UNION TAURINE BITERROISE

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éditorial octobre 2021

ARO, N’I A PRO”

Pris par des engagements antérieurs, je n’ai pu me rendre à Nîmes ce dimanche 14 novembre, à la commémoration du 100ème anniversaire de la Levée des Tridents du 17 novembre 1921, suite à l’attaque de la S.P.A. contre l’organisation de deux corridas dans la capitale gardoise à l’encontre des toreros et de la municipalité. Cette démarche était soutenue par la loi Grammont de 1850 modifiée en 1897 qui assimilait les taureaux à des animaux domestiques. En fait, malgré les plaintes et les interdictions des préfets, le pouvoir judiciaire local donna souvent raison à l’organisation par l’interprétation de cette loi qui incluait dans le texte les termes animaux domestiques.

Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon, personnage prestigieux de la Provence, créateur de la Nacioun Gardiano, décide avec Bernard de Montaut-Manse de réagir et d’appeler à la Levée des Tridents pour faire front à cette agression contre la corrida. Il avait compris que derrière la corrida, le pouvoir parisien pouvait aussi atteindre les traditions du Sud, camarguaises et provençales. Il était considéré comme Lou Marques, l’inventeur de la Camargue, fondateur de la Course libre et de la race du taureau Camargue. Convaincu qu’en tant que bon défenseur de ces cultures régionales, il devait protéger la corrida qui avait tant de succès dans les arènes de Nîmes et d’Arles. Il connaissait le rôle joué par son maître, Frédéric Mistral qui sut appuyer par sa présence, dès le 14 octobre 1894 dans les arènes de Nîmes pleines de défenseurs de la corrida qui affrontaient la décision du Ministère de l’Intérieur et la mondanité parisienne d’imposer leur loi contre la corrida. Le Maître de Maillane, futur Prix Nobel de littérature en 1904 pour son œuvre en provençal Mirèio, apportait à la corrida ses liens avec les pays de la langue d’oc. L’initiative de la Levée des Tridents eut un succès exceptionnel avec ses 2000 cavaliers portant fièrement leurs tridents qui donnaient une majesté dans leur simplicité d’habitants de cette terre. Ce succès fut accentué par le résultat de Bernard Montaut-Manse qui réussit à faire débouter l’action de la S.P.A. contre la corrida à l’origine de cette réaction populaire massive. Il ne faut pas donner à cette démarche une image agressive, violente mais fière et guerrière.

La manifestation de ce 14 novembre pour le 100ème anniversaire, n’est pas qu’une commémoration historique dont nous sommes fiers. C’est aussi un rappel de la volonté de défendre, avec tous les moyens légaux, la liberté de nos traditions. Il signifie à mes yeux : pas plus loin, nous sommes là ! J’ai suivi ce jour-là sur internet le défilé de tous ces chevaux, de ces cavaliers partis du stade des Costières. Ils ressemblaient à leurs frères de 1921. Cela m’a profondément ému et m’a inspiré ce titre en langue d’oc « Aro nia pro » (maintenant, il y en assez) adressé à ceux qui nous agressent en permanence avec la complicité de certains élus et même, déclarée, du pouvoir médiatique. Certes, nous pouvons nous réjouir que le pouvoir judiciaire, s’appuyant sur les textes obtenus grâce aux travaux de nos organisations : UVTF, Observatoire National des Cultures Taurines, nous a permis progressivement de 1951 à l’an 2000, d’asseoir juridiquement l’existence de notre culture taurine formalisée aussi par l’appel de Samadet du 4 février 2007 où j’organisais cette année-là, avec les aficionados locaux, la traditionnelle novillada dans ces arènes couvertes des Landes. Cet appel s’adressait aux députés européens pour rejeter la demande anti-taurine de quelques adversaires au Parlement de Strasbourg pour l’arrêt des aides de la P.A.C. aux éleveurs de toros bravos.

Il est évident que les deux récents rassemblements de Mont-de-Marsan et de Nîmes démontrent à nos gouvernants que les défenseurs des traditions du Sud peuvent se réunir pour défendre notre culture avec succès.

