CONCHITA CINTRON HONORÉE À BÉZIERS

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Vendredi soir 4 septembre, le foyer des artistes du théâtre de Béziers était plein pour la soirée consacrée à Conchita Cintron la déesse blonde organisée par l’Union Taurine Biterroise et sa présidente Marie-Françoise Rouzier.

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Pierre Nabonne, auteur du livre « Conchita Cintron, l’insoumise » – paru en 2018 aux éditions Gascogne – à partir de photos et de plusieurs videos (montage d’Hugues Bousquet) raconta avec brio la vie et carrière de cette rejoneadora d’Amérique du Sud qui n’hésitait pas à mettre pieds à terre pour combattre les toros. Francis Andreu de l’UTB apportant quelques précisions sur sa présence à Béziers…

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Francis Andreu, Marie Françoise Rouzier et Pierre Nabonne

De 1936 à 1950, cette Torera – cavalière émérite – combattit dans toutes les grandes arènes d’Amérique du Sud, où elle fit 211 corridas et estoqua à pied 401 toros (de 1939 à 1943)

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 En Europe, Séville, Madrid, Nîmes, Béziers, Bayonne, Bordeaux, Arles, Marseille… l’applaudirent pour son courage et son toreo. Conchita fit même deux exhibition de son talent de cavalière au « Vel d’Hiv » de Paris en 1949. Son passage deux fois à Béziers  – 1948 et 1949 – fût un triomphe.

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Béziers le 22 mai 1949

Nîmes la vit en septembre 91 donner l’alternative à Marie Sara. Née au Chili en aout 1922 d’un père portoricain et d’une mère d’origine irlandaise, Conchita Cintron terminera sa vie le 17 février 2009 à Lisbonne.

49 Hommage arènes de Lisbonne 1995

« CONCHITA CITRON » À BÉZIERS

Concepción (avec Conchita comme diminutif) Cintrón Verrill est née au Chili en 1922, d’un père portoricain et d’une mère américaine avec des racines familiales en Irlande : un mélange détonant ! La famille s’installe au Pérou, à Lima, où Conchita grandit et se révèle comme la meilleure élève du rejoneador portugais Ruy da Cámara. Elle débute à cheval lors d’un festival à Acho, les arènes de Lima, à l’âge de 14 ans. Un ancien torero basque en exil, Fortuna, lui prodigue ses enseignements et Conchita effectue ses débuts de novillera à Tarma en 1938, sur les hauteurs de la cordillère des Andes.
Le maestro mexicain Jesús Chucho Solórzano se rend aussitôt compte de ses dons innés et facilite ses débuts au Mexique. Le succès de curiosité de ses débuts se transforme en admiration générale dès son triomphe à la Mexico du 3 septembre 1939 où elle séduit l’afición tant à cheval qu’à pied. Durant 3 ans et demi elle côtoie les plus grandes figuras aztèques avant de sillonner toute l’Amérique latine où on ne tarde pas à la nommer la « Déesse blonde ».

Il s’agit maintenant de conquérir la Péninsule ibérique. Pas facile compte tenu de la réglementation espagnole qui interdit à ces dames de mettre pied à terre pour toréer et tuer comme le faisait Conchita Cintron. Elle triomphe tant à Las Ventas qu’à La Maestranza à cheval, mais à pied il lui faut passer la frontière.

Sa présentation à Bayonne, le 3 août 1947, fait sensation : sa maestria à cheval, ses aptitudes avec la cape et la muleta, sa décision à l’épée mettent en rage ses collègues espagnols. Les empresas se la disputent et Béziers verra Conchita, avant Paris et Toulouse, triompher en 1948 et 1949 devant plus de 15 000 spectateurs enthousiastes. Sa beauté, son charisme, sa maîtrise, notamment à pied, et sa dignité portée à l’extrême, lui confèrent une réputation qui se répand partout.

Mais l’amour l’attend et elle met un point final à sa carrière le 18 octobre 1950 à Jaén, en Andalousie profonde, se saisissant d’une muleta pour sidérer l’assistance en extase qui lui réservera une sortie d’anthologie. Nîmes la reverra avec un immense plaisir aux Vendanges 1991 pour conférer l’alternative à Marie Sara.

Conchita Cintrón nous quittera avec son élégance habituelle à l’aube du 17 février 2009 pour rejoindre ses amis, les figuras disparues, ne laissant derrière elle que regrets et admiration.
Son souvenir marque encore l’aficion française.

