UNION TAURINE BITERROISE

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ÉDITORIAL JANVIER 2020

ET MAINTENANT ?

J’apprécie beaucoup la chanson fétiche de Gilbert Bécaud qui porte ce titre. Elle me rappelle mes 20 ans mais mon interrogation sur notre monde ne correspond pas au désespoir et à la révolte de celui qui a été abandonné par son amour Et maintenant que vais-je faire, maintenant que tu es partie. Mon interrogation correspond plutôt à celui choisi par Nadine Labaki, réalisatrice du film titre Et maintenant on va où ? Sa question correspond aux inquiétudes des femmes d’un village libanais qui luttent contre les affrontements de leurs hommes entre communautés chrétienne et musulmane. Elle peut s’appliquer à beaucoup de causes qui agitent notre terre de nos jours. Je resterai dans le monde taurin qui me préoccupe pour 4 raisons majeures :

1 – Seront-ils capables dans notre mundillo, de résister à ses déviances internes qui enlèvent la passion et l’émotion que doit procurer le sincère affrontement séculaire de l’homme et du toro, que j’ai souvent évoqué dans ces éditos. Seront-ils capables de faire passer l’intérêt général d’un monde qui doit faire face à beaucoup d’incertitudes et d’adversaires, surtout que dans leur majorité ils ne sont pas loyaux, avant des querelles qui dépassent les chamailleries infantiles. La concurrence est compréhensive et même souhaitable, surtout dans les ruedos, mais ne doit pas dériver vers des combats d’oficinas qui utilisent des armes délétères qui nuisent, tant à la carrière des toreros qu’à la sincérité de la corrida. Si on se limite à l’actualité française, les récentes adjudications des arènes de Nîmes et d’Arles ont ouvert une guerre, certes juridique, mais agressive entre les candidats. Tous les coups sont permis. Je me refuse à prendre partie entre les candidats directs ou indirects… Étant donné que la vraie paix des braves est dans ce milieu impossible, je crains que ce ne soit qu’un début, d’autant plus que les politiques locaux n’ont pas joué très clair, manipulant les uns et les autres au détriment de l’aficion. Le changement inattendu du mandataire des arènes de Mont-de-Marsan ne fait qu’accroître les rancœurs. Sans prendre position sur cette décision municipale, je ferai remarquer que la pression de l’aficion était très forte alors que l’exclu aurait pu facilement l’éviter en respectant la présentation du bétail. J’espère qu’à Béziers nous n’allons pas assister à ce même type de confrontation désagréable et négative. Le choix des décisionnaires ne doit être motivé que par la recherche d’une organisation solide qui sache inclure, je le souhaite, une participation de l’aficion locale dans l’orientation de certains choix et non uniquement celle du mundillo qui trop souvent ne recherche que ses propres intérêts qui peuvent ne pas être localement les nôtres. C’est à ce prix que nos arènes reprendront la place qui était la leur, dans l’intérêt du renouveau de nos traditions locales.

Je me pose des questions sur les plaintes que vient de déposer la S.P.A. tant à Bayonne qu’à Béziers… 

Et maintenant, on va où ?

2 – Les tendances à la mode des animalistes, des spécistes, des végans extrémistes du monde écologique que nous connaissons aujourd’hui, sont malheureusement acceptées, je dirai même vues d’un bon œil par le monde médiatique qui va toujours dans le sens du vent, ce qui permet d’escamoter les problèmes majeurs. Le monde opportuniste est à la recherche d’une écologie qui s’approche à l’heure actuelle de la pensée unique en France et même dans les institutions internationales. Comment comprendre les grands organismes mondiaux qui reçoivent en grande pompe l’intervention de la jeune gourou scandinave Greta, sans aucune référence sérieuse, pour soi-disant motiver ou donner des leçons aux grands de ce monde. Est-elle surnaturelle ? Le vrai objectif est de chercher à créer le buzz pour calmer les autres interrogations de nos institutions mondiales, européennes et nationales. Volontairement ils mélangent tout : la nécessité d’avoir une règlementation drastique des activités vraiment polluantes, contrôlables, notamment dans les rejets dans la nature de substances et de produits polluants, la gestion impérative des émanations préjudiciables à la santé des habitants, notamment dans les métropoles. Par contre, il faut prendre en compte des évaluations sérieuses sur l’impact réel d’activités et techniques indispensables, alors qu’ils souhaitent les supprimer sans se soucier des effets secondaires de décisions inadaptées (le tout éolien), qui peuvent créer plus de dommages que d’améliorations notamment sur la population rurale. C’est la conséquence de décisions dogmatiques comme celles qu’ils veulent imposer, tant aux éleveurs qu’au monde taurin en général. Ne vous y trompez pas, les attaques diverses que nous subissons sont issues du même mouvement qui s’oriente vers plusieurs secteurs mais inspiré par des activistes concertés vers un même objectif ou des bien pensants qui n’ont plus rien à dire. Il n’est pas facile de leur faire face par le raisonnement. Vous êtes immédiatement disqualifié, quelles que soient vos références. Les tyrans de la pensée unique et les réseaux sociaux ont même traité de réactionnaire le philosophe académicien Alain Finkielkraut qui a pourtant écrit Des animaux et des hommes contre l’agriculture intensive, notamment sur les animaux. Il avait osé critiquer l’évolution de l’écologie tout éolienne et la branche animaliste.

