UNION TAURINE BITERROISE

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ÉDITORIAL – JANVIER 2018

 » QU’ON ME DONNE L’ENVIE,
L’ENVIE D’AVOIR ENVIE « 

Les paroles de la chanson mythique que Jean-Jacques Goldman écrivit pour Johnny, écoutée plusieurs fois depuis qu’il nous a quittés, présentent pour moi une double actualité. Elles m’ont fait comprendre, qu’avec l’ENVIE, il existe une solution pour nous rendre la passion en ce que nous croyons, que nous aimons ou que nous avons aimé. Elles s’adaptent parfaitement à nos doutes d’aficionado à los toros ou tout simplement aux déceptions du public des corridas. Pourtant, je maintiens que les représentants officiels de la tauromachie française ont su défendre et conforter la corrida dans les territoires de nos traditions. Contrairement à nos voisins espagnols, ils ont été vigilants et se sont appuyés sur la légalité et le droit que défend la justice indépendante de notre pays. L’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse du 6 mars 2000, conforté par plusieurs autres décisions, reconnaît la corrida de toros dans notre sud gascon et méditerranéen. L’Observatoire National des Cultures Taurines a su conforter cette démarche par la création d‘Esprit du Sud pour que continue notre combat. Mais ce n’est pas suffisant pour me tranquilliser pour l’avenir.

1/ Le comportement de nos adversaires animalistes poussés par la haine qui caractérise l’Intelligentsia, quel que soit le domaine contre lequel elle se bat, nous exige la vigilance. Ils savent manipuler les foules crédules, maniables et sensibles. N’oublions pas que lorsqu’ils sont au pouvoir, ils savent utiliser la force et la coercition. Oui, cette Intelligentsia, même dans l’ombre, a beaucoup d’influence et ne serait pas gênée progressivement de nous imposer ses tendances totalitaires les plus contraignantes, restant toujours cachée derrière une bonne cause. Ce n’est pas la défense fondamentale des animaux qui motive les maîtres animalistes mais la perte de notre identité, afin d’imposer à tout le monde la pensée unique en utilisant la naïveté de certains. Pour lutter contre eux, en plus de la légalité que nous apportent toutes les décisions de justice, nous devons leur montrer notre détermination.
2/ Le monde taurin doit aussi avoir plus de rigueur et d’authenticité dans ses comportements. N’offrons pas d’arguments à nos adversaires. Il faut reconnaître que plusieurs de nos arènes montrent des lacunes fondamentales ces derniers temps. Cette tiédeur, pour ne pas dire cette fadeur, n’est pas propice à soulever l’admiration de nos foules surtout si les prix des entrées deviennent de moins en moins abordables. Oui, la corrida n’est pas un spectacle programmé. Oui, elle accepte l’incertitude et les difficultés inhérentes à son essence, mais pas la banalité et la médiocrité. Si elle ne garantit pas l’EXCELLENCE, elle exige l’EMOTION vraie. Etonnez-nous, ramenez-nous ces tardes qui ont marqué notre mémoire. Elles sont nombreuses, quelle que soit l’importance des arènes. Je me rappellerai toujours de la réaction d‘une spectatrice occasionnelle à la fin de la corrida du 15 août 1983 dans nos arènes, après l’affrontement des 3 Héros : Christian NIMEÑO, Victor MENDES et Richard MILIAN face aux toros de Miura « Quelle après-midi extraordinaire. Je suis prête à en revoir souvent ». Même si je considère cette tarde comme extrême, je pense que nous avons besoin de vivre plus souvent des exploits qui nous bouleversent, qui réveillent nos ardeurs et nos sensations pour croire à ces racines exceptionnelles. C’est en pensant à l’avenir difficile et préoccupant de nos arènes qui perdent trop de public, que le cri de Johnny m’a interpellé : « Qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie ». De son côté, l’immobilisme du monde taurin espagnol, trop attaché dans sa majorité à défendre ses intérêts particuliers égoïstes, a montré peu d’efficacité et risque de nous entraîner dans sa propre débâcle. J’espère qu’avec son arrivée récente à la tête de la Federacion del Toro de Lidia, Victorino Martin Garcia, homme de forte personnalité, ganadero prestigieux reconnu par tous, saura agir et réunir autour de lui suffisamment d’énergie pour faire comprendre :

– aux politiques, que le combat des animalistes contre la tauromachie est un faux combat, contraire à l’identité de l’Espagne, terre du toro bravo, que l’on ne peut pas faire disparaître pour des intérêts inavouables ou futiles,

– au monde taurin, qu’il doit s’unir pour agir sur des objectifs réalistes à tous les niveaux, pour être crédible et efficace. La solution est entre ses mains mais aussi dans celles des aficionados.