FESTIVAL TAURIN CARITATIF du « SUD À BÉZIERS » 2020

Dans la longue histoire de l’Union Taurine Biterroise il y a des jours à marquer d’une pierre blanche. Ce fût le cas ce dimanche 16 aout 2020, car rassembler au musée taurin biterrois, a côté de la présidente de l’UTB, du maire, de la députée de l’Hérault et du directeur du centre hospitalier, cinq Maestros n’était pas évident dans ce climat sanitaire.
La figura biterroise, Sébastien Castella, à la sollicitation de Robert Ménard pour monter un cartel caritatif, avait immédiatement répondu présent, comme le firent à sa demande ses amis toreros Léa Vicens, Manuel Escribano, Miguel Ángel Perera, Paco Ureña et le novillero Carlos Olsina. Le directeur général du Centre Hospitalier de Béziers Philippe Banyols, touché par cette solidarité, tenait à remercier tous ceux ayant concouru au montage de ce festival taurin, ainsi que les aficionados qui par leur présence sur les gradins des arènes permettront l’achat de matériel médical. Il précisait ainsi la Corrida est bien le symbole de la vie.

de gauche à droite : Cécile Clignon, Emmanuelle Ménard, Robert Ménard, Philippe Banyols, Paco Ureña, Miguel Ángel Perera, Manuel Escribano, Léa Vicens, Sébastien Castella, Marie-Françoise Rouzier et la reine de Béziers

Avec émotion, la présidente de l’Union, Marie Françoise Rouzier s’adressait aux nombreux présents, masqués covid et règles sanitaires l’imposant.

 » Monsieur le Maire, Madame la Députée, chers Maestros, Monsieur le Directeur du Centre Hospitalier, Mesdames, Messieurs, chers amis,

Il y a des jours dans la vie d’un aficionado plus importants que d’autres. Je pense qu’aujourd’hui comptera particulièrement, grâce à votre présence, chers Maestros, dans ce Musée Taurin.
Ce Musée dont peuvent s’enorgueillir les amoureux de la tauromachie, nous le devons aux liens créés, au fil des 120 ans d’existence de l’Union Taurine Biterroise, entre les toreros et les aficionados biterrois. Au cours de toutes ces années, vos prédécesseurs après avoir toréé dans notre ville, venaient à la rencontre de ce public qui à chaque Feria, était là dans les arènes pour les admirer et les applaudir. Les Maestros étaient reçus dans les hôtels, quelquefois en privé, et des cadeaux étaient échangés : le Musée Taurin était né. Ce patrimoine qui fait notre fierté, s’est enrichi au fur et à mesure pour en arriver à une collection d’œuvres dont certaines ont été inscrites par la Drac en 2015 au titre des monuments historiques d’objets mobiliers.
Ces liens tissés, que l’on peut qualifier même d’amitié, sont nécessaires car un aficionado a besoin de voir son torero, j’oserai même dire de le toucher, pour garder en lui ce qu’il a vu dans l’arène, ce qui l’a fait vibrer, pour magnifier toute cette passion qui le fait courir d’une plaza à une autre. Dans ces moments difficiles pour la tauromachie, ces rapports entre nous sont primordiaux.

Aujourd’hui, par votre présence, vous faites exactement ce que les aficionados biterrois espèrent à chaque fois : vous voir, échanger même trois mots, mais être auprès de vous quelques instants.
Pour tout cela, merci à vous tous, merci d’avoir pris sur votre temps que nous savons précieux, merci de nous faire cet honneur et cet immense plaisir. Merci pour votre participation ce soir au Festival qui est encore une preuve de ce que le monde de la tauromachie peut faire dans les situations difficiles comme celle que nous vivons.

Merci enfin monsieur le Maire, d’avoir été l’artisan de cette rencontre. L’Union Taurine Biterroise et les aficionados Biterrois y sont extrêmement sensibles. « 

Il appartenait à Henri Fabre-Luce de clôturer cette manifestation taurine en remettant au Maestro Biterrois « le Prix de la Société Tauromachique – Castelbon de Beauxhostes ». Prix décerné par l’Union Taurine Biterroise en 2017 pour les 120 ans d’aficion de l’UTB.