Je craignais que l’absence de personnages emblématiques, comme le Marquis de Baroncelli à leur tête, ne permette pas de donner un succès populaire aussi important que celui de 1921. Je pense que si l’évènement de 2021 a profité de cette image et de cette admiration aux anciens, c’est aussi la motivation des gens du Sud écœurés par les projets déclarés de certains députés, les liens étranges entre la lutte des écologistes pour la protection de la nature et celle des animalistes et des végans, qui a poussé notre peuple à renouveler avec succès l’initiative prise par leurs illustres anciens.

Nous vivons à Béziers depuis quelques mois des perturbations inadmissibles menées par un groupe d’une quinzaine d’illuminés manipulés par l’ambition personnelle de leurs leaders.

Mon cri n’appelle pas à la violence contre ces procédés que nous subissons mais nous devons être vigilants, prêts à agir pour faire comprendre à ces personnes qu’elles ne peuvent pas empêcher notre jeunesse, accompagnée par des personnes, responsables et compétentes, avec la volonté et la présence de leurs parents, de connaître leurs racines. Comment accepter la perturbation de soirées comme celles des dernières journées taurines au Théâtre Municipal, avec la joie de revoir les Maestros Richard Milian et Victor Mendes et de les écouter parler de leurs souvenirs et de leur passé dans les arènes. Ils n’avaient pas le droit moral de perturber cette soirée.

Quelle déception de voir des partis politiques déclarer, comme la France Insoumise et Podemos en Espagne rejoints dernièrement par Marine Le Pen et la marcheuse Aurore Bergé, vouloir déposer des lois contre la présence des mineurs dans les arènes, certainement pour récupérer les voix des animalistes. Aucune étude sérieuse n’a démontré ces affirmations affabulatrices, bien au contraire…
Je suis obligé de vous rappeler mon inquiétude pour la corrida en Espagne où l’alliance Parti Socialiste et Podemos porte des coups très bas à la tauromachie et touche l’ensemble de ce pays, de cette terre où s’est constituée la forme actuelle de la corrida moderne au début du XIXème siècle. Elle reste et doit rester la base de la structure mondiale de notre corrida. Le monde taurin espagnol n’a pas su créer une organisation avec des actions valables pour se défendre des attaques anti-taurines ni promouvoir les corridas de manière collective. De nos jours, malgré des foyers de résistance, les provinces du nord-ouest sont en danger après la Catalogne. Ces dernières années, la création de la Fundacion del Toro de Lidia a permis d’avoir une action efficace dans l’organisation au profit des novilleros et dans les tentatives de discussions sérieuses avec les administrations compétentes. L’intervention de son président, Victorino Martin Garcia devant la Commission de la Culture et des Sports du sénat espagnol dénonçant les conséquences néfastes des actions des animalistes dans la culture du monde occidental, en particulier dans le monde rural, a reçu un accueil compréhensif et encourageant. Ils auraient dû agir depuis plus de 10 ans mais les grands organisateurs des spectacles taurins n’ont jamais voulu l’intrusion des aficionados dans leur monde, sauf pour remplir les arènes en payant. Ce sont eux qui n’ont rien fait, tant chez les organisations d’éleveurs que chez les empresas majeures qui se permettent de blâmer ou d’ignorer le travail de la Fondation et de critiquer les initiatives de nouveaux programmateurs. Ces dernières semaines, les tenants du pouvoir central ont dû reconnaître devant les tribunaux, leur comportement abusif envers le monde taurin espagnol au niveau du gouvernement, notamment dans les ministères compétents : culture, agriculture et social. Cela continuera à être difficile mais grâce aux télévisions des autonomies et privées, des spectacles ont pu se dérouler en 2020 et surtout en 2021 malgré la pandémie.

Chers aficionados, vous voyez les conséquences que l’abandon et les divergences ont apportées au monde taurin espagnol. Heureusement, pourtant minoritaires, les organisations françaises protégées par les textes et par le pouvoir judiciaire, ont agi pour nous sauver, nous défendre et continuer à nous faire rêver. C’était nécessaire car nos adversaires eux n’abandonnent pas leur objectif déclaré. Ne baissons pas les bras face à l’adversité. Sachons que pour faire vivre notre tradition, pour la défendre si nécessaire comme les anciens : Aro, n’i a pro, es ora de luchar avec maîtrise et détermination, si nous voulons maintenir le droit de la corrida dans nos régions de tradition.
Nos anciens ont su le faire depuis 1894 face au pouvoir parisien et aux agitateurs locaux.

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU –Édito n° 101 – Octobre 2021

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