était plus adaptée à la célébration de la fête sudiste que celle de 2018 qui correspondait plutôt à une exposition photographique. Cette année j’ai apprécié :
– l’organisation sur la place Emile Zola, lieu identitaire de la vie d’un ancien quartier agréable de notre ville, d’une animation quasi permanente autour de la tradition du cheval et du toro (Toros y Caballos). L’idée est bonne et redonne à ce lieu une image plus symbolique et vivante que celle d’un parking. Cette place, à partir de l’évolution du quartier au début 1900, était un lieu où il faisait bon vivre, avec ses brasseries, ses joueurs de boule, son bal de quartier et ses feux de la Saint-Jean. J’y ai passé deux bonnes soirées. Je pense que malgré ce, on doit améliorer le site, le déroulement des tertulias et accentuer le côté festif par un meilleur éclairage.
– L’embellissement du ruedo le 15 août par le labyrinthe bleu adapté aux cercles traditionnels du déroulement de la pique, toutes les nuances de bleu porteuses de la toreographie des jeunes toreros biterrois sur les talanqueras et les burladeros de Minotaure que l’on peut retrouver après la bataille maintenant au Musée Taurin.
– La présentation morphologique globale du bétail, même si je regrette le surpoids apporté par l’éleveur aux petits toros de Cuvillo (notamment le premier) et mes interrogations sur 2 d’entr’eux qui avaient près de 6 ans : 5 ans et onze mois ? Les Cuvillo ont gâché le déroulement de l’événement du 15 août qui aurait pu être triomphal malgré l’absence de Roca Rey.
– Le lot des toros de Margé, bien présentés, a confirmé dans le ruedo le physique et le sérieux de leurs 5 ans.
– Le lot exceptionnel de Pedraza de Yeltes, le meilleur que le ganadero ait présenté à Béziers, tant dans la présentation que dans le comportement.

Le vent violent et le manque de caste des Cuvillo n’ont pas permis à Sébastien Castella et Perera de démontrer idéalement les caractéristiques de leur tauromachie. Sébastien m’a confirmé son grand moment, tant au niveau technique, que sa maîtrise du combat incluant son efficacité à l’épée. Il est regrettable à mes yeux, qu’il est cherché le triomphe maximum par une faena trop longue qui baissa d’intensité avec le manque de bravoure du quatrième de la corrida. Cette deuxième oreille qu’il recherchait pour ouvrir la grande porte n’aurait eu aucune contestation, à part celle de la petite minorité influente de l’aficion locale qui depuis toujours lui demande ce qu’elle n’exige pas des autres…
Quant à Toñete, il fut très discret comme je le craignais, étant donné ses références…
Les toros de Jandilla m’ont déçu. J’attendais leur caste légendaire. Pablo Aguado put montrer au public devant son premier quelques détails de son toreo, alors qu’Emilio de Justo a bien confirmé qu’il est mieux adapté aux Victorino qui l’ont fait découvrir et qu’il connaît très bien du fait de ses origines de Cacéres. Je tiens à attirer votre attention sur son positionnement sur l’extérieur de la corne droite avant de rentrer a matar. Cela lui facilita l’efficacité de ses estocades mais ne répond pas à l’authenticité du geste notamment l’exigeant passage du guichet quand le torero perd la tête du toro en rentrant a matar, surtout dans un vrai volapie. Certes, je reconnais un manque de référence sur le toreo à cheval mais j’ai apprécié, comme la grande majorité du public, l’actuation de la rejoneadora française Léa Vicens, pour son esthétique, la présentation de sa cavalerie et sa maîtrise. Elle a sauvé l’après-midi.