« Quel plaisir vous me faites en me demandant de remettre « le Prix de la Société Tauromachique – Castelbon de Beauxhostes à Sébastien Castella » ! Tous trois me sont chers et m’impressionnent :
Sébastien Castella d’abord, car il porte haut et de par le monde, son courage, sa passion et son talent. Trois valeurs humaines magnifiques et rares, et encore plus rares lorsqu’elles sont réunies chez le même homme.
Castelbon de Beauxhostes ensuite, car mon grand-père, passionné lui aussi et profondément artiste, avait ressenti, comme les écrivains et peintres qui y ont puisé leur inspiration, combien le lien entre tauromachie et art était fort, combien la beauté du geste et la chorégraphie qui se joue avec le taureau révèlent l’art des grands matadors de toros. Et je suis convaincu que c’est là que réside l’âme de la corrida et que c’est sous cet angle qu’il faut la défendre et la porter.
La Société Tauromachique enfin, fondée par Castelbon de Beauxhostes et désormais Union Taurine, est non seulement un pilier de l’afiçion biterroise depuis cent-vingt ans mais possède aussi de merveilleux dessins de Goya, encore une preuve de ce lien indéfectible avec les artistes.

Pour terminer sur une boutade, je vais reprendre une phrase du grand philosophe Nietzsche : « sans la musique, la vie serait une erreur », et la modifier un peu, pour pouvoir affirmer à mon tour : « Sans l’art tauromachique, la vie à Béziers serait une erreur » ! « 

« RAFI » ET PATRICK VARIN AU MUSÉE TAURIN DE BÉZIERS AVEC L’UTB

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Mardi 16 juin l’Union Taurine Biterroise tenait à marquer d’une pierre blanche la réouverture du musée taurin de Béziers et la reprise de ses activités. Pour cela en fin d’après-midi Marie-Françoise Rouzier nouvelle présidente de l’UTB avait invité le talentueux novillero Rafi (Raphael Raucoule) et son mentor le matador Patrick Varin.

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Devant une bonne quarantaine de personnes, par ces quelques mots la présidente ouvrait cette « séance » : (..) Je voulais tout d’abord vous dire toute mon émotion, puisque c’est la première fois que je mets la casquette de Présidente, responsabilité dont je me serais bien passée mais les aléas de la vie font que des fois il faut se lancer. Je tiens à souligner à cette occasion tout le travail que Michel Bousquet a accompli au sein de l’UTB et particulièrement son investissement dans l’installation du Musée ici même. Qu’il en soit sincèrement remercié.

Il fallait se lancer donc je me suis lancée et j’espère que vous m’accompagnerez tous dans cette mission que je vais essayer de remplir avec toute mon énergie et tout mon cœur.. Heureusement, je ne suis pas seule à m’investir : il y a un Comité Directeur composé de Paul Bouty, Vice-président, Eric Sanchez, Trésorier, Patrick de Belabre, Matthieu Berna, Guy-Michel Bosc, Claude Garrigues, Michel Mathieu et Patrice Sifflet. Il y a bien sûr la mémoire de la Maison, notre Président d’Honneur Francis Andreu et en particulier ses éditos Avez-vous lu le dernier, il est particulièrement fouillé et passionnant.)
Je voudrais ajouter également trois personnes qui nous aident énormément : Hugues Bousquet qui gère de main de maître notre site internet, Guillaume Sibieude qui nous apporte un soutien précieux dans l’élaboration de tous nos documents et bien sûr notre cuisinier hors pair, Jacques Petitcolin qui donne à nos rencontres une saveur particulière. Et puis il y a vous tous qui, par votre présence, donnez de l’intérêt et du sens aux actions que nous mettons en place
. »

Avant de passer la parole à Francis Andreu pour évoquer avec Rafi sa carrière de torero et ses projets d’avenir, la présidente donnait le programme des animations prévues, dépendantes des futures conditions sanitaires ; notamment sur le Musée ouvert aujourd’hui et jusqu’au 20 septembre, du mardi au samedi, de 11 à 18 heures avec une- exposition « Feria des Artistes » du 3 juillet au 20 septembre : huit artistes du Biterrois : Clément Batut, Jacques Charvet, Stéphane Daure, Gelly, Elisabeth Genieys, Lou Raunier, Gérard Sendra, Stapor ; une journée au campo avec tienta à la manade Margé ;  une conférence avec Francis Wolff le samedi 12 décembre au Palais des Congrès de Béziers.