– aux ganaderos, qui doivent certes rechercher la noblesse dans la charge du toro mais sans oublier la bravoure qui lui donnera l’ENVIE de charger le leurre que lui présente son adversaire dans le ruedo,

– aux toreros punteros, qui ne doivent pas exiger le toro docile qui après quelques passes de muleta se sentent dominés et abandonnent le combat et se rajan (se défilent) vers les planches. Ce comportement, trop souvent constaté dans les élevages choisis par les figuras est inacceptable, tant pour le ganadero que pour les vrais aficionados. De nos jours, les toros tombent moins qu’il y a 20 ans grâce aux efforts d’élevage des ganaderos mais ils perdent trop souvent les fondements de la bravoure. Certes, il y a actuellement des toreros comme Juli, Enrique Ponce, Sébastien Castella… qui ont une telle technique et une telle connaissance de ce comportement, qu’ils savent les garder dans la muleta pour une faena quantitativement complète. Mais cela n’est plus un vrai combat de deux êtres exceptionnels que nous admirons encore, qui nous apporte une vraie émotion et a créé notre passion. Ne nous trompons pas. Il est évident que le toro bravo, même décasté, est dangereux pour le torero. Ces derniers temps, les fins tragiques de trois matadors de toros et les gravissimes blessures qu’ont connues des toreros confirmés, nous ont malheureusement ramenés à la dure réalité. Ce n’est bien entendu pas cela que le vrai public aficionado recherche. C’est une émotion saine, la reconnaissance du comportement d’un vrai toro bravo qu’affronte un torero qui a le pouvoir, par sa technique, de chercher à le dominer en ajoutant son sens esthétique et sa sensibilité.

– à l’Empresa, qui :
. ne doit pas organiser un monde taurin basé sur des arrangements avec ses collègues, qui ferment la porte à des toreros passionnés, authentiques et à des apoderados indépendants soumis à leur bon vouloir. Ils ne doivent pas ainsi décourager des illusions sincères et bloquer le système sans la competencia indispensable.
. doit amener dans les corrales des lots de toros dont le trapio correspond à la fois à la catégorie des arènes et permet de démontrer la prestance et la puissance. La taille, le poids et les armures doivent être caractéristiques de leurs origines (encastes), physiquement et dans leur comportement dans le ruedo.

– au bon aficionado, qu’il a lui aussi son rôle à jouer pour maintenir notre passion, notre ENVIE. Il a suffisamment de références pour avoir une opinion. Son rôle sur les gradins est important. Avec mesure, il doit faire connaître son opinion pendant et, surtout après, pour la faire partager. Non, je ne me trompe pas de combat. Je souhaite et je demande comme beaucoup d’autres, « Qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie ». Je suis persuadé que si tous oeuvrent dans ce sens, ils reviendront aux arènes. Ils sauront et devront défendre LEUR corrida face aux animalistes et l’Intelligentsia qui veulent détruire notre culture qui les gêne. On a vu dernièrement ces gens-là à Bordeaux, faire pression pour essayer de faire interdire l’exposition du Musée Itinérant des Tauromachies Universelles. Cela ne vous rappelle rien ? C’est le totalitarisme qui s’exprime comme par le passé, sous d’autres formes.
Nous devons être là pour défendre nos coutumes, notre histoire, face à la pensée unique qui cherche à les détruire et à récupérer les bien-pensants crédules. Ils viennent même de changer CARMEN. Pauvre Georges Bizet, pauvre de nous.

En ce qui concerne les corridas à Béziers, j’ai fait part en plusieurs occasions de mes inquiétudes sur l’évolution de nos arènes qui déclinent depuis près de 10 ans. Absent involontaire de la Feria 2016, j’ai constaté avec l’aficion biterroise, la déficience attristante des corridas de la Feria 2017, tant au niveau qualitatif que pour la quantité du public. Les informations financières qui ont suivi ne me rassurent pas. L’annonce inattendue de l’arrivée de Simon Casas dans l’équipe d’organisation des corridas, si elle peut être intéressante, ne me tranquillise pas pour autant car elle n’a pas été suivie d’informations sur la volonté et les intentions de l’empresa. J’ai déclaré sans ambiguïté depuis longtemps, que toute solution devrait intégrer une participation active de l’aficion biterroise à un projet, quel qu’il soit. Sans elle, ils ne feront rien d’efficace qui pérennise la corrida dans nos arènes.
Rendez-nous l’ENVIE…

Edito n° 57 – Janvier 2018 – le responsable de rédaction : Francis ANDREU

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