La corrida des toros de Margé était attendue au niveau de son comportement, sachant qu’en matière de trapio et de solidité, elle serait sérieuse et incontestable. Ce fut le cas pour les six. Au niveau du mental, le résultat fut beaucoup plus disparate. Le cartel composé des sévillans de Gerena Daniel Luque et Manuel Escribano, accompagnés du jeune péruvien Joaquin Galdos, nous permettait d’espérer car ils ont des références suffisantes pour les affronter. Depuis la temporada 2018 Luque a retrouvé sa sérénité et il a démontré progressivement une remise à niveau indéniable après un bache dû à des raisons diverses qui tiennent plus à l’humain qu’à ses capacités professionnelles. Il peut à nouveau exprimer cette tauromachie artistique qui allie les qualités de maîtrise, de créativité que nous lui connaissions. C’est une tauromachie inspirée avec un temple personnalisé qui l’amène au sommet. Il avait connu de la difficulté à s’équilibrer dans ce rôle de figura. Nous l’avons retrouvé notamment en France à Bayonne face à d’excellents La Quinta et il arrive à Béziers ce 17 août après son triomphe d’exception lors de son solo du 14 à Bayonne où il atteint ces sommets recherchés en coupant 2 oreilles et la queue de Mironcillo de Pedraza de Yeltes, qui fut primé de la vuelta al ruedo.

Les toros de Margé ont montré trois facettes différentes de leurs tempéraments : le premier dangereux ne permettait rien malgré l’effort d’Escribano. Le 2ème et surtout le 5ème n’ont permis à Luque que de montrer une parcelle de son talent grâce à son temple, sa sérénité, son expérience et son professionnalisme (oreille du 5ème). Il a confirmé au public son grand moment malgré la tendance de ses adversaires à abandonner le vrai combat en se réfugiant près des planches lorsqu’ils sont dominés. Heureusement, le 4ème de la course, Atlas, le plus imposant des 6 tant au mental qu’au physique, démontra dès le début un poder et une bravoure exceptionnels tant à la pique que dans ses charges. Il exigea de Manuel Escribano un engagement total dans les deux poder a poder que dans le violin final. Ce fut un intense combat entre ce toro aux charges puissantes mais franches, tant dans les séries à droite qu’à gauche avec la muleta. Il fallait un torero poderoso pour accepter ces démarrages violents dans une faena d’émotion conclue par une estocade entière. Manuel Escribano obtenait les deux oreilles qui lui ouvraient la grande porte. Vous pouvez voir les moments forts de la faena sur le site de Toro Fiesta (Agnès Peronnet).

Le jeune péruvien Galdos est déjà expérimenté après sa carrière de novillero avec picador (2014 et 2015) et après son alternative à Istres en 2016 avant Madrid en 2017. S’il ne pouvait faire grand chose devant le 3ème, j’estime qu’il n’a pas démontré toutes les facettes de la qualité du 6ème Margé qui méritait mieux. Certes, sa faena a été méritoire, vibrante mais je l’ai trouvée brouillonne face à un toro qui permettait une expression de plus haut niveau, tant technique qu’artistique. Il reçut deux oreilles de ce toro qui fut primé de la vuelta al ruedo comme le 4ème.

La corrida de clôture des 6 toros de Pedraza de Yeltes, meilleur lot de cet élevage vu dans nos arènes. Très bien présentés, lourds mais mobiles et armés, spectaculaires au cheval comme le premier piqué par Tito Sandoval, ils ont permis des moments intéressants, notamment pour la première faena d’Octavio Chacon qui ne sut pas conclure. Regrettable. Burrenito méritait mieux. Le deuxième Pedraza qui prit de grandes piques, déborda Juan Leal au capote. Le jeune arlésien dans l’impossibilité de faire une faena de muleta traditionnelle sut utiliser l’astuce de passes inversées qui, normalement, servent aux toreros pour terminer des séries. Le puissant Jacobo (640 kg) débordait toute autre tentative dans le toreo traditionnel. Juan a confirmé son courage, avec sa tauromachie spectaculaire devant ses deux autres adversaires, même si le toreo classique fut limité. Ce jeune torero est très à l’aise dans la tauromachie de cerquania (rapproché) où sa sûreté et sa planta torera lui permettent d’impressionner le public et de triompher. Ses entrées a matar pas très orthodoxes, sont percutantes et spectaculaires, avec des estocades entières efficaces qui lui permirent de conclure spectaculairement ses deux dernières faenas et de couper 3 oreilles dont 2 au 6ème comme en 2018. Il cite de très loin et s’élance courageusement vers le toro pour lui enfoncer l’épée, si possible jusqu’à la garde, en sautant au-dessus de la corne droite puisque dans ces conditions le toro humilie peu.