D’autres activités sont en préparation :  une conférence de Patrice Sifflet sur Mazzantini, une discussion, illustrée par des documents d’archives, avec Pierre Nabonne a propos de son livre sur Conchita Cintron,  une rencontre avec Jean-Claude Carrière, scénariste et metteur en scène, consacrée à Goya, une soirée avec Zocato…

Logo UTB

Marie-Françoise Rouzier terminait son allocution par la présentation du nouveau logo de l’Union taurine réalisé spécialement par LOREN artiste ayant exposé au Musée Taurin en 2019 et qui a tissé des liens d’amitié avec l’UTB.

Il appartenait ensuite à Francis Andreu de poser quelques questions aux deux invitée.

Raphaël Raucoule « Rafi »- il préfère cette apodo à El Rafi – Nimois âgé de 20 ans a toujours baigné dans l’univers du toro et son grand père aficionado ayant ses entrées aux arènes de la cité des Antonins y est pour beaucoup. A noter ses racines biterroises, son arrière grand père, Auguste Albertini fut sénateur-maire de Béziers. Son cheminement taurin débute vraiment en 2009 à l’école taurine de Nîmes, puis au Centre Français de Tauromachie de Christian Lesur où Patrck Varin remarque tout de suite sa volonté et son envie de travailler à fond pour devenir torero. Patrick Varin ne s’est pas trompé sur la trempe et la volonté de son élève.

En mai 2018 Nîmes, présenté en novillada piquée, Rafi coupe 3 oreilles, remporte la Cape d’Or  et ouvre la Porte des Consuls. Lors de cette temporada il torée neuf novilladas avec quatre dans des arènes de 1ère catégorie Arles, deux fois Nîmes, Mont de Marsan.

Tout en restant en 2019 avec P. Varin, il rejoint l’apoderado espagnol Alberto Garcia, directeur de l’empresa Tauroemocion ce qui va lui permette de fouler le sable d’arènes espagnoles, comme Seville et Valencia. La même année, il est le triomphateur de la Feria de Pâques d’Arles, remporte une seconde Cape d’Or à Nîmes lors de Feria de Pentecôte. Présenté à La Maestranza de Séville, il effectue une vuelta al ruedo et à Valencia il ouvre la Grande Porte. Cette année là il débute à la Real Maestranza de Séville et à Las Ventas.

L’année 2020 devait être sa dernière en tant que novillero, une année interrompu par la covid19, mais bien commencée avec son premier indulto dans les Arènes de La Flecha (novillo de Manuel Criado). Il comptait prendre l’alternative en septembre dans sa ville avec Manzanarés et Roca Rey, excusez du peu. Il lui faudra donc attendre 2021. Rafi sera le 5 juillet dans le cadre de Feria del Campo chez Pagès-Mailhan face à 2 novillos.

Souhaitons lui que l’évolution des conditions sanitaires lui permette, avant la fin de l’année, de fouler le sable de plusieurs ruedos et de continuer à triompher.

Et comment ne pas questionner Patrick Varin, lyonnais de naissance avec du coté maternel du sang d’Alicante, matador qui fait partie de cette génération de matadors français des année 70. Apoderé à ses débuts par Simon Casas, de 1975 à son alternative en septembre 1979, il participera à de nombreuses capeas, novilladas en France et en Espagne. Depuis 8 ans il est professeur au Centre Français de Tauromachie à Nîmes. Parallèlement à cette activité c’est aussi un artiste plasticien. Patrick Varin met beaucoup d’espoir dans les talents de Rafi. En tant que professeur il tient avant tout à transmettre à ses élève son savoir de matador, ses connaissances du Mundillo pour éviter les embûches et déceptions.

La soirée s’est terminée autour d’un buffet préparé par Jacques Petitcolin.

HB

NOUVELLE COMPOSITION DU BUREAU

Le Comité Directeur de l’UTB, au cours de sa réunion du 22 mai 2020, a élu Marie-Françoise Rouzier à la présidence de l’Union Taurine Biterroise.

La composition du Bureau est la suivante :
– vice-président : Paul Bouty
– trésorier : Eric Sanchez

membres :
– Patrick de Belabre
– Matthieu Berna
– Guy-Michel Bosc
– Claude Garrigues
– Michel Mathieu
– Patrice Sifflet

Francis Andreu occupe le poste de Président d’Honneur de l’UTB.