Et maintenant, on va où ?

3 – Si nous retournons à nos soucis tauromachiques, il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que la corrida rencontre en France des adversaires déterminés et des représentants de l’État complices, pour empêcher les traditions de notre sud de survivre. Il est vrai que les idées jacobines ont gouverné la France depuis des siècles. Certes, la situation est très sérieuse et mérite toute notre attention pour être prêt à réagir mais surtout à agir dès que le danger institutionnel se précisera, s’il doit se mettre en route. Les partis politiques vont se lancer dans une reconquête des électeurs animalistes, écologistes et bien pensants pour essayer de reconstituer une majorité de gouvernement. Il faudra savoir leur répondre et leur montrer notre détermination en leur répétant Touche pas à nos traditions ! J’invite les aficionados à regarder derrière eux pour se rappeler que les gens du Sud ont du et su réagir par le passé. Rappelez-vous : le ministère de l’intérieur, et la mondanité parisienne incitée par Séverine l’égérie de l’époque, avait sorti une loi contre la corrida en 1894. Le peuple du Sud sut réagir dès le 14 octobre 1894 à Nîmes par la célèbre course de la contestation pour montrer sa détermination.

Le 17 novembre 1921 la fameuse Levée des Tridents suivie par une foule immense indignée par les décisions de l’Etat, poussé par l’intelligentsia parisienne (déjà). Il est vrai que ces deux évènements non violents étaient marqués par la présence à leur tête en 1894 de Frédéric Mistral, le Maître de Maillane, futur prix Nobel en 1904 pour Mirèio et du Marquis de Baroncelli en 1921. Ils avaient un poids important, tant sur la population que sur les politiques locaux et nationaux. Gardons notre considération et même notre admiration pour nos prédécesseurs mais sachons nous aussi réagir s’ils sont prêts à franchir la ligne continue.

Vous trouverez au Musée Taurin les affiches des appels en français et en provençal, du Comité de Défense des Libertés Méridionales et de la Fédération des Sociétés Taurines de France. Soyons lucides et préparés. La décision de la Société Pernod-Ricard de cesser son appui aux clubs taurins portant le nom de leur créateur est un signe. Vont-ils aussi fermer le circuit automobile Paul Ricard du Castellet pour les raisons financières invoquées…?
La situation en Espagne est encore plus préoccupante. Afin de se maintenir au pouvoir après les élections du 28 avril 2019, le leader socialiste Pedro Sanchez a fait un accord d’investiture avec les adversaires de l’Espagne, les Basques de Bildu héritiers de l’ETA et les Catalans d’esquerra republicana et a signé un accord de gouvernement avec les gauchistes de Podemos menés par Pablo Iglesias qui inclut la préparation d’une loi pour la défense des animaux sauvages. Vous voyez où Podemos veut entraîner les socialistes. Est-ce une priorité pour un pays qui rencontre de grandes difficultés depuis 6 ans ? Que ne ferait pas Pedro El Guapo pour conserver la tête du gouvernement qui est la base de son engagement politique ! Cette majorité qui tient à une voix achetée par des concessions inacceptables pour la nation et ses traditions tiendra-t-elle ?

Et maintenant on va où ?

4 – L’actualité taurine européenne est encore en sommeil pour apporter mon point de vue sur son avenir immédiat. Certes, je me réjouis du retour de Talavante et de Roca Rey. Ce sont des figuras dont on connaît le talent mais peuvent-ils changer ce monde qui nous passionne mais dont nous subissons le comportement qui n’est pas positif pour la corrida. Le Maestro Rafael de Paula a déclaré les corridas sont un évènement, parler de spectacle c’est le présenter comme une chose ordinaire. C’est un évènement où s’affronte le courage de l’Homme et la bravoure du Toro, dont le déroulement est règlementé depuis la moitié du XIXème siècle. Il doit permettre au torero de s’exprimer par sa maîtrise technique, qui devient artistique quand il peut dominer son adversaire. Malheureusement, si le cérémonial n’a pas changé dans ses fondements, on peut regretter que la corrida se soit trop standardisée en même temps que le toro. Il dépend des toreros d’accepter et de respecter les encastes que l’on pouvait connaître il y a encore 60 ans afin que la corrida puisse rester cet évènement où il doit adapter la lidia à des comportements divers. La corrida actuelle est devenue trop répétitive car au lieu de s’adapter aux encastes, c’est le toro que l’on a adapté à une tauromachie, certes artistique dans le meilleur des cas, mais trop prévisible. Pour répondre à ces exigences, trop de ganaderos ont voulu s’adapter et leur élevage a perdu tout le fond de race qui le caractérisait. Même l’aficion a eu sa part de responsabilité, demandant des faenas trop longues qui de plus baissent d’intensité quand le toro part vers les planches : se raja.

Si on peut se réjouir de l’apparition de nouveaux élevages comme les magnifiques Pedraza de Yeltes de notre dernière Feria, trop ont disparu ou périclité ou se sont standardisés. Si la corrida rencontre des adversaires virulents ou opportunistes, toutes ses composantes devraient se ressaisir pour qu’elle puisse résister de l’intérieur.

Et maintenant, on va où ?
Ma question initiale est vraiment d’actualité !

Le responsable de rédaction : Francis ANDREU – Édito n° 81 – janvier 2020

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