Je tiens à féliciter Carlos Olsina pour ses progrès significatifs depuis 2017 qui lui permirent de remporter le Tastevin d’Argent de l’Union Taurine malgré la qualité de Diego San Roman (Tastevin 2018) et de El Rafi.
Alors que je terminais cet édito, j’ai appris la blessure de Carlos en Espagne, qualifiée de grave, qui l’empêchera de toréer les Miura ce 1er septembre à Carcassonne. Je lui souhaite un rétablissement rapide.
Il faut noter le nombre important de cornadas sérieuses sur cette fin de mois d’août.

Avant de conclure mes commentaires sur la Feria, je remarque que les 3 tertulias auxquelles j’ai assisté, donnent trop d’importance aux trophées et à la responsabilité du Président de nos arènes qui maîtrise son rôle depuis plusieurs années à Béziers. Il me paraît préférable de commenter le comportement des toros et des toreros. C’est là qu’après le spectacle, on conforte l’aficion au contact des anciens. Ce sont les fondements de la tauromachie. Ce sont dans ces libres conversations, ces échanges après la corrida et par la suite au campo, que s’est forgée mon aficion.

Oui, la Feria 2019 fut intéressante. Terminée à la hausse par 8 bons toros dont 4 de grande qualité. Ils ont rendu à l’aficion biterroise son envie de réfléchir sur l’avenir pour consolider ses sensations, ses émotions qui ramèneront je l’espère le public aux arènes. La fréquentation fut encore défaillante cette année.

Les annonces de Sébastien Castella pour 2020 sont intéressantes après celle de sa candidature à la gestion future des arènes. Mais pour la prochaine Feria comment inclure les Miura sur 4 cartels alors qu’à mes yeux, les élevages de Margé et Pedraza s’imposent, surtout si Sébastien veut tuer toutes les corridas de la Feria. N’oublions pas que le 15 août tombe un samedi l’année prochaine.

L’aficion apprend avec tristesse le décès de Françoise YONNET, grande dame de la Camargue. L’Union Taurine Biterroise présente ses sincères condoléances à toute sa famille.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU édito n°76 aout 2019

ÉDITORIAL JUILLET 2019

LE LOCALISME A SES LIMITES ET LE PROTECTIONNISME EST INJUSTE

L’édito de Marc Lavie de Semana Grande du 23 juillet sur les effets négatifs du localisme dans la constitution des cartels, notamment en faveur des novilleros français, a attiré mon attention. Je ne puis commenter que sur le principe mais sur le déroulement du spectacle mis en cause, je fais confiance à Marc. La novillada avec picador de la dernière Feria qui est à l’origine de l’édito de Semana Grande, a fait regretter les novilladas présentées par le passé durant la Feria Montoise : « Samedi soir, on fut souvent en dessous de la non piquée ». Connaissant les six novilleros qui affrontèrent les bêtes d’Ave Maria (élevage espagnol Pagès-Margé), je m’imagine pourquoi Marc a pu s’élever contre le choix des jeunes toreros choisis pour les relations proches : c’est le neveu d’un tel, le petit-fils d’un autre, le cousin de l’ami du concierge. Je pense que le système encore plus gênant que le simple localisme, qui aggrave la qualité et l’intérêt de ces novilladas, est la constitution de cartels de 6 novilleros qui doivent affronter chacun un seul novillo. Pour se justifier et se mettre en valeur, surtout si le sorteo ne lui est pas favorable, le jeune qui n’a que cette unique possibilité de triompher, veut parfois trop en faire pour utiliser au maximum son adversaire en oubliant qu’il doit surtout mieux toréer quand le novillo le permet. Le problème soulevé par Marc Lavie se généralise beaucoup trop en France, surtout dans les sans picadors. Certes le nombre de novilleros a augmenté avec les écoles taurines qui permettent trop souvent de leur donner un bagage de base, parfois insuffisant, pour changer trop vite de catégorie dans l’obligation d’essayer d’avancer et de s’accrocher plus tard à un projet d’alternative. Je plains sincèrement le jeune Béarnais Dorian Canton qui après sa récente actuation valeureuse à Madrid le 25 juillet, devait prendre son alternative le samedi 27 juillet à Bayonne. Malheureusement les pluies violentes de l’après-midi n’ont pas permis à la corrida de se dérouler. Il prendra finalement son alternative à Villeneuve de Marsan le 6 août où il devrait toréer sa deuxième corrida. Malheureusement ce n’est pas une arène de 1ère catégorie comme Bayonne. Je pense qu’il existe un problème encore plus essentiel pour l’évolution de la corrida de nos jours. Les empresas majeures et leurs associés serviables, ont accentué ces dernières années un système protectionniste pour réserver à leurs protégés les puestos dans les arènes de première et deuxième catégorie qu’ils maîtrisent officiellement en connivence. La presse spécialisée sur internet se prête à la manipulation de l’information, en particulier dans les titres dithyrambiques sur les protégés que l’on ne retrouve pas dans les comptes-rendus sérieux. Quand il s’agit d’un intrus au système, l’information est minimisée sur son actuation valeureuse et on limite sa répercussion dès le lendemain. Les exemples sont nombreux mais je respecte trop les toreros pour faire des citations précises. J’ai choisi 4 cas de toreros différents qui malgré leurs triomphes et leur courage, se voient enfermés dans un système qui ne leur permet pas de se mettre en valeur par rapport à leurs capacités. Si je commence par les jeunes :

