UNION TAURINE BITERROISE

Bienvenue sur le site du plus ancien Club Taurin de Béziers

VISITEZ-LE !

VISITEZ-LE !

CLIQUEZ SUR L'IMAGE

ÉDITORIAL AOUT 2018

PEUT MIEUX FAIRE !

J’ai peu écrit, dans les derniers éditos, sur la situation des arènes de Béziers si ce n’est pour souhaiter que la qualité des spectacles se relève et espérer une participation plus importante des corridas de toros, notamment pour la féria biterroise qui nous intéresse au premier chef. Ma préoccupation, comme celle de la majorité des vrais aficionados locaux, est que la qualité et la fréquentation de nos arènes se rehaussent car elles baissent progressivement depuis 2005 et surtout depuis 2014, tant au niveau des cartels que de la sélection des élevages, de leur morphologie et de leur comportement dans le ruedo. Cette situation s’est encore aggravée en 2016 et surtout en 2017. L’inquiétude de la majorité des aficionados est d’autant plus grande que, durant la temporada, la presse locale nous a fait part des difficultés financières de l’empresa Margé, organisatrice dans nos arènes depuis près de 25 ans, en précisant qu’elle était proche du dépôt de bilan. Notre inquiétude était d’autant plus motivée que le calendrier 2018, avec un 15 août le mercredi, était peu propice à la programmation pour bien conclure le programme. De plus, l’environnement de la Feria, imposé par les mesures de sécurité dans les avenues et rues habituelles, complique l’organisation de la fête qui ne peut plus se dérouler dans la sérénité et l’esprit que nous avons connus. Je me suis volontairement abstenu de commenter le programme proposé pour la Feria 2018. Si le cartel d’ouverture avec Ponce et Castella en mano a mano incluait deux toreros importants, il ne me paraissait pas le plus attrayant, tant pour l’aficionado que pour le grand public. En fait, il manquait en particulier à Béziers : Andrès Roca Rey, José Maria Manzanares, sans parler du Juli qui sont plus à même d’attirer le public biterrois et de compléter les cartels des deux premières corridas avec une ou deux jeunes révélations, surtout pour les deux premiers cartels. Cet effet est de plus accentué par le mélange inattendu du cartel du dimanche : Padilla, Ferrera, Bautista.

La novillada du lundi, même si elle a été intéressante, a coupé la Feria en deux. La corrida de Rejon du mardi a proposé deux professionnels importants, Léa Vicens et le Maestro Pablo Hermoso de Mendoza et a donné une bonne image même si j’aurais préféré un cartel de 3 rejoneadors en incluant Andy Cartagena ou Diego Ventura. Cette dernière solution est difficile pour plusieurs raisons. Pourtant, le public n’a pas mal réagi à cette proposition. La corrida de clôture avec les Pedraza de Yeltes était intéressante pour remplacer les traditionnels Miura très décevants notamment en 2017. Bonne idée mais le cartel à mes yeux aurait dû être complété par un torero plus intéressant pour accompagner Escribano. En ce qui concerne le résultat artistique et émotionnel, il y eut des sensations très variables. Ennui total du mano a mano du samedi avec le comportement fade et inintéressant des toros de Garcigrande qui ne permirent pas aux deux toreros de montrer leurs qualités. Le public resta digne même si c’était un très mauvais début. Contrairement à la corrida de 2017, les toros de Nuñez del Cuvillo furent appréciés, tant pour leur comportement (4 sur 6) que pour leur morphologie. Le cartel a contra estilo et les jugements intransigeants, mais justes, de la Présidence, ne permirent pas au public de se retrouver dans ce mélange inhabituel. Il n’y eut pas vraiment de sensations fortes, sincères et profondes, tant par le comportement excessif de Padilla que par l’absence de vraie concurrence entre ces 3 toreros. Cela enleva une réelle dimension à cette corrida. Il y eut des oreilles mais jamais de lien vraiment émotif dans l’ensemble du spectacle proposé. Si la novillada du Tastevin d’Argent permit de découvrir un novillero d’avenir, le mexicain Diego San Roman, nous n’oublierons pas le méritant André Lagravère et le local Carlos Olsina qui ne conclura pas ses efforts méritoires à l’épée. Mes commentaires sur la corrida de rejon seront brefs. Je manque de références sur ce genre de spectacle taurin. Il y eut des oreilles, le public fut satisfait et la fréquentation similaire à celle des 3 corridas traditionnelles, ce qui démontre la baisse de l’aficion à la corrida ou le manque d’intérêt pour les deux premiers cartels proposés. Il était normal que le 15 août cette année soit défavorisé. Selon certains, la fréquentation moyenne des corridas de la feria 2018 s’est limitée à 6500 spectateurs, soit environ la moitié de la capacité des arènes de Béziers : 12 500 places. Je pense que le prix des places nuit aussi à sa fréquentation. Je ne vais pas vous ennuyer par des détails qui sont facilement vérifiables sur internet pour chaque arène française de 1ère catégorie. La comparaison avec Dax et Mont-de-Marsan qui présentèrent des cartels similaires à ceux de Béziers, parfois même un peu plus complets, avec une capacité maximum de 8000 places environ, n’est pas à notre avantage. Le prix des places y évolue suivant chaque rang à partir de la Barrera alors qu’il est le même sur les 8 premiers rangs à Béziers. Le prix moyen des places, ombre et soleil, est inférieur de 20 à 30% à celui de Béziers. Nous savons que ces différences significatives sont surtout dues au taux de TVA appliqué, au prix de vente des billets entre les gestions privées (Nîmes, Arles et Béziers) et les gestions publiques (Régies) à Dax, Mont-de-Marsan et Bayonne. C’est un fait qui existe depuis plusieurs années et c’est un choix. Cela n’a pas empêché nos arènes de se remplir plusieurs fois entre 1985 et 2005. La situation économique générale a aussi des effets indéniables sur l’ensemble de ces résultats et de ces constatations qui rendent plus sensible le prix des places. La qualité et la variété des spectacles proposés ont aussi leur influence sur les décisions des aficionados et des habitués, d’autant plus que dans les arènes concernées par la gestion publique, les aficionados sont souvent impliqués ou consultés dans la constitution des cartels ou le choix des élevages. Vous avez certainement entendu comme moi, surtout depuis 5 ans, les commentaires désabusés d’une partie du public biterrois après les corridas, qui en arrive à exprimer un doute sur sa participation future, notamment même cette année après la corrida du mano a mano Ponce-Castella attendu et décevant, surtout à cause des toros. En ce qui concerne cette dernière Feria, je conclurai comme dans l’appréciation du professeur des écoles « Peut mieux faire ». Les lots de toros de Cuvillo et de Pedraza de Yeltes ont relevé la note. Heureusement ! Mais j’ajouterai plutôt « Doit mieux faire » comme le professeur qui juge l’élève qui se trouve dans une situation délicate pour se maintenir au niveau. Nous sommes dans une situation dangereuse et difficile qui peut mettre en cause l’avenir des prochaines années, alors que certains intellectuels bien pensants, les extrémistes animalistes, les politiques à la recherche de voix, certains médias dans la mouvance, nous « veulent du mal ». Nos arènes ont connu par le passé des époques difficiles. Ce n’est pas une raison de ne pas réagir alors qu’il est encore temps. La Feria de Béziers mise en place difficilement en 1968, a pris un régime de croisière intéressant à partir de 1982. Ne détruisons pas tous ces efforts réalisés. Reprenons-nous !
« Doit mieux faire » !

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – édito n°64

 

Voir tous les editoriaux