Fernando Adrian âgé de 27 ans, préparé par l’école du Juli, dans la même génération que Juan Leal, démontra des qualités supérieures dans toute sa période de novillero : 53 novilladas entre 2011 et 2012, avec des succès majeurs à Séville, Arnedo et Nîmes (capote de oro). Il se fit remarquer par son toreo profond, esthétique et sa technique maîtrisée mais sans recherche d’effets spectaculaires. Après une alternative de qualité à Avila avec El Juli et Perera (2 oreilles), il torea très peu entre 2014 et 2016. J’ai pu noter un triomphe en 2017 devant les Baltasar Iban (4 oreilles 1 queue). Je n’avais plus d’information jusqu’au mois de janvier dernier pour la Feria d’Ajalvir dans la banlieue madrilène. Il triompha avec 4 oreilles devant tous les correspondants disponibles de la presse spécialisée : Fernando Adrian primera sorpresa del año. Il n’est pas banal de voir toréer avec le temple, la lenteur et le rythme avec lequel a torée Fernando Adrian. J’espérais plus de soutien de la presse par la suite mais à ce jour : 1 corrida – 4 oreilles et le silence…

Le cas du jeune matador de toros de Trigueros (Huelva) David de Miranda, est différent mais représentatif du système. Jeune novillero de qualité, il prit une alternative de luxe pour la Feria de Huelva le 5 août 2016 des mains de Jose Tomas en coupant 2 oreilles. Un an après, le 28 août 2017 dans les jolies arènes de Toro (Zamora) célèbre pour ses grands vins, David est pris violemment par un sobrero de plus de 600 kgs : 4 fractures des cervicales et plus de sensations du cou jusqu’aux orteils. Après 18 mois d’efforts, de douleurs et de doutes, David remarche et reprend ses sensations de torero. Il se présente à Las Ventas pour confirmer son alternative des mains du Juli face aux Juan Pedro Domecq. Devant le 6ème, David réalise une faena qui connecte avec le public : estocade entière – 2 oreilles et sortie en triomphe. Simon Casas a eu le bon goût de prendre une décision surprenante en ajoutant 2 toros de Jandilla à la corrida du 9 juin pour Pentecôte pour une confirmation d’alternative nîmoise. David de Miranda démontre des qualités évidentes qui étonnent le public : 2 oreilles. Le problème arrive maintenant. A ce jour, David n’a torée que 7 corridas depuis le début de la temporada avec aucune substitution annoncée de Roca Rey et il n’est pas encore annoncé en France. Son apoderado Jorge Buendia, empresario méritant de la Province de Huelva, n’a pu conclure que 12 contrats au total jusqu’au 30 septembre, même s’il vient d’être annoncé récemment (Roca Rey ?) à Malaga, Almeria, Albacete, Toro, Cuenca… soit 17 corridas jusqu’au 30 septembre en attendant éventuellement Saragosse et Salamanque, soit 20 d’envisageables.

Le cas de Juan del Alamo est encore plus triste car si heureusement il n’a pas connu de graves blessures comme David de Miranda, son avenir est plus préoccupant. Le torero de Ciudad Rodrigo, novillero puntero, prit l’alternative à 20 ans en 2011 à Santander. Après des débuts difficiles, il va gagner sa place dans l’escalafon grâce à ses succès et sa constance. Pour résumer : il a coupé neuf oreilles dans les arènes de Las Ventas dont une sortie a hombros. Il triomphe à Nîmes, Arles en 2015 (3 oreilles face aux Baltasar Iban et trophée du meilleur lidiador de la temporada française). Malgré ses succès, tant comme novillero (7 oreilles) que matador de toros (3 oreilles en 2015 et 2 oreilles en 2017, Juan del Alamo risque d’être écarté de la Feria de Salamanque et terminer la temporada avec moins de dix corridas. Certes, Juan n’a pas de représentant de poids dans le mundillo. Qu’en pensez-vous ?

Je terminerai mes exemples par un cas que je connais très bien : Manuel Escribano. Après une bonne carrière de novillero et des triomphes précoces, il prend une alternative banale à Aranjuez en 2004, après de nombreuses erreurs de son entourage. Après une traversée du désert, il ne perd pas ses illusions et continue à se préparer avec enthousiasme. Le 21 avril 2013 à la Feria de Séville, la substitution d’El Juli blessé lui permet de couper 2 oreilles à Datilero de Miura et de se relancer enfin avec de bonnes temporadas en Espagne, France et en Amérique. En 2016, il indulte Cobradiezmos de Victorino Martin à Séville. Sa carrière faillit être brisée par deux cornadas qui auraient pu être tragiques dans la Sierra de Madrid et à Alicante. Ses capacités physiques hors du commun et sa volonté reconnue de tous, lui ont permis de retrouver ses capacités pour affronter les toros, souvent les plus exigeants et en tirer la quintessence. Depuis 2018 et surtout pour cette temporada 2019, il est l’objet d’un veto de certaines grandes empresas (suivez mon regard). Est-ce dû aux changements d’apoderados ? Actuellement, l’excellent ex matador de toros de Cordoba, Jose Luis Moreno gère sa carrière au mieux. La Real Maestranza ne lui a même pas proposé la corrida de Miura alors qu’il venait de triompher à Valdemorillo devant les toros de Zahariche. Simon Casas ne l’a même pas présenté à Alicante où il avait subi la gravissime cornada de juin 2016 dont il garde des conséquences indélébiles. Pour San Isidro, il torée le 30 mars la seule corrida d’Adolfo Martin avec Roca Rey et subit une grave cornada alors que sa faena promettait un succès retentissant. Il revint le 20 juin pour indulter à Utrera le toro de Miura Tahonero comme au Mexique le 13 janvier le toro Apolo. Ayant perdu la corrida de Pamplona pour intempéries et celle de Vic pour blessure, Escribano se trouve actuellement 26ème à l’escalafon avec huit corridas en Espagne. Annoncé cinq fois jusqu’à la fin août, dont Béziers et Bilbao, il peut espérer 15 corridas, dont Logroño où il triompha en 2018.

Ce sont des exemples. Les protecteurs font fonctionner le système entre eux pour leurs protégés (directs ou indirects). Je ne souhaite pas minimiser la qualité de ces toreros. Ce sont aussi bien souvent des victimes. Je dénonce ce système qui non seulement est injuste, mais qui ne peut rien apporter de positif au renouveau de la corrida. Le localisme et le protectionnisme abusifs sont préjudiciables à la competencia nécessaire à la vie de la tauromachie, faute de quoi elle se ramollit et perd son essence. Je comprends que ce monde est un négoce mais il s’adresse à des êtres humains que l’on ne peut manier comme des…

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 75 – Juillet 2019